COP24 - Les énergies renouvelables fleurissent en Espagne

Publié le 12/12/2018 à 07:58

COP24 - Les énergies renouvelables fleurissent en Espagne

Publié le 12/12/2018 à 07:58

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Vue aérienne d'un champ et d'un par de capteurs à énergie solaire

(Photo: courtoisie)

Trois ans après l’adoption de l’Accord de Paris, les gouvernements du monde se réunissent du 3 au 14 décembre en Pologne, dans l’espoir de combler le fossé entre l’ambition et l’engagement pour la lutte contre les changements climatiques. Or, la participation des entreprises et des investisseurs est primordiale pour atteindre ces objectifs. 


À l’occasion de la COP24, Les Affaires, en partenariat avec Solutions & Co, s’associe à des médias économiques du monde entier dans un projet unique de journalisme d’impact afin de vous présenter des solutions d’affaires mises en place aux quatre coins du globe pour accélérer la transition vers une économie à faible émission de carbone et qui représentent de réelles occasions commerciales.


Par Mamen Lucio, Cinco Días


Le nouveau modèle énergétique se répand à toutes les échelles de la société. Pour répondre à ce changement de paradigme, citoyens, organisations, villes, entreprises et politiciens repensent leur activité et leur stratégie.


La décarbonation accélérée des économies et l’incertitude engendrée par le dérèglement climatique les forcent à réagir.


Après des années de débat, les énergies renouvelables sont désormais une alternative viable, grâce à leurs coûts bas.


Mais si les investissements dans les énergies photovoltaïques et éoliennes ouvrent la voie, il reste beaucoup de chemin à parcourir.


L’entreprise de conseil en énergie Wood Mackenzie a conclu qu’en 2017, « les cinq plus grandes entreprises pétrolières au monde n’ont dépensé que 3 % de leur chiffre d’affaires dans la production d’énergies renouvelables. Pour atteindre la même proportion d’investissements actuellement alloués au pétrole brut et au gaz, il faudrait que ces entreprises investissent 350 milliards [de dollars] sur les 18 prochaines années. »


La hausse des prix du pétrole aggrave la situation. L’Espagne, qui a vu les prix du gaz et de l’énergie fortement augmenter au cours de l’automne dernier, ne s’est toujours pas remise de la tendance inflationniste.


Selon l’ONG espagnole Enerclub, « les conditions climatiques difficiles du premier trimestre 2018 et la demande croissante en énergie » indiquent que la hausse des prix va probablement perdurer.


Le rôle du consommateur


Dans ce contexte, il est logique de prendre les mesures qui s’imposent. Les consommateurs ouvrent la marche en façonnant la demande, voire en créant leur propre énergie.


C’est aussi ce que font les entreprises locales en exploitant leur savoir-faire en urbanisme et en construction.


Les directives européennes précisent que le nouveau modèle énergétique devra être pensé, entre autres, autour de la production décentralisée, de l’autoconsommation, des compteurs intelligents, des logements économes en énergie, des réseaux énergétiquement performants et des véhicules électriques.


« Il convient d’avoir une structure ascendante, pour que le pouvoir change de main et que de nouveaux parcs de panneaux solaires voient le jour », indique Mario Sánchez-Herrero de la Plateforme pour un nouveau modèle énergétique (PxNME), une organisation espagnole composée d’ONG, de partis politiques et d’entreprises. « On ne peut pas construire une maison en commençant par le toit. »


Ce nouveau modèle a donné naissance à des coopératives de distribution énergétique telles que SOM Energía, Goiener et Energética qui, à l’image de leurs homologues d’Europe centrale, espèrent produire suffisamment d’énergie pour satisfaire les besoins de leurs membres.


Si construire une maison en commençant par la toiture est une mauvaise idée, fabriquer le bon toit reste essentiel.


« Un panneau photovoltaïque sur le toit peut fournir jusqu’à 49 % plus d’énergie en Espagne qu’au nord de l’Europe. Cependant, seulement 4 000 mégawatts d’électricité potentielle peuvent être collectés par les 100 000 panneaux actuellement installés, en combinant tous les différents types d’appareils », explique l’expert.


Madrid se lance dans la transition énergétique


Le conseil municipal de Madrid a esquissé une feuille de route qui prend en compte environ 900 bâtiments publics dont les terrasses en hauteur cumulent plus de 1,2 million de mètres carrés d’espace disponible.


Près de 735 000 mètres carrés sont propices à l’installation de panneaux photovoltaïques destinés à l’autoconsommation, disposant d’une puissance de 75 mégawatts, soit 61 % de la demande énergétique espagnole attendue pour 2030. Le projet devrait coûter 96,5 millions d’euros (111,2 millions de dollars).


Grâce à son réseau de transport et à ses solutions en matière de mobilité, la capitale espagnole a été déclarée « ville durable » dans la dernière étude publiée par l’institut d’études de marché indépendant Análisis e Investigación, parrainée par Siemens et validée par l’entreprise internationale d’audit KPMG.


Ceci relève de l’exploit lorsqu’on sait que le transport routier représente jusqu’à 42 % de la consommation énergétique totale de l’Espagne, selon la Fondation espagnole des énergies renouvelables, qui collabore avec le conseil municipal de Madrid, « car les villes sont et seront toujours les moteurs de la transition énergétique. »


Trois autres villes espagnoles (Malaga, Palma de Majorque et Valence) figurent parmi les 10 villes européennes les plus durables, et chacune d’entre elles aspire à devenir la capitale européenne du tourisme durable en 2019.


D’après PxNME, « Si les citoyens se joignent à l’effort, nous pourrions changer drastiquement le système en dix ans environ. Mais n’oublions pas que les entreprises locales doivent utiliser leur position privilégiée comme catalyseur du changement. »


Les start-up au secours des entreprises énergétiques


La roue tourne. Les entreprises énergétiques qui commercialisent pétrole, électricité ou gaz ont diversifié leurs offres énergétiques afin de rester dans la course.


Dans cette conversion, elles se tournent vers les start-up — 37 grands groupes du secteur ont investi dans 361 projets entrepreneuriaux au cours de la décennie passée, selon le groupe de conseil Everis.


Elles ont recours à des CAE (contrats d’achat d’électricité) pour s’autoréguler et contourner la volatilité des prix. Après les États-Unis, l’Europe est le deuxième plus grand marché pour les CAE, avec des contrats pour un total de plus d’un gigawatt en 2017. L’Espagne en possède une dizaine.


Toutes les solutions sont les bienvenues, et la technologie est leur allié principal. La dernière tendance en vogue ?


L’achat d’électricité grâce à la technologie « blockchain », qui permet de faciliter les transactions.


En Allemagne, la plateforme en ligne Elblox permet aux clients de moduler leur consommation énergétique à la carte, et dans l’Union européenne, Enerchain regroupe 39 entreprises du secteur pour des négociations décentralisées.


 


Cliquez ici pour consulter le dossier «Changements climatiques 2018».


 






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