Une question de survie

Offert par Les Affaires


Édition du 25 Octobre 2014

Une question de survie

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Édition du 25 Octobre 2014

Éric Bergeron était convaincu du potentiel de la technologie, mais il lui fallait au moins deux ans de R-D pour en faire un produit... ce qui nécessitait plusieurs millions de dollars ! [Photo: Martin Flamand]

Le président d'Optosécurité, Éric Bergeron, s'est fait dire 240 fois non avant d'entendre un oui. Dix-huit mois de travail sans salaire, 70 heures par semaine, avant d'obtenir en 2005 un premier financement de 2 millions de dollars provenant à parts égales de la Banque de développement du Canada (BDC) et d'anges financiers de la région de Québec.

«Quand la première ronde de financement s'est concrétisée, j'étais à un mois de la faillite. En fait, ma banque m'a laissé un mois de plus parce que j'avais gagné une bourse de 3 000 dollars dans un concours d'entrepreneurs et que j'ai ainsi pu payer mon loyer. Je me tenais par les ongles au bord de la falaise», raconte Éric Bergeron, qui a épuisé toutes ses économies pour faire vivre sa famille avant de convaincre des investisseurs.

L'entrepreneur dit n'avoir trouvé personne d'aussi «fou» que lui pour l'accompagner sans salaire dans l'épreuve du démarrage. Mais il savait d'entrée de jeu qu'il devait trouver du capital de risque et diviser l'actionnariat de l'entreprise pour qu'elle survive et grandisse. «Entre une technologie et un produit, il y a un immense chemin à parcourir. C'est comme réussir à faire un PC à partir d'une puce Intel ; il y a un monde», dit celui dont la technologie, issue de l'Institut national d'optique, est devenue un logiciel de détection capable de repérer armes et liquides explosifs.

Long chemin vers la réussite

Ce premier produit, l'OptoScreener, semblait promis à un grand succès, alors que la sécurité devenait un enjeu prioritaire pour les aéroports dans un monde marqué par les attentats du 11 septembre 2001. Mais les aéroports n'ont finalement investi que dans les pays où ils ont été légalement obligés de le faire.

Le deuxième produit d'Optosécurité, l'eVelocity, en quelque sorte une version améliorée de l'OptoScreener, se révèle plus convaincant. Ce logiciel de contrôle de sûreté intégré a valu à la PME de Québec ses plus importants contrats. En juin 2014, l'équipementier britannique Smiths Detection a annoncé qu'il allait l'intégrer dans ses appareils de détection, et le mois suivant, l'aéroport de Bruxelles a fait savoir qu'il serait le premier aéroport dans le monde à utiliser l'eVelocity. Le logiciel permettra un contrôle à distance centralisé des bagages à main à partir des différents points de fouille. Autrement dit, plus besoin de nombreux employés pour examiner les bagages un à un ; les images radioscopiques des valises seront acheminées en temps réel à un centre de contrôle informatisé.

«Notre produit permet aux aéroports de gagner de la place, de réduire les délais d'attente et le nombre d'employés, tout en augmentant la sécurité et les revenus dans les boutiques hors taxes, où les passagers passent désormais plus de temps. On est les seuls au monde à faire ça», dit Éric Bergeron.

Smiths Detection possède 80 % du marché européen et 60 % du marché mondial. Grâce à la récente entente, Optosécurité dispose donc d'une force de vente et d'installation dans le monde entier.

«Nous comptons doubler nos ventes chaque année pendant les trois prochaines années, et ça fait déjà trois ans qu'on croît à ce rythme», affirme le président d'Optosécurité. Son chiffre d'affaires est confidentiel, mais l'entreprise de 45 employés (donc dans l'antichambre de notre classement) s'approche enfin de la rentabilité, dit-il.


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