La Banque Nationale n’a rien à envier à ses concurrentes


Édition du 20 Mars 2024

La Banque Nationale n’a rien à envier à ses concurrentes


Édition du 20 Mars 2024

Par Jean Gagnon

(Photo: 123RF)

La BOUSSOLE BOURSIÈRE est une rubrique qui traite d’un événement marquant et de son effet sur le marché boursier en s’appuyant sur l’analyse d’experts. Cette analyse pourra être autant fondamentale que technique.


(Illustration: Camille Charbonneau)

 

Les six grandes banques canadiennes ont dévoilé leurs résultats financiers du premier trimestre 2024 à la fin février, et la Banque Nationale (NA, 107,94 $), la plus petite d’entre elles, n’a rien à envier à ses concurrentes.

Dans les faits, elle a montré des résultats supérieurs aux prévisions des analystes, ce qui a propulsé son titre à un sommet historique de près de 109 $. Le graphique des fluctuations du titre depuis six mois (graphique no 1) a de quoi emballer tout investisseur qui n’aurait pas noté la constante et la très forte progression du titre durant la période.

Entre la fin du mois d’octobre dernier et le 29 février, le titre est passé de 84 $ à 108 $, une hausse de 28,5 %, note Monica Rizk, analyste technique senior pour les publications Phases & Cycles. Durant toute cette période, le titre s’est maintenu au-dessus de sa ligne de tendance (ligne pointillée noire) ainsi que de sa moyenne mobile de 50 jours (ligne noire), qui est le reflet de sa tendance à court terme. Ces deux niveaux de soutien ont freiné tout recul du titre durant cette période, note l’analyste.

Par ailleurs, un regard sur une plus longue période (graphique no 2) montre bien ce à quoi le titre aura maintenant à faire face.

 

 

En examinant l’évolution du titre depuis cinq ans, on constate qu’après l’important recul provo-qué par le début de la pandémie de COVID-19 en mars 2020, le cours de l’action de la Banque Nationale a entrepris, comme l’ensemble des marchés boursiers, une poussée qui a permis au titre de multiplier sa valeur par 2,5 fois.

Depuis deux ans et demi, le titre a fluctué à l’intérieur d’un corridor bien déterminé se situant entre 82 $ et 105 $, n’excédant jamais le sommet établi à l’automne 2021, jusqu’à tout récemment.

«Brisé par le haut, un tel corridor de variations pour établir un nouveau sommet historique constitue un signal très positif en ce qui concerne la tendance à plus long terme du titre, dit Monica Rizk. Mais à la condition qu’il maintienne cette progression.»Le titre pourrait fort bien devoir faire face à des tentatives de correction, étant donné que l’éloignement du cours de sa moyenne mobile de 200 jours (ligne grise) indique une situation de surachat qui pourrait provoquer des prises de profits.

Ces corrections pourraient aussi être mineures, ce qui permettrait à la tendance à la hausse de se maintenir. «La ligne de tendance et la moyenne mobile de 50 jours (voir graphique no 1) devraient continuer d’agir comme niveaux de soutien, mais aussi parce que la plupart des banques canadiennes montrent des tendances positives», croit Monica Rizk.

 

De très bons résultats

Que le titre de la Banque Nationale touche un nouveau sommet historique le jour de la divulgation de ses résultats ne devrait pas surprendre, car ils étaient dans l’ensemble les meilleurs résultats des grandes banques canadiennes, explique Philippe Côté, gestionnaire de portefeuilles à Eterna Groupe Financier. «On craignait pour les pertes sur prêts, mais c’est tout le contraire qui s’est produit», dit-il. Le fait que les activités de la banque se limitent en grande partie au Canada n’est certes pas étranger à ce résultat, selon lui. Elle a aussi réalisé une excellente performance dans ses opérations sur les marchés financiers. «C’est surprenant qu’elle ait pu surpasser les attentes de cette façon», dit le gestionnaire.

 

Des analystes fondamentaux qui demeurent prudents

Considérant peut-être qu’il est hasardeux de prédire de nouvelles hausses importantes du cours de l’action, des analystes des grandes firmes de courtage semblent vouloir éviter de tomber dans un excès d’enthousiasme.

La Banque Nationale a réalisé des bénéfices par action de 2,59 $ durant le premier trimestre, ce qui a surpassé la prévision de 2,36 $ de Doug Young, analyste chez Valeurs mobilières Desjardins. Il maintient sa recommandation aux investisseurs de conserver le titre, augmentant néanmoins son cours cible sur un an, qui passe de 105 $ à 109 $. Il note le bon début d’année, mais se questionne à savoir si la performance est soutenable, considérant la part importante des succès qui revient au secteur des marchés des capitaux.

Darko Mihelic, analyste à RBC Marchés des capitaux, reconnaît que les résultats du dernier trimestre ont été dans la plupart des segments meilleurs qu’il l’avait prévu. Il constate aussi que les investisseurs ont été bien récompensés et que le titre est à présent plutôt bien évalué. Il limite la hausse de son cours cible, qui passe aussi de 105 $ à 109 $.

À BMO Marchés des capitaux, l’analyste Sohrab Movahedi en arrive également au même cours cible de 109 $et conserve sa recommandation de «surperformance»sur le titre. Il reconnaît ainsi les résultats record des secteurs de la gestion de patrimoine et des marchés des capitaux.

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