La pente sera ardue à remonter pour Meta Platforms


Édition du 11 Mai 2022

La pente sera ardue à remonter pour Meta Platforms


Édition du 11 Mai 2022

Par Jean Gagnon

(Photo: 123RF)

La BOUSSOLE BOURSIÈRE est une rubrique qui traite d’un événement marquant et de son effet sur le marché boursier en s’appuyant sur l’analyse d’experts. Cette analyse pourra être autant fondamentale que technique.


(Illustration: Camille Charbonneau)

Après une chute brutale de son action, Meta Platforms remonte tranquillement la pente. L’entreprise est-elle revenue dans les bonnes grâces des investisseurs? Il est encore trop tôt pour sceller le sort du titre la maison mère de Facebook.

Le 3 février, le cours de l’action de Meta Platforms (FB, 205,25 $US) chutait brutalement de 25 % à la suite de la divulgation de ses résultats trimestriels, entraîné surtout par les propos de son président, Mark Zuckerberg. Il disait alors que le centre d’attention de l’entreprise allait se porter principalement sur le développement du métavers (un monde virtuel immersif), ce qui impliquait des investissements gigantesques et une monétisation qui ne viendrait que beaucoup plus tard.

Son message est toutefois devenu beaucoup plus modéré à la fin avril, au moment de la divulgation des résultats du premier trimestre de l’exercice 2022 de l’entreprise, note Cimon Plante, gestionnaire de portefeuille à la Financière Banque Nationale.

Les résultats du trimestre ne sont pas à la hauteur de ce qu’ils ont été dans le passé, mais il y avait quand même certains éléments positifs. Entre autres, la croissance des ventes de 6 % pour le trimestre est la pire de son histoire, mais comme la direction avait prévenu qu’elle se situerait entre 3 % et 6 %, l’annonce a été bien reçue, souligne Cimon Plante.

Ce qui a vraiment plu aux investisseurs, c’est la volonté exprimée par Mark Zuckerberg de monétiser les applications actuelles, dont Reels, qui offrent de nouveaux outils aux créateurs pour concevoir et rentabiliser leurs vidéos.

 

 

Métavers et rentabilité

Par ailleurs, et ce qui est peut-être encore plus important, c’est que le président, contrairement à ses propos tenus en février, a indiqué que le développement du métavers se ferait à une cadence qui protégera la rentabilité de la société, observe Cimon Plante. Le développement du métavers semble déjà bien en cours, perçoit-il. Meta Platforms devrait mettre sur le marché dès cette année un casque qui reliera l’individu à son travail. «Cela arrive beaucoup plus vite que ce l’on prévoyait», dit le gestionnaire.

Le titre a bondi de 18 % le lendemain de l’annonce des résultats. Toutefois, comme il avait perdu la moitié de sa valeur depuis son sommet de septembre dernier, on peut certainement se demander s’il s’agit simplement d’un rebond de soulagement (relief rally). Cimon Plante ne le croit pas. Les résultats du trimestre permettent aux investisseurs de croire que l’hémorragie est terminée, selon lui. Il s’attend à ce que plusieurs investisseurs commencent à rebâtir leur participation dans le titre.

 

Morte il y a trois mois

Souvent, les marchés exagèrent, et ce, dans les deux sens, rappelle Markus Koebler, gestionnaire du portefeuille international pour le Groupe Eterna. «Il y a trois mois, on disait que Meta Platforms était morte, que le titre était devenu toxique. On réalise aujourd’hui que ce n’est pas le cas. La croissance est là, et le prochain trimestre pourrait confirmer que la rentabilité est très bonne», dit-il.

C’est d’ailleurs ce que Mark Zuckerberg semble croire. Il affirme que le deuxième trimestre sera meilleur et que le métavers sera financé par les opérations, indique Markus Koebler. Le gestionnaire croit que le titre doublera au cours des trois prochaines années, ce qui le ramènera à son sommet. La société mère de Facebook montre certainement plus de points positifs que de points négatifs, estime-t-il.

 

Les acheteurs serontils au rendez-vous?

Personne n’ignore que pour qu’un titre à la Bourse monte, il faut que la demande excède l’offre. À la vue du graphique des variations de la dernière année, force est d’admettre que c’est souvent le contraire qui s’est produit. Depuis septembre, les vendeurs étaient en plein contrôle de la situation, et même qu’à partir de février, les acheteurs avaient à peu près tous disparus.

L’action sur le titre a été tellement négative, que la situation mettra sûrement beaucoup temps à se rétablir, en présumant que ce sera le cas, explique Monica Rizk, analyste technique senior à Phases & Cycles. Il faudra d’abord voir si le titre retrouvera le niveau de 240 $US ou s’il se butera sur une résistance importante qu’il n’avait pas réussi à franchir lors de sa tentative précédente à la fin du mois de mars.

Un rebond important est certainement possible étant donné que le titre est fortement «survendu», comme le témoigne l’écart important entre le niveau actuel du titre et celui de sa moyenne mobile de 200 jours (ligne noire), explique l’analyste.

Techniquement, rien n’indique que le niveau atteint la veille de l’annonce des derniers résultats constitue le creux du titre dans le cycle actuel, selon Monica Rizk.

Pour l’instant, il faut espérer que le titre puisse se maintenir pendant un certain temps dans un corridor (ligne pointillée noire) entre 180 $US et 240 $US afin d’établir une base à partir de laquelle il pourra aspirer à des niveaux plus élevés, estime l’analyste. Ce n’est qu’alors que l’on verra si la demande reprend le dessus sur l’offre.

 

 


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