Chaussures Régence délocalise sa production

Publié le 06/10/2012 à 00:01, mis à jour le 04/10/2012 à 16:05

Chaussures Régence délocalise sa production

Publié le 06/10/2012 à 00:01, mis à jour le 04/10/2012 à 16:05

Il y a quelques années, les entrepreneurs n'aimaient pas parler de leurs stratégies de délocalisation. Plus maintenant. Surtout dans un secteur aussi concurrentiel que celui de la chaussure.

« Trouvez-moi une jeune femme de 18 ans désireuse de devenir couturière pour un fabricant de chaussures, et je vous tire mon chapeau », dit Christian Bergeron.

Le patron de Chaussures Régence, propriétaire des marques Acton et Blondo, passe à la vitesse supérieure de la délocalisation en annonçant la construction d'une usine au Cambodge.

Dans un an, lorsqu'elle sera opérationnelle, on y fabriquera la majorité des chaussures vendues par Régence en Amérique du Nord.

« Il n'existe plus, au Québec, de métiers spécialisés ni de manufacturiers actifs dans notre domaine, constate M. Bergeron. De la semelle à la doublure, il faut tout importer. »

Première expérience en Chine

C'est pourquoi la PME de Québec avait décidé, en 2005, de délocaliser sa production en recourant à une douzaine de sous-traitants, principalement dans le sud de la Chine.

Or, cette stratégie a un inconvénient. « Il est impossible de concentrer sa production chez un seul sous-traitant. Il faut en choisir plusieurs, car chacun d'entre eux a une quinzaine de clients, ayant leurs contraintes propres, ce qui exige parfois différentes machines », dit M. Bergeron.

L'entrepreneur a dû batailler ferme auprès des sous-traitants afin d'obtenir toute leur attention. « C'est un combat quotidien », dit-il.

Par conséquent, Chaussures Régence a ouvert son propre bureau à Guangzhou, la capitale du Guangdong. Le vice-président à la production, un Québécois d'origine, s'y est installé à demeure. « Il connaît la recette et il la transmet aux sous-traitants », précise M. Bergeron.

En outre, l'entreprise y dispose d'un laboratoire où sont testés ses produits, comme les semelles afin de vérifier leur étanchéité.

Performance accrue

Grâce à sa future usine cambodgienne, Chaussures Régence pourra bénéficier d'une plus grande uniformité des méthodes de travail et obtenir une production continue, sans interférence de la part d'autres donneurs d'ordres. « Nous aurons beau avoir l'usine la plus performante du monde, notre défi résidera toujours dans notre capacité à lire, avant nos concurrents, les tendances du marché », dit M. Bergeron.

Et c'est là qu'interviennent une partie des 90 employés du siège social de Québec, spécialisés en conception et design, en prototypage et en tests de produits auprès de la clientèle. « Notre objectif consiste à avoir un an et demi d'avance sur nos concurrents », ajoute M. Bergeron.

La responsable du design et les spécialistes en développement de produits de Régence sillonnent les foires commerciales d'Amérique du Nord et d'Europe. Mais ils doivent également être perspicaces. Car un an et demi après, d'autres usines asiatiques copieront leurs meilleurs produits.

LE DÉFI

RÉUSSIR LA DÉLOCALISATION DE LA PRODUCTION.

LA SOLUTION

OUVRIR UNE USINE AU CAMBODGE POUR NE PLUS AVOIR À RECOURIR À LA SOUS-TRAITANCE.

PROFIL

Nom : Chaussures Régence

Secteur d'activités : Design et distribution de chaussures

Année de fondation : 1979

Siège social : Québec

Nombre d'employés : 120

Chiffre d'affaires : 45 M$

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