Des étudiants en génie réchauffent des sans-abris

Publié le 08/10/2011 à 00:00, mis à jour le 07/10/2011 à 09:07

Des étudiants en génie réchauffent des sans-abris

Publié le 08/10/2011 à 00:00, mis à jour le 07/10/2011 à 09:07

L'équipe d'étudiants qui a travaillé sur le chauffe-eau solaire de l'Accueil Bonneau. [Photo : Gilles Delisle]

Depuis la mi-août, l'Accueil Bonneau consomme moins d'énergie grâce à un chauffe-eau solaire qui a mobilisé des étudiants en génie mécanique de l'École Polytechnique et des entreprises dans un partenariat innovant. Le nouveau chauffe-eau permettra à l'organisme d'économiser 3 600 $ par an.

Sept étudiants de l'École Polytechnique ont pu concevoir ce projet durable pour l'organisme grâce à une bourse de 20 000 $ de l'American Society of Heating, Refrigerating and Air- Conditioning Engineer (ASHRAE), décernée dans le cadre de son congrès annuel 2011.

Le chauffe-eau a nécessité environ 600 heures de travail réparties en deux sessions.

"Nous nous sommes associés avec des entreprises qui nous ont apporté leur expertise et parfois leur matériel gratuitement ou à coûts réduits", précise le professeur Michaël Kummert, spécialiste en énergie solaire et chargé du projet.

En plus d'apprendre à développer des partenariats, les étudiants ont dû très tôt gérer un budget. "Nous avons commencé avec une enveloppe de 20 000 $, mais, grâce au travail des étudiants et aux partenariats établis, nous avons pu amasser cinq fois plus, soit 100 000 $, et donc redimensionner le projet", ajoute le professeur.

Un partenariat gagnant

Les firmes Kinu Energie et Thermomax ont donné les panneaux solaires, Kolostat a installé gratuitement le dispositif, tandis que Gaz Metro a proposé de prendre à sa charge le suivi de la consommation à long terme.

Les élèves ont par ailleurs été épaulés par les firmes de génie-conseil Pageau Morel et SDK pour effectuer les plans et les calculs de structure. "La réponse de l'industrie a été très bonne, car les entreprises ont traité les étudiants comme de véritables partenaires en collaborant avec eux durant les différentes phases du projet", ajoute M. Kummert.

Sur le terrain, les élèves ont pu découvrir les défis que vivent les ingénieurs au quotidien en gérant les délais et les imprévus d'un chantier. Au menu : simulations, calculs, rencontres avec les fournisseurs, choix des matériaux...

Un projet pédagogique

"Les étudiants ont eu l'idée d'ajouter un récupérateur des eaux grises du lave-vaisselle, permettant d'économiser jusqu'à 13 % de la demande totale en énergie", met-il en avant.

Lorsqu'on parle à quelques étudiants du groupe, on mesure mieux les retombées pédagogiques de ce projet : "Nous avons dû aller chercher plus loin que les données qu'on nous fournit pendant les cours pour répondre à une situation bien particulière", explique Francis Lanthier, l'un des étudiants. Il ajoute : "Ce projet nous a aussi permis de vérifier, dans la réalité, la validité de nos calculs et de rencontrer de nombreux fournisseurs et professionnels du secteur", estime-t-il.

Pour Guillaume Blouin, un autre finissant du programme, l'un des défis a été de devoir laisser tomber un fournisseur pour choisir finalement un concurrent plus généreux. "J'ai dû faire appel à tout mon tact pour mettre fin à ce travail sans trop le fâcher ou le décevoir", explique-t-il.

Avant cela, l'étudiant souhaitait entreprendre une carrière en génie mécanique. Mais cette expérience a été pour lui une révélation : "J'ai réalisé que le génie-conseil nous permettait de rencontrer des gens issus de milieux très différents", ajoute le jeune homme. Quelques mois après son bac, il est aujourd'hui à l'emploi de la firme Pageau Morel, qui supervisait le projet.

"Je souhaite passer le plus de temps possible sur le terrain. J'ai donc posé ma candidature au département de surveillance des chantiers", affirme-t-il.

Selon son professeur, cinq des étudiants se seraient aujourd'hui placés par l'intermédiaire de l'ASHRAE ou de la firme Pageau Morel.

"C'est incontestablement un projet qui figure en bonne place sur leur CV, et qui a en même temps servi à faire une bonne action", résume le professeur Kummert.

3 600 $Économies annuelles découlant de l'installation d'un chauffe-eau solaire à l'Accueil Bonneau par des étudiants en génie mécanique de l'École Polytechnique.

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