Des facilitateurs, pas des pourvoyeurs de fonds

Publié le 15/02/2015 à 15:25

Des facilitateurs, pas des pourvoyeurs de fonds

Publié le 15/02/2015 à 15:25

Maadi Group, une entreprise qui a conçu des ponts en kit qu’elle fabrique et vend aujourd’hui dans le monde entier, a pris son envol au Centech, l’incubateur de l’École de technologie supérieure (ETS), en 2005.


Outre un soutien pratique notamment grâce aux conseils professionnels, à l’accès aux laboratoires de l’école et à une place d’affaire à un prix modeste, l’incubateur a donné un autre coup de pouce financier à Maadi Group : une subvention de 10 000 $ versée en deux tranches.


«Je partais sans argent. Cette somme m’a aidé à m’incorporer », se souvient Alexandre de la Chevrotière dont l’entreprise connaît une forte croissance aujourd’hui. En contrepartie, le Centech avait pris 5 % du capital de l’entreprise que celle-ci a dû lui racheter il y a deux ans.


Le Centech fait partie des rares incubateurs qui offrent des aides financières. Conscient des difficultés de financement des entreprises en démarrage et notamment pour la phase de prototypage, il apporte un soutien financier principalement sous forme de bourses aux entreprises incubées.


Un choix que peu d’incubateurs font au Québec. En 2008, une étude* comparative des incubateurs technologiques au Québec et à l’étranger notait que «deux incubateurs québécois disposent de financement d’amorçage, en fonds propres ou non, pour leurs clients.


C’est peu considérant que plus de la moitié des incubateurs internationaux (analysés dans cette étude-NDLR) offrent ce type de financement». Une situation que regrette Josée Courville, présidente d’Innovomax Consultation puisque «trouver de l’argent pour une entreprise en démarrage est une problématique majeure ».


Des guides et des entremetteurs


Par conséquent, le rôle fondamental des incubateurs, c’est d’aider les jeunes entreprises à trouver du financement. «Le CEIM ne gère ni de fonds d’amorçage ni de programme de subventions ou de bourses. Il a cependant une connaissance approfondie de l’écosystème québécois de financement et joue au besoin un rôle-clé pour conseiller ses clients pour financer leurs projets », indique Serge Bourassa, président et chef des opérations du CEIM.


Le directeur du CQIB, qui a fait carrière dans le capital de risque et est le cofondateur d’Anges Québec, met à profit de ses protégés son large réseau dans le milieu. La Maison Notman, elle, va plus loin en accueillant dans ses locaux l’accélérateur Fonderfuel (qui fournit un capital compris entre 50 et 100 000 $ à ses entreprises), le fonds d’investissement Real Venture et en ayant un bureau occupé régulièrement par la Banque de développement du Canada (BDC).


Les incubateurs aident donc leurs entreprises à s’y retrouver dans les sources de financement disponibles et adaptées à leurs cas et font jouer leurs réseaux pour les mettre en contact avec les bons interlocuteurs. Les experts les guident pour la préparation de leur dossier que ce soit pour demander des subventions, des bourses ou frapper à la porte de fonds d’investissement.


Enfin, en ayant sélectionné leur projet, en leur offrant des locaux d’affaires dignes de ce nom et en les accompagnant dans la gestion rigoureuse de leur entreprise, les incubateurs apportent aux jeunes pousses une crédibilité qui s’avère un atout de taille devant les éventuels investisseurs.


Les accélérateurs comme Fonderfuel ou celui que souhaite créer prochainement l’ÉTS, eux, se dotent souvent d’un fonds d’amorçage. Mais ils sont réservés aux jeunes pousses les plus prometteuses seulement.

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