La difficile quête de l'autofinancement

Publié le 15/02/2015 à 15:27

La difficile quête de l'autofinancement

Publié le 15/02/2015 à 15:27

Un incubateur doit faire face à des dépenses importantes alors que les entreprises en démarrage qu’il accueille ont peu de moyens financiers. Souvent dépendantes des finances publiques, ces structures sont particulièrement menacées par les coupures budgétaires des gouvernements et cherchent des alternatives pour ne pas sombrer.

Le CQIB (Centre québécois d’innovation en biotechnologie), qui fête sa vingtième année d’existence cette année, a perdu 37 % de son budget annuel en 2014. Ses subventions fédérales et provinciales ont été amputées de 355 000$.

Or, comme la plupart des incubateurs, son budget, en déficit l’année dernière, repose à 50 % sur les aides provinciales, fédérales et, à moindre échelle sur celles de la ville de Laval. Le reste du budget est assuré par les revenus de location des locaux aux entreprises incubées.

«Les années où le taux d’occupation est élevé, ça va mais quand il chute, c’est plus difficile», constate Louis Saint-Jacques, directeur général du CQIB, qui accueille ces temps-ci une douzaine d’entreprises, près de son maximum.

Résultat pour 2014 : un budget en déficit de 159 000$. «Pour l’année dernière, nos surplus permettent d’éponger les pertes mais si la situation se reproduit cette année, ce ne sera pas possible», déplore le directeur.

«Trop dépendants des subventions »

L’histoire se répète. Plusieurs incubateurs aux prises avec les mêmes difficultés ont fermé leurs portes ces dernières années. C’est le cas du CIDEM-Techno (Centre incubateur d'entreprises de la Montérégie), qui a cessé ses activités en 2009, après dix ans d’existence. Au plus fort de son activité, l’incubateur spécialisé dans le démarrage d’entreprises technologiques comptait une douzaine d’employés et plus d’une cinquantaine d’entreprises ont été accompagnées tout au long de son histoire.

Pourtant, «j’avais créé un modèle idéal », estime toujours Jean-Eudes Gagnon, entrepreneur et ancien président-fondateur de CIDEM-Techno.

L’incubateur virtuel –il ne louait pas de locaux- faisait payer à ses entreprises incubées 30 000$ par an pour avoir accès à du coaching et des services professionnels pour la gestion de leur entreprise mais aussi sur le plan technologique afin de les aider à suivre l’évolution rapide dans le domaine.

Ces services étaient rendus par des experts internes, la meilleure façon selon Jean-Eudes Gagnon, pour assurer un accompagnement approfondi et à long terme aux entreprises incubées, leur offrant ainsi les meilleures chances de réussir.

Le reste du budget venait des aides publiques. C’est là où le bât blesse : «On était trop dépendants des subventions », regrette Jean-Eudes Gagnon. Le modèle économique de CIMED-Techno reposait à hauteur de 70 % sur l’argent public et principalement du gouvernement fédéral. Le jour où celui-ci a diminué sa contribution et où le gouvernement du Québec n’a pas pris le relais, le modèle n’était plus tenable.

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