Huit questions à Alain Bédard, pdg de TransForce

Publié le 31/07/2014 à 16:30

Huit questions à Alain Bédard, pdg de TransForce

Publié le 31/07/2014 à 16:30

Par Dominique Beauchamp

Alain Bédard, président et chef de la direction de TransForce

Les analystes ont été nombreux à évoquer la possibilité que le transporteur TransForce essaime sa division de lots complets, après l’annonce de l’achat de sa rivale Contrans Group. Son pdg Alain Bédard nous explique son plan de match, après une tournée auprès d’investisseurs.

La décision d’essaimer vos activités de transport de lots complets par camion est-elle prise?

Alain Bédard - Nous sommes en réflexion avec nos conseillers, la Banque Royale et la Banque Nationale, et les membres du conseil. On devrait prendre une décision d’ici la fin de l’année et bouger en 2015, si on va de l’avant.

Quelle est la stratégie derrière cette décision?

A.B. – Maintenant qu’on a consolidé le transport de lots complets au Canada, TransForce est à la croisée des chemins. Après l’achat de Contrans, il n’y a plus rien de taille à acquérir au Canada. La croissance doit donc venir des États-Unis. Doit-on aller à la Bourse américaine nous-mêmes ou y envoyer une division? Les Américains préfèrent les transporteurs à vocation unique aux entreprises diversifiées comme nous. Pourquoi ne pas donner à la division son propre accès au capital et à moindre coût? De toute façon, après la crise de 2009, je ne voulais pas revivre une situation aussi difficile. Le transport de lots complets consomme trop de capital, car ça exige beaucoup d’investissements dans des actifs physiques.

Quel serait le meilleur scénario pour vous?

A.B. – Ce serait d’amener notre division de transport de lots complets (avec des revenus de 1,8 milliard) à la Bourse aux États-Unis, tout en restant actionnaire. Une fois Contrans acquise en octobre, on décidera qui de TransForce ou de la nouvelle entité fera les autres acquisitions de transporteurs de lots complets aux États-Unis pour mieux l’équilibrer. Actuellement, elle réalise seulement le tiers de ses affaires aux Etats-Unis. Le président de Contrans, Gregory Rumble, un comptable, dirigera cette division.

L’objectif de cet essaimage serait de vous revaloriser en Bourse?

A.B – L’objectif est toujours de donner un bon rendement à nos actionnaires. Le transport de lots complets et TransForce sont tous deux sous-évalués en Bourse.

Vous convoitiez Contrans depuis longtemps. Et l’entreprise était aussi à vendre depuis un moment. Quel a été l’élément déclencheur?

A.B – Comme plusieurs bâtisseurs de sa génération, le fondateur Stan Dunford voulait vendre. Il a fixé son prix avec ses conseillers et j’ai accepté. La beauté, c’est que ce n’est pas un cas de redressement. C’est très bien géré.

La gestion de déchets fait-elle aussi partie de futurs plans d’essaimage?

A.B.– Cette division est encore petite, mais rentable chez nous. Une fois la division de transport de lots complets bien établie, on élaborera des plans pour elle. Il faut vendre ou grandir et on préfère grandir.

Vos résultats du deuxième trimestre ont plu. Quelles sont vos perspectives?

A.B. – Au premier trimestre, les analystes ne croyaient pas à notre plan de rationalisation. Au deuxième, ils ont plus confiance. Aux troisième et quatrième trimestres, ce sera confirmé. Nous n’assumons aucun coup de pouce de l’économie, même si nous sentons une légère amélioration de la demande et des prix, aux États-Unis. Au Canada, le recul du huard devrait aider un peu les manufacturiers, nos clients. Le potentiel pour nos bénéfices d’ici 2-3 ans provient surtout de nos plans de redressement de la division du transport de lots brisés et de celle des colis et de courrier. Il faut être plus efficace, augmenter la densité des parcours de nos camions et réduire les coûts. Au deuxième trimestre, notre marge de profit avant intérêts et impôts (BAII) a été de 8,9 %. Nous visons 12 à 13 % à moyen terme.

Quel rôle jouera Alain Raquepas, votre tout nouveau chef de la direction financière?

A.B. – Je cumulais ces fonctions depuis août 2009 ans. C’est sûr que je vais lui confier divers mandats. D’ailleurs, toute l’équipe travaille déjà sur la stratégie d’essaimage. Avec son expérience de 20 ans aux finances de CAE, j’ai bien confiance. Pour la prochaine année, je dirais qu’il est à l’école avec moi pour se familiariser avec notre industrie et avec notre mode de fonctionnement et pour faire sa place aux côtés de cadres de longue date.

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