Les nouveaux perturbateurs de l'industrie des services financiers

Offert par Les Affaires


Édition du 24 Novembre 2018

Les nouveaux perturbateurs de l'industrie des services financiers

Offert par Les Affaires


Édition du 24 Novembre 2018

Par Richard Cloutier

David Nault, associé principal de Luge Capital

Nous assistons à une transformation rapide de tous les secteurs des services financiers. Des prêts aux différentes solutions de paiements, et de la sécurité aux finances personnelles.


«Aujourd'hui, l'intelligence artificielle (IA) est utilisée pour détecter les anomalies dans le comportement des consommateurs et pour aider à combattre la fraude à l'assurance, tandis que les consommateurs, en particulier les milléniaux, mettent au défi les banques et les compagnies d'assurance de créer des processus d'inscription plus rapides et plus conviviaux pour les appareils mobiles», illustre David Nault, associé principal de Luge Capital, un fonds de capital de risque qui vise les sociétés de technologie financière en démarrage et les solutions d'intelligence artificielle du secteur des services financiers, dans un entretien avec Les Affaires.


Les fintechs accélèrent l'innovation


L'écosystème fintech au Canada se composait, en octobre 2018, de 600 sociétés privées - contre plus de 4 000 aux États-Unis et plus de 1 600 au Royaume-Uni -, dont 18 % sont installées au Québec, contre 57 % en Ontario et 17 % en Colombie-Britannique. C'est l'état du paysage canadien de la fintech qu'ont dressé M. Nault et l'analyste en investissements de Luge Capital, Laviva Mazhar, dans le cadre du Forum FinTech Canada tenu à Montréal en octobre 2018.


Selon eux, 59 % des fintechs sont actives dans les segments suivants : paiement, chaîne de blocs (blockchain) et cryptomonnaie, crédit et hypothèque, InsurTech et WealthTech. Parmi eux, les segments qui connaissent la plus grande croissance sont : blockchain et cryptomonnaie, InsurTech et WealthTech.


Il y a dix ans, les partenariats entre les jeunes entreprises en démarrage et les grandes banques ou compagnies d'assurance étaient rares, mais la réalité a beaucoup changé, ont expliqué M. Nault et Mme Mazhar : «Pour favoriser leur transformation et accélérer leurs propres programmes d'innovation, les grandes institutions mettent en place des partenariats, des laboratoires d'innovation, des incubateurs et des entreprises de capital de risque.»


Il faut comprendre qu'on ne qualifie plus autant la fintech de «perturbatrice», mais plutôt d'entreprise qui exploite la technologie pour proposer des solutions innovantes dans l'industrie financière.


La création, par Finance Montréal, en juin 2018, de la Station FinTech Montréal, dont la mission consiste à la fois à contribuer à la croissance de jeunes entreprises du secteur de la fintech et à l'accélération de la transformation numérique des grandes institutions financières, montre bien l'esprit de maillage existant.


De nouvelles entreprises dynamiques


Diagram, un accélérateur pour fintechs actives dans les secteurs de l'assurance, des services financiers et de la santé, bénéficie du soutien financier de Portag3 Ventures LP, une plateforme d'investissement exclusivement consacrée aux technologies financières et d'assurance, principalement commanditée par la Corporation Financière Power, IGM Financial et Great-West Lifeco. Diagram soutient pour sa part Dialogue, une entreprise de soins de santé accessibles en ligne, dont les services de télémédecine sont offerts en complémentarité de programmes d'aide aux employés (PAE).


D'autres firmes technologiques occupent ce créneau. C'est le cas, par exemple, de la montréalaise EQ Care, de la torontoise Akira, de même que de Maple, qui permet aux usagés d'obtenir un diagnostic, une ordonnance ou des conseils médicaux en ligne en quelques minutes, et dont les consultations et les abonnements sont couverts par plusieurs régimes d'assurance privés.


Diagram soutient également Collage, qui a développé une plateforme visant à simplifier la gestion des ressources humaines (RH), de la paie, et des avantages sociaux pour les PME.


Là encore, d'autres firmes sont actives dans ce créneau et remettent le secteur en question. Citons Cangaroo, de Chambly, qui se présente comme un perturbateur plongé au coeur de la révolution numérique en assurance collective. «Il faut faire table rase des pratiques actuelles en assurance collective. Ce secteur est inefficace. Les entreprises, et plus particulièrement les PME, paient ces assurances trop cher, et elles n'ont pas la qualité de service qu'elles devraient avoir», expliquait l'un des associés, David Théberge, à Finance et Investissement, en septembre 2018.


Citons aussi Bene-fix, de Terrebonne, qui offre une plateforme universelle qui regroupe l'ensemble des acteurs de l'industrie par des interfaces dédiées et personnalisées. Dans la même veine, Magik-Net, de Rimouski, qui a développé une plateforme technologique de gestion des primes et des paiements pour le marché de l'assurance collective, a pour sa part été acquise au cours de l'été par l'assureur de Drummondville, UV Mutuelle.


Si toute cette évolution technologique exerce effectivement une pression certaine sur les acteurs traditionnels du secteur afin qu'ils adaptent leurs façons de faire, elle leur offre du même coup les outils pour y parvenir. D'ailleurs, ceux-ci s'appuient à la fois sur des solutions innovantes développées à l'interne et des start-up pour se réinventer.


Au final, le «défi pour l'industrie et toute nouvelle entreprise consiste à s'assurer que personne ne compromet la sécurité dans sa quête de simplicité et de rapidité», estime M. Nault.


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