Six conseils pour favoriser l'avancement des femmes dans une entreprise

Offert par Les Affaires


Édition du 10 Mars 2018

Six conseils pour favoriser l'avancement des femmes dans une entreprise

Offert par Les Affaires


Édition du 10 Mars 2018

Par Chloé Freslon

Mettre en place une politique sur la représentation féminine efficace n’a pas à coûter cher ni demander de repenser complètement le fonctionnement de l’entreprise. Voici des conseils simples et concrets, dispensés par deux expertes sur l’avancement des femmes au sein des organisations.


Nos 2 intervenantes? Caroline Codsi, fondatrice de la Gouvernance au Féminin, organisme à but non lucratif qui s’est donné pour mission l’accession des femmes aux conseils d’administration (CA) des entreprises et qui a mis au point une certification parité destinée aux entreprises et Louise Champoux-Paillé, chargée de cours à l’ESG UQAM, experte sur la question de la représentation des femmes dans le monde des affaires, et qui a reçu le prix du Gouverneur général du Canada pour l'engagement féminin en 2014. Elle est convaincue que la mise en place des politiques permettant l’avancement des femmes passera par la firme conviction du dirigeant de l’entreprise à croire qu'il y a autant de talents chez les femmes que chez les hommes.



Conseil no. 1
Caroline Codsi croit fortement en la transparence de l’information relative à la représentation des femmes au conseil d’administration et à la haute direction. Elle explique qu’un des éléments les plus importants est d'établir des objectifs et de les faire connaître publiquement: «Il faut que ce soit écrit, discuté, et inscrit à l'agenda, mais il faut également se donner des objectifs chiffrés réalistes. Il ne faut pas décider que dans deux ans, par exemple, on remplacera la moitié de son CA par de nouvelles personnes, en l'occurrence des femmes, sinon c'est l'entreprise va s’en retrouver détériorée, alors qu'on veut, au contraire, l'aider.»


Conseil no. 2


La confiance est essentielle pour qu'une carrière décolle. Le mentorat et le parrainage aident en ce sens. «Le mentorat aide à développer la confiance en soi et le sponsoring met de l’avant les compétences de la personne, explique Mme Champoux-Paillé. Un mentor prend sous son aile une employée moins expérimentée et lui donne des conseils sur le savoir-être et savoir-faire d'une organisation, ainsi qu’elle lui explique comment franchir les échelons. Un parrain va vanter les compétences d'une personne, à travers l'organisation ou son réseau d'influence. La chargée de cours à l’ESQ UQAM reconnaît que ça prend du temps, mais que c’est un mal nécessaire: «Si on souhaite plus de femmes dans les CA, alors il faut donner de son temps et de son énergie afin d'un changement pérenne s’opère. On a une responsabilité en tant que femme.»


Conseil no. 3
Lorsque vous faites appel à des chasseurs de têtes ou au département des ressources humaines afin de trouver un nouvel employé, et que le poste vacant serait parfait pour une femme, il faut exiger de se voir soumettre autant de candidatures féminines que masculines. «Si dans les finalistes, les chasseurs de têtes présentent deux femmes et deux hommes, c'est le minimum. Des entreprises exigent même un ratio de trois femmes et un homme, pour s’assurer assez de choix féminin», précise Caroline Codsi.


Conseil no. 4
À compétences égales, les femmes sont souvent moins rémunérées que les hommes. Afin de ne pas perpétuer cet écart, la fondatrice de la Gouvernance au féminin conseille aux recruteurs de ne plus demander aux femmes combien elles gagnent dans leur emploi actuel. Son conseil aux femmes qui se font quand même demander leur salaire? Mentir. «On ne veut plus qu'on pose cette question, ce n'est pas pertinent à la conversation et ça ne fait qu’entretenir un cercle vicieux», relate Caroline Codsi.


Conseil no. 5


L’utilisation des modèles inspirants n’est pas à sous-estimer lorsqu’on parle d’avancement des femmes en entreprises. Il faut que l'employée puisse s'identifier à ce modèle et donc s’en servir afin de se projeter dans sa carrière. Mme Champoux-Paillé note qu’il est important de faire connaître les histoires, les cheminements de ces femmes et comment elles s'y sont prises, afin de montrer à toutes que leurs ambitions sont réalisables. «Cette mise en avant de modèles peut se faire lors de réunion d'employés ou par les communications internes de l’organisation pour un coût nul.»


Conseil no. 6


La fondatrice de la Gouvernance au féminin explique que 45% des conseils d’administration au Canada n’ont même pas une femme parmi leurs membres et elle offre ce conseil simple afin d’enrayer la tendance: «S'il y a tant de CA composés uniquement d'hommes, c'est parce qu’ils n'ont pas de date de fin de mandat. Sans durée limitée de mandat, on ne laisse jamais sa place aux femmes ou aux minorités visibles.»


 


Consulter aussi:


Les programmes qui font une différence
Julie Gosselin: «Aller chercher de l'inspiration auprès des autres femmes»

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