«L'incubateur m’a permis de faire le saut.» - François Simard, Protec-Style

Offert par Les Affaires


Édition du 31 Janvier 2015

«L'incubateur m’a permis de faire le saut.» - François Simard, Protec-Style

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Édition du 31 Janvier 2015

François Simard, 53 ans, est un ingénieur spécialisé dans les textiles innovants. Une découverte l’a propulsé chef d’entreprise. L’accélérateur de Granby, le CITIG (Centre d’innovation et de technologies industrielles de Granby), aura été pour lui un refuge pendant trois ans, la perche qui l’a aidé à faire le saut dans le monde des affaires. À quelques mois de voler de ses propres ailes, il revient sur son expérience.

Cliquez ici pour consulter le dossier : Accélérateurs et incubateurs

«L’incubateur m’a permis de faire le saut. S’Il n’y avait pas eu cette possibilité de transition, je ne l’aurais peut-être pas fait.» Même s’il récuse le nom d’incubateur qu’il trouve réducteur voire «condescendant» et qu’il préfèrerait remplacer par «tremplin industriel», le président de Protec-Style loue les avantages de la formule.

L’ingénieur de formation faisait face à plusieurs défis lorsqu’il a voulu se lancer en affaire. Tout est parti d’une découverte scientifique : en 2011, le spécialiste en textiles techniques découvre des vertus particulières de la fibre d’asclépiade, cette fleur poussant un peu partout au Québec et souvent considérée comme une mauvaise herbe par les agriculteurs.

Outre sa présence indispensable à la perpétuation du papillon monarque, qui l’affectionne pour déposer ses œufs, la fibre a des qualités d’isolation thermique, d’atténuation acoustique et d’absorption notamment des produits pétroliers.

Il n’en fallait pas plus au chef d’entreprise en devenir pour rêver. Rêver loin car tout était à inventer : les fabricants qui pouvaient être intéressés par la fibre n’étaient pas outillés pour la traiter et il n’existait pas de plantation d’asclépiades permettant d’assurer l’approvisionnement nécessaire en matière première.

Quatre ans plus tard, François Simard et son équipe ont conçu des procédés pour travailler la fibre de façon à la rendre utilisable et, en parallèle, il a contribué à organiser une filière agricole pour faire pousser suffisamment d’asclépiades.

Un tremplin indispensable

Deux entreprises dérivées sont en cours de structuration : Industrie Encore3 et Soie d’Amérique, respectivement spécialisées dans la fabrication de produits absorbants pétroliers et d’isolants pour vêtements.

Une coopérative réunit déjà une vingtaine d’agriculteurs qui ont décidé de se lancer dans la production d’asclépiades, principalement en Mauricie, dans le Bas-Saint-Laurent et en Estrie. Deux usines pour le traitement primaire et secondaire devraient être construites en 2015, dont une à Granby et une autre en Mauricie.

Pour François Simard, les défis étaient tels au départ que pouvoir être hébergé les premières années au CITIG a représenté une chance décisive. «Au début, je ne savais pas ce que cette aventure allait donner au final. Ça aurait été trop effrayant de louer un grand espace industriel. Il nous fallait plutôt de petits locaux avec des services administratifs peu coûteux », se souvient le chef d’entreprise. Aujourd’hui, il loue deux espaces totalisant 6300 pi2.

Prêt pour l’envol

Outre certaines facilités offertes, c’est l’accompagnement proposé qui a convaincu François Simard. «J’ai eu accès à un mini conseil d’administration formé de trois personnes spécialisées pour répondre aux problématiques de mon domaine d’activité : un spécialiste en agriculture, un en commercialisation et un ex-dirigeant qui avait créé plusieurs entreprises.» Des experts auxquels il a pu soumettre ses problématiques et qui lui ont donné des conseils avisés durant trois ans.

Avec ses dix employés, Protec-Style prévoit sortir du CITIG l’automne prochain. François Simard ne redoute pas la transition et est même impatient : «Nous sommes en préproduction et nous avons des investissements à effectuer mais on attend pour cela d’être dans nos propres locaux», explique le chef d’entreprise.

Seul bémol pour François Simard : la croissance rapide de son entreprise s’est heurtée rapidement aux limites des locaux proposés. Le chef d’entreprise a même dû dépenser 60 000 $ pour les adapter à ses besoins d’accueil de personnel mais aussi d’accès à l’électricité pour ses machines.

Ce sont des dépenses incontournables car il n’avait pas le temps ni les moyens de déménager à ce moment-là mais elles sont à perte puisque les locaux ne lui appartiennent pas.

Maintenant qu’il est bien installé, François Simard serait bien resté au CITIG. «On devrait permettre aux entreprises installées de rester avec des baux à long terme. Le déménagement, ça prend de l’énergie alors qu’on a d’autres choses à faire et pendant les trois ans de présence, on hésite toujours avant de faire des aménagements sachant qu’on ne va pas rester sur place».

Toutefois, l’expérience reste positive pour François Simard, qui considère que les incubateurs sont «un bon catalyseur d’entreprise en incitant les gens à se lancer en affaires».

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