Cellulose : le nouvel eldorado?

Offert par Les Affaires


Édition du 31 Mai 2014

Cellulose : le nouvel eldorado?

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Édition du 31 Mai 2014

On le sait, le papier va mal. Le nombre d'usines de pâtes et papiers au Québec a chuté de plus de 30 % de 2000 à 2012. Pas le choix, l'industrie doit produire autre chose que du papier journal. De la pâte de cellulose, peut-être ?

« La demande de produits à base de fibres comme la cellulose a crû d'environ 6 % annuellement depuis la dernière décennie. C'est le meilleur taux de croissance parmi les produits forestiers traditionnels », explique Yvon Pelletier, président et chef de la division pâte à dissoudre de Fortress Paper.

En 2013, la demande mondiale de cellulose s'élevait à 6,6 millions de tonnes, dont cinq millions de tonnes de cellulose

commodity, une pâte à viscose employée dans l'industrie textile. Le reste visait la cellulose « spéciale », utilisée dans des produits aussi divers que la peinture, les explosifs, les mortiers, les vernis, la crème glacée, la confiserie ou les crèmes pour le corps.

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Fortress : un quart de milliard d'investissement

Profitant d'un niveau de prix de la cellulose jamais vu dans l'industrie et d'excellentes perspectives de croissance, Fortress a décidé en 2011 d'investir plus de 250 millions de dollars dans la fabrication de cellulose commodity et dans une usine de cogénération, afin de réduire les coûts d'exploitation.

L'entreprise de Vancouver, qui a une usine à Thurso et un projet à Lebel-sur-Quévillion, prévoit une croissance annuelle minimale de 7 % pour les cinq prochaines années. Un marché prometteur, mais sur lequel plane tout de même une ombre : une taxe sur l'importation de 13 % imposée en novembre 2013 par la Chine, principal acheteur mondial des produits de la cellulose.

« Notre usine de Thurso devrait être rentable malgré la taxe, compte tenu de la dynamique actuelle du marché et grâce à un plan de diversification que nous déploierons à l'extérieur de la Chine », précise Yvon Pelletier. L'entreprise a tout de même dû suspendre la production pendant dix semaines cet hiver et négocier un répit auprès d'Investissement Québec. Depuis trois ans, son titre a fortement chuté en Bourse, passant de plus de 40dollars à moins de 4dollars.

Tembec : une niche à occuper

De son côté, Tembec a choisi d'investir dans la cellulose spéciale, un marché plus difficile à pénétrer, puisqu'il requiert un savoir-faire et une technologie plus pointus et des investissements de plus grande ampleur.

Le projet, qui dépasse les 400 millions de dollars, devrait être achevé en octobre 2014. « Nous voulions nous positionner dans des marchés de niche plus complexes sur le plan de la qualité de la production, mais qui offrent une valeur ajoutée à la tonne nettement supérieure et bénéficient d'une moins grande concurrence », soutient Christian Ribeyrolle, vice-président exécutif du Groupe de cellulose de spécialités chez Tembec.

En plus d'afficher des prix plus stables, le marché de la cellulose de spécialités est moins touché par la taxe imposée par la Chine sur les pâtes à transformation chimique. Actuellement, la taxe ne frappe que les pâtes de viscose, soit 10 % environ de la production de cellulose spéciale de l'usine de Tembec, à Témiscamingue.

Quelle stratégie s'avérera la plus lucrative pour percer ce nouveau créneau ? Investir moins et pénétrer rapidement un marché vaste, mais déjà fort convoité - la cellulose commodity -, ou miser gros pour rejoindre un marché plus restreint, mais à la valeur ajoutée supérieure - celui de la cellulose spéciale - ? Tant Tembec que Fortress espèrent avoir visé juste.

 

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