Un pont entre architecture et construction

Offert par Les Affaires

Publié le 14/03/2016 à 00:00

Un pont entre architecture et construction

Offert par Les Affaires

Publié le 14/03/2016 à 00:00

Maria Mingallon voulait devenir architecte. Mais comme elle excellait en mathématiques, ses professeurs du secondaire l'ont poussée à entreprendre des études en génie. Sa maîtrise en génie civil en poche, elle décide de suivre une maîtrise dans une école d'architecture londonienne : «Je pensais que je pourrais être une meilleure ingénieure si je comprenais mieux l'architecture», raconte cette native d'Espagne, arrivée au Québec en 2009.

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 Les ingénieurs et les architectes parlent rarement le même langage. En raison de sa double formation, Maria Mingallon s'emploie aujourd'hui à mettre son «bilinguisme» au service de la réconciliation de ces deux univers.

«Pour moi, les ingénieurs sont des artistes de la science. Léonard de Vinci était à la fois ingénieur et artiste, c'était normal à l'époque, explique-t-elle. C'est après la révolution industrielle que les ingénieurs ont été relégués à la production de calculs, et les architectes, au côté artistique. J'aimerais changer cette perception de machine à calculer qui est rattachée aux ingénieurs.»

Cette vision s'incarne dans la spécialisation qu'a choisie Maria Mingallon : la modélisation paramétrique. Encore peu pratiquée au Québec, cette méthode facilite la construction de projets complexes en permettant d'adapter rapidement des plans aux changements de paramètres qui surviennent en cours de projet.

«Par exemple, cela nous a permis de concevoir les fondations d'un bâtiment en 12 heures au lieu de 400, indique-t-elle. Ainsi, les ingénieurs ont plus de temps pour se consacrer à trouver des solutions à des problèmes plutôt qu'à faire des calculs.»

C'est notamment grâce à la paramétrisation que Maria Mingallon a travaillé à la conception du monument Le Canalier, au canal de Soulanges, ainsi qu'à un pavillon urbain multigénérationnel à l'Université McGill, au sein du projet CotemPLAY. Une université qu'elle connaît bien, puisqu'elle a été professeure invitée à l'École d'architecture de cette université de 2010 à 2013. Autre réalisation à son actif : le design numérique de passerelles piétonnières menant au centre aquatique utilisé lors des Jeux olympiques de Londres en 2012.

En plus d'être plus efficace, cette démarche permet de faire le pont entre l'industrie de la construction et les architectes, afin de mieux concrétiser les idées de ces derniers. Pour Maria Mingallon, il s'agit donc de construire des bâtiments plus beaux, moins chers et plus fonctionnels, mais aussi de repousser les limites en matière de conception et de construction d'immeubles.

Cette volonté de toujours innover répond aussi à l'objectif qui guide Maria Mingallon depuis qu'elle s'est lancée dans des études en génie : mieux construire pour transformer la vie des gens. «Cela m'anime de donner aux autres par mon travail et de savoir qu'une fois fini, un bâtiment facilitera la vie de ses utilisateurs», souligne celle qui a aussi collaboré à la construction de plusieurs ponts dans le cadre du parachèvement du tronçon ouest de l'autoroute 30 en Montérégie.

Maria Mingallon (33 ans)

Génie civil et des structures

Université de Castille-La Manche (Espagne)

Ce qu'elle rêve de changer : Secouer l'industrie pour stimuler l'émergence de nouvelles démarches. «Je déteste cette phrase : "Pourquoi changer, alors qu'on procède ainsi depuis 20 ans ?" Elle supprime toute possibilité de suggérer d'autres façons de faire.»

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