La difficile quête de l'autofinancement

Publié le 15/02/2015 à 15:27

La difficile quête de l'autofinancement

Publié le 15/02/2015 à 15:27

Augmenter l’autofinancement

Le scénario pourrait se répéter car les incubateurs sont souvent créés par des organes de développement économique locaux ou les municipalités et dépendent la plupart du temps des fonds publics. Le bouleversement en cours dans le domaine ainsi que les récentes coupes budgétaires menacent leur survie. C’est pourquoi ils remettent en cause leur modèle et cherchent des alternatives. Le CQIB, qui compte quatre employés soit un de moins que l’année dernière, essaie de trouver le moyen de tirer des revenus des équipements qu’il a acquis récemment.

«Nous avons un parc scientifique très en pointe qui nous positionne de façon unique au Canada. On pourrait y donner accès à de nombreuses entreprises au-delà des frontières du Québec qui ne peuvent pas disposer d’un tel équipement et ainsi générer des revenus pour nous aider à augmenter notre part d’autofinancement », prévoit Louis Saint-Jacques.

Des voies alternatives

Les incubateurs ont, au fil du temps, exploré de nombreuses voies pour boucler leur budget et diminuer leur dépendance aux fonds publics. Le CEIM (Centre d’entreprises et d’innovation de Montréal), qui compte 10 employés et existe depuis 19 ans, autofinance ses activités à hauteur de 52 % depuis les 12 dernières années et même 54 % en 2013-2014, ce qui a représenté près de 1,4 million sur 2,5 millions de budget.

L’organisme vend ses services de consultation et de coaching à des tarifs abordables aux entreprises en démarrage en plus de louer des locaux aux entreprises incubées. «Le CEIM réussit cette performance grâce à une offre de services bien ciblée, évolutive pour laquelle ses entrepreneurs, même sous-financés et sans revenus, sont prêts à payer», note Serge Bourassa, président et chef des opérations du CEIM. Le reste de son budget vient de subventions des gouvernements provincial et fédéral.

Il reste qu’«il est impossible d’autofinancer un incubateur entièrement », affirme Jean-Eudes Gagnon.

Quels que soient les services offerts et la formule adoptée, ces organismes ont généralement des dépenses élevées. Ceci est encore plus vrai pour ceux qui sont spécialisés dans certains domaines comme la biotechnologie où les équipements nécessaires sont coûteux et évoluent rapidement.

La demande en croissance des entreprises incubées d’un accompagnement personnalisé et de services professionnels pointus pour les aider à structurer au mieux leur jeune structure augmente encore les dépenses des incubateurs, surtout lorsque des experts sont embauchés à l’interne.

Le réseau d’affaires, planche de salut

C’est pourquoi plusieurs d’entre eux s’en sortent plutôt en s’appuyant sur leur réseau d’affaires. La collaboration peut prendre la forme de services gratuits ou à moindre frais voire d’accompagnement bénévole.

«Lorsque les entreprises incubées ont besoin de conseils d’experts pour la gestion de leur entreprise en démarrage, on les met en contact avec notre propre réseau, explique Louis Saint-Jacques. Ces professionnels (comptabilité, fiscalité, marketing, etc.) acceptent de facturer moins cher leurs prestations dans l’espoir de conserver l’entreprise comme client lorsqu’elle sera en croissance ».

Même solution choisie par la Maison Notman, qui entretient des liens privilégiés avec la Banque de développement du Canada (BDC), PricewaterhouseCoopers (PwC) et des firmes d’avocats. «On travaille avec ces commanditaires pour les services professionnels», indique Noah Redler, directeur du campus.

Chefs d’entreprise bénévoles

À Ignition, ce sont des chefs d’entreprise bénévoles qui accompagnent les incubés. Quant à l’ACET, il s’appuie sur un large réseau accessible notamment grâce aux personnalités de poids qui forment son conseil d’administration dont le président n’est autre que Laurent Beaudoin, le président du CA de Bombardier.

De tels partenariats peuvent aussi permettre une diversification des financements lorsque des grandes entreprises investissent dans l’incubateur. Mais pour cela, il faut avoir le réseau adéquat. C’est le cas de l’ACET mais aussi du CEIM dont Hélène Desmarais est la fondatrice, présidente du conseil d’administration et chef de la direction.

Un modèle totalement privé d’incubateur serait peu viable. D’ailleurs, le CEIM reconnaît «la nécessité d’un appui financier adéquat, prévisible, stable de tous ses partenaires gouvernementaux», précise Serge Bourassa. S’il considère qu’il est important que toutes ces structures doivent «faire la preuve (…) de leur pertinence et de leur efficacité dans l’écosystème entrepreneurial québécois», une fois cette étape franchie, «les pouvoirs publics doivent être conséquents dans leur politique et stratégies d’appui financier».

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