Un trajet agréable mais troublant


Édition du 15 Février 2014

Un trajet agréable mais troublant


Édition du 15 Février 2014

On a tous rêvé d'avoir un chauffeur privé qui nous conduirait partout où on le voudrait. La voiture autonome, c'est un peu ce chauffeur, mais un chauffeur virtuel qui répond à vos moindres demandes à condition de lui faire confiance. Ce qui n'est pas si facile.

C'est dans le cadre du Nissan 360, un événement triennal tenu en Californie, qu'un groupe de journalistes, dont je faisais partie, a pu vivre sa première expérience au volant, ou du moins à bord, d'une des Nissan Leaf autonomes. Rappelons que Carlos Ghosn, président de l'Alliance Renault-Nissan, a annoncé la commercialisation de ces autos robotisées en 2020.

Maîtriser l'informatique

Sous un soleil de plomb et sur une piste reproduisant les conditions de conduite autoroutières et urbaines, nous avons donc pu monter à bord, secondé d'un ingénieur japonais. Car, pour «piloter» une voiture autonome, il faut encore maîtriser les outils informatiques embarqués.

Au départ du trajet, c'est encore l'humain qui commande. Puis, sur simple pression d'un bouton, la voiture prend le relais. Sans aucune intervention, alors que je regarde l'aiguille du cadran monter avec un peu d'inquiétude, la voiture atteint les 100 kilomètres/heure de sa vitesse de croisière sans le moindre à-coup. Sur le tableau de bord, un écran radar me permet de visualiser ce que la Leaf «voit» : la silhouette de formes représentant objets et obstacles sur le trajet, jusqu'à une distance de quelque 800 mètres.

Rapidement, la voiture quitte la bretelle, utilise le clignotant (une leçon que beaucoup de conducteurs devraient retenir) et prend sa place sur l'autoroute. Derrière une voiture plus lente, le radar balaie la route autour de la Nissan Leaf, comme il le fait en permanence, et le dépassement est amorcé. Le conducteur que je suis n'est pas rassuré, mais la Nissan Leaf conserve toujours une distance sécuritaire de plusieurs dizaines de mètres.

Approchant une sortie d'autoroute, la Leaf ralentit selon le trajet prévu programmé dans l'ordinateur de la voiture : cette dernière a beau être autonome, elle doit évidemment connaître sa destination au préalable. Sur la route de campagne, une voiture est immobilisée dans l'accotement devant nous, mais empiète sur la chaussée. Mon Firmin virtuel ralentit, et son écran scintille pour prévenir le conducteur d'un danger qui approche : une autre voiture arrive à contresens. Il faudra attendre qu'elle soit totalement passée avant que notre Leaf change de voie pour contourner le véhicule immobilisé et poursuivre son chemin.

En zone urbaine, la chose est plus complexe. Aux intersections, la voiture freine selon qu'elle repère un panneau d'arrêt ou un feu de circulation rouge ou jaune. Si le feu est vert (elle voit la différence avec ses caméras), la Leaf poursuivra sa route. Elle évalue également si d'autres voitures sont en attente dans les autres directions et cède la priorité aux premiers arrivés. Évidemment, elle est vigilante et freinera brusquement si un conducteur impoli ne respecte pas cette même priorité.

Au moment du départ, un piéton surgit. Avant même que je ne réalise le danger, la voiture s'est immobilisée. Jamais je n'aurais réagi aussi rapidement. Voiture : 1 ; conducteur humain : 0.

Après quelques centaines de mètres, la voiture arrête une fois rendue à destination. Après être descendu de la voiture, il me suffit d'appuyer sur la télécommande Valet, et ma Leaf prend d'elle-même le chemin du stationnement, sans aucune présence humaine. Si j'appuie de nouveau, ma voiture viendra me chercher directement à la porte, sans rechigner !

Le trajet est agréable, mais un peu troublant. Avouons aussi que le conducteur a toujours le pied non loin des pédales et les mains sur le volant, histoire de reprendre le contrôle si la situation l'exige. Mais l'expérience le prouve, il est proche, ce moment où vous pourrez lire au volant en disant à votre voiture «À la maison !»

autogo.ca

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