Êtes-vous prêt pour un audit en mode blockchain ?

Publié le 01/04/2019 à 09:48

Depuis déjà plus d’un an que la firme comptable Raymond Chabot Grand Thornton a mis sur pied l’équipe de Catallaxy, une filiale consacrée exclusivement au développement et à l’évolution de la blockchain au Québec. Louis Roy, associé chez Raymond Chabot Grand Thornton et président de Catallaxy, ainsi que Luc Bégnoche, directeur des services chez Catallaxy ont accepté de répondre à quelques-unes de nos questions concernant l’éventuel impact de la blockchain lors des audits.

Événements Les Affaires : Comment la blockchain s’invite-t-elle dans l’univers des audits ?

Louis Roy : L’avènement des cryptomonnaies, bitcoin et autres, incite les firmes comptables à revoir leurs méthodes d’audits. Il faut désormais adapter les normes audits à cette nouvelle catégorie d’actif que les clients possèdent. Il faut donc acquérir les connaissances et développer les outils qui vont permettre d’effectuer les vérifications de ces actifs stockés de façon sécurisée dans des registres décentralisés, c’est-à-dire la blockchain.

ELA : Quels seront les principaux avantages de la blockchain au sein des audits ?

L.R. : D’abord, la rapidité des processus. Actuellement, chaque audit d’entreprise exige que nous validions les informations financières, comptables et fiscales qui impliquent des interventions avec plusieurs intervenants. En auditant des actifs enregistrés dans une blockchain, il n’y aura plus aucun tiers. Le jour où l’on pourra procéder à des audits en temps réel n’est d’ailleurs pas si loin. Éventuellement, nous allons pouvoir effectuer des audits dans des délais beaucoup plus rapides. Des audits qui pouvaient prendre des heures, voir des jours vont bientôt se dérouler en quelques clics.

ELA: Que voulez-vous dire ?

L.R. : Grâce à la blockchain, il sera possible qu’une société valide ses transactions au moment même lorsqu’elles se produisent. Ces audits en temps réel vont ainsi permettre aux entreprises de prévenir les risques de fraudes ou autres irrégularités. En fait, cette instantanéité se traduira par une économie de coût importante.

ELA : Quand est-ce que ça commence ?

L.R. : Ça s’en vient. D’ici un, deux, peut-être trois ans. Pour le moment, l’intérêt pour les cryptomonnaies et actifs digitaux demeure encore très marginal. N’empêche qu’il faudra être prêt lorsqu’il y aura plusieurs sociétés cotées en bourse qui disposeront, elles aussi, de cryptomonnaies ou autres actifs digitaux. Ce qui va nécessiter de nouvelles méthodes de travail, de nouveaux modèles d’évaluation de risques ainsi que des nouveaux outils spécialisés.

Luc Bégnoche : Sans être en soi de la blockchain, quelques secteurs d’entreprises utilisent déjà des processus et des systèmes informatiques pour s’assurer que l’information soit immuable dans le temps et traçable. Ces entreprises, notamment au sein des secteurs de l’aviation, le militaire, l’alimentation et le pharmaceutique, doivent déjà se soumettre à des audits d’agences fédérales qui s’assurent que les informations critiques à leur domaine n’ont pas été modifiées. Chez Raymond Chabot Grand Thornton, on s’inspire de ces méthodes pour auditer les détenteurs de cryptomonnaies.

 

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