Dans la tête des entrepreneurs

Publié le 18/10/2011 à 10:57, mis à jour le 19/10/2011 à 15:45

Dans la tête des entrepreneurs

Publié le 18/10/2011 à 10:57, mis à jour le 19/10/2011 à 15:45

Par Daniel Germain

Entrepreneurs, soyez fiers ! Nous sommes allés voir dans vos têtes. Et nous avons aimé ce que nous y avons trouvé : indépendance, désir de briser les conventions et de bâtir... pour conclure que les entreprises naissent de votre volonté de chambouler l'ordre établi.

On s'étonne, il reste encore des cônes orange entreposés dans la cour, à côté de dizaines de panneaux de signalisation de toutes sortes, pour la plupart abimés. Avec tous ceux qu'on voit sur les chantiers de construction de la région de Montréal, on croyait qu'il n'en restait plus un en stock. "Par rapport à la situation normale, la cour est vide", assure Rock Legault, président de Signotech, l'entreprise québécoise spécialisée dans la signalisation la plus active sur les chantiers de construction.

Un long été s'achève pour cette entreprise installée dans le parc industriel d'Anjou. Rock Legault, 46 ans, qui ressemble vaguement à Robert Redford, a l'air serein malgré une saison estivale d'enfer. "Ça roule, dit-il. Mais contrairement aux apparences, les travaux de réfection des routes ne sont pas ce qui nous occupe le plus en ce moment. Ce sont des chantiers de construction, comme celui la 30."

Quand on considère ce qui reste à faire au Québec pour remettre le réseau routier en état, il pourrait se contenter de ramasser les contrats et de planifier sa retraite. Mais il a mieux à faire. Cet ingénieur civil mène une croisade : il veut améliorer la sécurité des employés sur les zones de chantier, qui sont le théâtre de 300 à 400 accidents chaque année. Il talonne le ministère du Transport du Québec pour que celui-ci instaure des normes dans cette industrie, qu'il mette en place de la formation adéquate et un système de qualification pour les entreprises spécialisées. Il est allé jusqu'à faire alliance avec ses concurrents pour former l'Association en signalisation du Québec, dont il est le président.

"Il faut faire bouger les choses", dit-il.

C'est sous cette même impulsion qu'à la fin des années 1990, il a quitté son poste de directeur des opérations de Signotech pour en prendre la direction et sauver l'entreprise de la faillite. Quand il change la méthode de fabrication de panneaux routiers, une autre activité de la PME, ou qu'il bricole une machine pour la rendre plus performante, c'est encore et toujours pour "faire bouger les choses".

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