Trois collaborations à succès

Offert par Les Affaires


Édition du 28 Octobre 2020

Trois collaborations à succès

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Édition du 28 Octobre 2020

La recherche et développement en mode collaboratif permet d’améliorer les systèmes de jeunes entreprises. (Photo: 123RF)

La transformation numérique d’une entreprise peut prendre différentes formes. Voici trois exemples de recherche et de développement en mode collaboratif qui ont porté leurs fruits.
Développer un outil de distanciation physique
Quand il a commencé à développer une technologie de positionnement en temps réel avec l’aide d’experts et de chercheurs de la Mauricie, il y a deux ans, le PDG de Noovelia, Alain Lemieux, ne pouvait pas se douter qu’il travaillait en fait sur un éventuel outil de lutte contre une pandémie mondiale.
Au départ, la technologie Kencee s’appuyait sur des capteurs et un système de cartographie permettant de positionner dans l’espace un objet, un outil ou un véhicule. L’entreprise, qui commercialise des solutions en numérisation et en automatisation, pensait surtout l’offrir à des usines souhaitant localiser des pièces clés dans leur chaîne de production.
« Quand la fameuse COVID est arrivée, on s’est dit qu’on pourrait adapter notre produit pour qu’il serve également à maintenir la distanciation physique », explique Alain Lemieux. L’entreprise s’est donc associée à la Chaire de recherche DIVEL pour la navigation intelligente des véhicules industriels autonomes de l’Université du Québec à Trois-Rivières et au Centre collégial de transfert de technologie en télécommunications affilié au cégep de Trois-Rivières pour se concentrer sur le positionnement de personnes.
Les balises du système Kencee U2 sont fixées à la ceinture ou à l’épaule des employés et émettent un signal sonore, vibrent ou s’illuminent si elles se trouvent à moins de deux mètres les unes des autres.
La recherche et développement en mode collaboratif a notamment permis d’en améliorer le système de localisation. « Aujourd’hui, dans certains types d’environnement, nous sommes à quelques centimètres de précision », affirme Alain Lemieux.
Automatiser l’inspection de conteneurs
La start-up montréalaise Canscan n’a pas perdu de temps pour bénéficier de l’apport du milieu universitaire. En moins de trois ans, elle a déjà accueilli quatre stagiaires qui lui ont rendu de précieux services, et tout indique que la collaboration est là pour durer.
La jeune entreprise fondée en février 2018 par Jennifer Ivens utilise l’intelligence artificielle pour automatiser l’inspection des conteneurs maritimes à partir de l’équipement existant des installations portuaires. Plus concrètement, elle se spécialise dans l’analyse des images vidéo pour détecter automatiquement un conteneur brisé ou encore un sceau manquant.
« C’est ma première entreprise, raconte Jennifer Ivens. J’ai donc dû aller chercher des gens beaucoup plus connaisseurs que moi en analyse de données. » Ces talents, elle les a trouvés grâce au programme de stage du Mitacs, un organisme à but non lucratif canadien qui lie universités et entreprises. 
Canscan a ainsi reçu dans ses bureaux quatre étudiants de l’Université de la Colombie-Britannique : un candidat à la maîtrise, deux au doctorat et un au postdoctorat. « C’est mon « brain team » », qualifie son équipe la fondatrice en riant.
« On leur donne l’occasion de travailler sur des projets concrets et ils ont l’occasion d’alimenter leur thèse ou leur mémoire », explique-t-elle. Les deux étudiants au doctorat ont par exemple aidé l’entreprise à raffiner le système permettant de localiser avec précision les sceaux qui confirment qu’un conteneur est bien scellé.
« Ça peut prendre du temps pour former des étudiants, mais ça en vaut la peine parce qu’ils ont les toutes dernières connaissances, affirme Jennifer Ivens. Grâce à eux, on peut se permettre d’oser davantage, de prendre le temps nécessaire pour innover et tester des idées. »
Implanter un système de réfrigération prédictif
Lorsque Micro Thermo a commencé à collaborer avec le Centre d’innovation en microélectronique du Québec (CIMEQ) au milieu des années 1990, l’entreprise comptait une poignée d’employés et tout autant de clients. Plusieurs générations de technologies plus tard, l’entreprise de Mirabel – récemment achetée par le géant américain Parker – fait affaire avec les plus importantes chaînes de supermarchés en Amérique du Nord.
Au fil des décennies, Micro Thermo s’est spécialisée dans l’automatisation du contrôle énergétique des systèmes de réfrigération des supermarchés. Dans les premiers temps, ses capteurs permettaient surtout de surveiller la température des comptoirs réfrigérés pour signaler une variation suspecte ou un besoin de dégivrage. Aujourd’hui, ils tentent plutôt de prédire les problèmes pour maximiser l’efficacité énergétique.
« Quand les gens de Micro Thermo sont venus nous voir, ils avaient plein de données et ils ne savaient pas quoi en faire, se souvient le directeur général du CIMEQ, Michel Chabot. On a décidé de faire du traitement de données avec des algorithmes pour comprendre le comportement des équipements et pour proposer des solutions. »
Serge Cloutier, ancien vice-président à la recherche et au développement à Micro Thermo, aujourd’hui retraité, se rappelle des premiers projets de collaboration concernant l’interface usager ou encore la configuration de la plateforme technologique. Durant ses 20 ans dans l’entreprise, il a mené des projets de développement à l’interne tout en faisant régulièrement appel au CIMEQ pour obtenir de l’aide en microélectronique. « C’est toujours plus simple d’expliquer tes besoins lorsqu’il s’agit d’une collaboration de longue date », observe-t-il.

TRANSFORMATION NUMÉRIQUE. La transformation numérique d’une entreprise peut prendre différentes formes. Voici trois exemples de recherche et de développement en mode collaboratif qui ont porté leurs fruits.

Développer un outil de distanciation physique

Quand il a commencé à développer une technologie de positionnement en temps réel avec l’aide d’experts et de chercheurs de la Mauricie, il y a deux ans, le PDG de Noovelia, Alain Lemieux, ne pouvait pas se douter qu’il travaillait en fait sur un éventuel outil de lutte contre une pandémie mondiale.

Au départ, la technologie Kencee s’appuyait sur des capteurs et un système de cartographie permettant de positionner dans l’espace un objet, un outil ou un véhicule. L’entreprise, qui commercialise des solutions en numérisation et en automatisation, pensait surtout l’offrir à des usines souhaitant localiser des pièces clés dans leur chaîne de production.

« Quand la fameuse COVID est arrivée, on s’est dit qu’on pourrait adapter notre produit pour qu’il serve également à maintenir la distanciation physique », explique Alain Lemieux. L’entreprise s’est donc associée à la Chaire de recherche DIVEL pour la navigation intelligente des véhicules industriels autonomes de l’Université du Québec à Trois-Rivières et au Centre collégial de transfert de technologie en télécommunications affilié au cégep de Trois-Rivières pour se concentrer sur le positionnement de personnes.

Les balises du système Kencee U2 sont fixées à la ceinture ou à l’épaule des employés et émettent un signal sonore, vibrent ou s’illuminent si elles se trouvent à moins de deux mètres les unes des autres.

La recherche et développement en mode collaboratif a notamment permis d’en améliorer le système de localisation. « Aujourd’hui, dans certains types d’environnement, nous sommes à quelques centimètres de précision », affirme Alain Lemieux.

Automatiser l’inspection de conteneurs

La start-up montréalaise Canscan n’a pas perdu de temps pour bénéficier de l’apport du milieu universitaire. En moins de trois ans, elle a déjà accueilli quatre stagiaires qui lui ont rendu de précieux services, et tout indique que la collaboration est là pour durer.

La jeune entreprise fondée en février 2018 par Jennifer Ivens utilise l’intelligence artificielle pour automatiser l’inspection des conteneurs maritimes à partir de l’équipement existant des installations portuaires. Plus concrètement, elle se spécialise dans l’analyse des images vidéo pour détecter automatiquement un conteneur brisé ou encore un sceau manquant.

« C’est ma première entreprise, raconte Jennifer Ivens. J’ai donc dû aller chercher des gens beaucoup plus connaisseurs que moi en analyse de données. » Ces talents, elle les a trouvés grâce au programme de stage du Mitacs, un organisme à but non lucratif canadien qui lie universités et entreprises. 

Canscan a ainsi reçu dans ses bureaux quatre étudiants de l’Université de la Colombie-Britannique : un candidat à la maîtrise, deux au doctorat et un au postdoctorat. « C’est mon « brain team » », qualifie son équipe la fondatrice en riant.

« On leur donne l’occasion de travailler sur des projets concrets et ils ont l’occasion d’alimenter leur thèse ou leur mémoire », explique-t-elle. Les deux étudiants au doctorat ont par exemple aidé l’entreprise à raffiner le système permettant de localiser avec précision les sceaux qui confirment qu’un conteneur est bien scellé.

« Ça peut prendre du temps pour former des étudiants, mais ça en vaut la peine parce qu’ils ont les toutes dernières connaissances, affirme Jennifer Ivens. Grâce à eux, on peut se permettre d’oser davantage, de prendre le temps nécessaire pour innover et tester des idées. »

Implanter un système de réfrigération prédictif

Lorsque Micro Thermo a commencé à collaborer avec le Centre d’innovation en microélectronique du Québec (CIMEQ) au milieu des années 1990, l’entreprise comptait une poignée d’employés et tout autant de clients. Plusieurs générations de technologies plus tard, l’entreprise de Mirabel – récemment achetée par le géant américain Parker – fait affaire avec les plus importantes chaînes de supermarchés en Amérique du Nord.

Au fil des décennies, Micro Thermo s’est spécialisée dans l’automatisation du contrôle énergétique des systèmes de réfrigération des supermarchés. Dans les premiers temps, ses capteurs permettaient surtout de surveiller la température des comptoirs réfrigérés pour signaler une variation suspecte ou un besoin de dégivrage. Aujourd’hui, ils tentent plutôt de prédire les problèmes pour maximiser l’efficacité énergétique.

« Quand les gens de Micro Thermo sont venus nous voir, ils avaient plein de données et ils ne savaient pas quoi en faire, se souvient le directeur général du CIMEQ, Michel Chabot. On a décidé de faire du traitement de données avec des algorithmes pour comprendre le comportement des équipements et pour proposer des solutions. »

Serge Cloutier, ancien vice-président à la recherche et au développement à Micro Thermo, aujourd’hui retraité, se rappelle des premiers projets de collaboration concernant l’interface usager ou encore la configuration de la plateforme technologique. Durant ses 20 ans dans l’entreprise, il a mené des projets de développement à l’interne tout en faisant régulièrement appel au CIMEQ pour obtenir de l’aide en microélectronique. « C’est toujours plus simple d’expliquer tes besoins lorsqu’il s’agit d’une collaboration de longue date », observe-t-il.

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