Comment transformer un danger en occasion ?

Offert par Les Affaires


Édition du 30 Mai 2015

Comment transformer un danger en occasion ?

Offert par Les Affaires


Édition du 30 Mai 2015

Par Olivier Schmouker

VISION

S'informer sans cesse pour voir son écosystème autrement

Repérer un obstacle avant de buter dessus, c'est bien, mais malheureusement insuffisant : on n'a dès lors pas le temps requis pour en faire une occasion. «La clé, c'est d'anticiper. C'est de développer une sorte de sixième sens, qui permet de sentir le risque à plein nez lorsqu'il se présente à nous de façon plus ou moins déguisée», dit Catherine Girard-Lantagne, directrice, programmation, Arts de la rue, du Groupe Juste pour rire.

Pour ce faire, celle qui organise chaque année une centaine de spectacles différents dans les rues de Montréal à l'occasion du festival humoristique s'appuie sur deux vertus complémentaires : la curiosité et l'intelligence. «Il y a quatre ans, lorsque j'ai décroché ce poste, j'ai paniqué ! J'étais chargée du jour au lendemain d'être à la fine pointe des tendances en matière de spectacles de rue, pour amener ici ce qui se faisait de mieux sur la planète. Comment faire ? Pour être franche, je n'en avais aucune idée. Je me suis alors dit - avec raison - que le mieux était de m'ouvrir à tout. Absolument tout. Pour m'en imprégner à fond», raconte-t-elle.

Du coup, elle s'est mise à dévorer toutes sortes de magazines, sans a priori. À multiplier les sorties culturelles, tous genres confondus. Et à parler, parler, et encore parler avec des personnes issues des horizons les plus divers. «Un de mes trucs, c'est de demander aux jeunes stagiaires, l'air de rien, ce qu'ils pensent de telle ou telle chose. Leurs avis me sont hyperprécieux, car ils m'apportent toujours un éclairage plus juste sur ce qui fait l'objet de mes réflexions du moment.»

Ce n'est pas tout. Il lui fallait également apprendre à trier les informations glanées ici et là, pour distinguer les tendances de fond des modes passagères. «Ça, je l'ai acquis à mesure que j'avançais : d'une part, en affûtant mon jugement chaque fois que j'assistais à un spectacle ; d'autre part, en observant en douce comment fonctionnait mon boss, Gilbert Rozon», dit Catherine Girard-Lantagne.

Et d'ajouter : «J'ai fini par comprendre que toute tendance avait deux composantes : elle est à la fois déstabilisante et ubiquitaire. Déstabilisante, parce qu'elle remet en cause les codes établis : on peut imaginer, entre autres, un type qui ne jongle pas avec des objets, mais... les gobe ! Ubiquitaire, parce qu'elle émerge à plusieurs endroits en même temps : j'ai noté, par exemple, que de plus en plus d'artistes - Tilt, Filthy Luker, Cracking Art Group, etc. - occupent aujourd'hui l'espace urbain pour le transformer en oeuvre d'art, si bien que vous pouvez être sûrs que je vais déployer cette tendance au prochain festival».

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