La ville à échelle humaine expliquée


Édition du 26 Octobre 2022

La ville à échelle humaine expliquée


Édition du 26 Octobre 2022

Le président de l’Ordre des architectes, Pierre Corriveau, remarque d’ailleurs que Le Plateau-Mont-Royal est un quartier qui favorise les échanges entre les citoyens. (Photo: 123RF)

ARCHITECTURE. Architectes et urbanistes s’entendent sur l’importance de créer des milieux de vie à échelle humaine. Au-delà de l’expression, en quoi consiste exactement cette notion ? Voici cinq éléments pour la comprendre.

 

1. Repenser la rue

Une ville conçue pour les personnes n’est pas forcément destinée à l’automobile. Une rue à échelle humaine fait donc passer les piétons d’abord. Comme l’explique l’organisme Vivre en ville, cela se traduit notamment par l’implantation de traverses sécuritaires et de trottoirs confortables avec des places où se poser, comme des bancs ou des terrasses, ainsi que par des mesures d’apaisement de la circulation.

Le projet Rues conviviales, du Centre d’écologie urbaine de Montréal, va dans ce sens en recentrant leur aménagement « sur les personnes qui l’utilisent plutôt que sur les véhicules qui l’empruntent ». La rue devient accessible à tous, peu importe l’âge ou les capacités. En réduisant l’espace consacré à la voiture, on favorise aussi les transports actifs.

 

2. Animer l’espace piéton

L’architecte Maxime-Alexis Frappier estime qu’une ville à échelle humaine porte une grande attention à l’expérience piéton. Le projet Vivre — un immeuble de 225 logements sur huit étages dans un secteur industriel d’Outremont — en est un bon exemple. « On a convaincu le promoteur de ramener les espaces communs au rez-de-chaussée plutôt que sur le toit. Ça contribue à l’animation de la rue », explique l’associé et président d’ACDF Architecture. 

Pour ce dernier, il est primordial que les tours ne fassent pas seulement de l’ombre aux passants. Elles doivent créer une interaction avec eux. Il pense également que Montréal est une ville UNESCO de design surtout pour les 10 premiers pieds de hauteur à partir du trottoir. 

« Ce n’est pas notre architecture qui nous démarque. C’est la façon dont les Portugais plantent leurs tomates en façade, sur de l’Esplanade. C’est le piano urbain au coin de la rue Waverly, la terrasse du café Olympico… C’est toute l’énergie créée à cette échelle qui fait en sorte qu’on aime vivre ici. »

 

3. Miser sur la mixité

Plutôt que de bâtir des quartiers uniquement résidentiels et d’autres secteurs pour les commerces, une ville à échelle humaine fait cohabiter tous les usages. Et c’est tant mieux, croit Jean-François St-Onge, architecte associé d’ADHOC Architecture. 

« Il y a plein d’avantages à la mixité », dit-il. Il donne en exemple le projet Canoë dans Hochelaga-Maisonneuve, que le promoteur imaginait seulement résidentiel. « Il comptera une garderie, une épicerie… Ça permet de desservir les nouveaux résidents, mais aussi l’ensemble de la communauté. »

Maxime-Alexis Frappier mentionne pour sa part que la mixité est incontournable : elle favorise la marche et offre du même coup une meilleure qualité de vie. « L’heure qu’on perdait dans le trafic à se rendre au travail peut être passée à faire du sport ou à jouer avec ses enfants. »

 

4. Créer des lieux d’échange

La ville à échelle humaine propose également des espaces publics nombreux et bien pensés. « Ça ne se chiffre pas nécessairement en pieds carrés, précise Maxime-Alexis Frappier. Ça peut être des parcs, des endroits de contemplation, des placettes ou des ruelles. Il faut avoir une variété d’espaces publics qui répondent à différents modes de vie. » Ainsi, on conçoit des lieux d’interaction. 

Le président de l’Ordre des architectes, Pierre Corriveau, remarque d’ailleurs que Le Plateau-Mont-Royal est un quartier qui favorise les échanges entre les citoyens. « La qualité de vie y est extraordinaire. Les enfants courent dans les rues, on discute avec le voisin en étendant le linge. Ça crée un sentiment de communauté très fort », illustre-t-il.

 

5. Concevoir des expériences

Pour que les habitants s’approprient la ville, ils doivent avoir envie de la parcourir. Les architectes doivent donc miser sur la cohérence et ramener l’intégration urbaine à l’avant-plan. « Chaque bâtiment ne peut pas être flamboyant, souligne Maxime-Alexis Frappier. Comme en musique, certains doivent jouer le basson derrière pour accompagner le premier violon. C’est ainsi qu’on crée une harmonie. » 

Une architecture diversifiée, qui limite les îlots de chaleur ou les corridors de vent, et qui offre aux piétons des éléments intéressants à découvrir aux premiers étages des édifices, contribue à la qualité des milieux de vie. « Ce qu’on aime d’une ville, c’est marcher et se dire “Oh, ça, c’est cute !” Il faut générer des surprises et du rythme pour éviter que ce soit aliénant. C’est de cette façon que l’être humain se sent bien. »

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