Mediagrif planche sur sa transformation

Offert par Les Affaires


Édition du 31 Mai 2014

Mediagrif planche sur sa transformation

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Édition du 31 Mai 2014

Claude Roy, pdg de Mediagrif [Photo: Guillaume Simoneau]

Cinq mille dollars pour ajouter de la mémoire dans les ordinateurs des employés. C'est la première décision qu'a prise Claude Roy lorsqu'il est devenu pdg de Mediagrif en décembre 2008.

« Les bureaux étaient sombres et encombrés, le matériel, vieillot. Mais surtout, il n'y avait pas de capitaine. Les employés étaient laissés à eux-mêmes. L'exploitation des plateformes, cloisonnée. Aucune synergie, aucun partage de ressources. »

Claude Roy, à l'origine de la réussite de la firme de logiciels de gestion pour hôpitaux Logibec, avait pour mandat de faire le ménage et d'améliorer la performance financière de Technologie Interactives Mediagrif. Il est en bonne voie de réussir. Son arrivée a dynamisé l'entreprise de sites transactionnels, qui a acquis entre 2010 et 2013 quatre nouvelles plateformes : le site de transfert électronique de documents de la chaîne d'approvisionnement InterTrade au coût de 8,1 millions de dollars, le site de petites annonces LesPAC.com pour 72,5 millions de dollars, ainsi que les sites de recrutement Jobboom et de rencontres Réseau Contact pour 65 millions de dollars. En cinq ans, l'action a bondi de 1,73 à 18dollars, et les revenus sont passés de 48 à 61,3 millions de dollars.

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Ses 18 premiers mois chez Mediagrif, l'homme d'affaires les a consacrés à jouer du ciseau. Il a centralisé des fonctions, fermé des bureaux, regroupé la gestion de certaines plateformes. Il a aussi revu les contrats des cadres. Certains sont partis, d'autres ont pris du galon. Des recrues ont été embauchées à des postes clés. Et le siège social a déménagé dans des locaux plus modernes et plus conviviaux, à deux pas du métro Longueuil.

Claude Roy, qui aime donner de la couleur à ses propos, compare cette période de changement à une expédition dans la forêt tropicale. « Vous entrez en terre inconnue. Pour avancer et surmonter les obstacles, il vous faut une garde rapprochée, des alliés. Impossible de le faire seul. Je me suis entouré de gens de confiance, d'une équipe de direction solide. Et c'est ensemble qu'on a changé la culture d'entreprise. »

La nouvelle direction a marqué des points auprès des troupes, notamment en rendant le régime d'achat d'actions accessible à tous, et plus seulement aux cadres. En même temps, elle a aboli les options d'achat d'actions. « C'était distribué aux cadres comme des bonbons, dit Claude Roy. Quand on achète des actions avec son argent, on est plus motivé à travailler à la réussite de l'entreprise. » L'accent a aussi été mis sur la communication. « Avant, personne ne savait rien. Maintenant, nos gens sont informés de ce que nous voulons faire et comment. »

Croissance interne recherchée

Cependant, si Claude Roy a relancé Mediagrif de belle façon, il n'a pas encore réussi à générer de croissance interne. Les nouveaux revenus proviennent essentiellement des acquisitions.

« Il y avait déjà très peu de croissance interne sous l'ancienne direction et cela perdure, même si Claude Roy a rentabilisé l'entreprise, remarque Philippe Le Blanc, président de la firme de gestion de portefeuille Cote 100. Mediagrif serait mieux évaluée s'il y en avait, mais j'ai confiance : sa stratégie, qui consiste à concentrer les investissements sur les divisions en croissance, portera ses fruits. »

L'entreprise de 390 employés axe en effet ses efforts de développement sur les plateformes qui augmentent leurs revenus d'année en année, dont les quatre sites achetés depuis trois ans. Entre autres changements, le site LesPAC a été revampé, et son moteur de recherche, amélioré. Et il est désormais possible de partager sur les médias sociaux les annonces qui y sont publiées. L'entreprise s'est également lancée dans les ventes croisées en ajoutant un lien vers son site de rencontres Réseau Contact. Même stratégie avec Jobboom. Les résultats sont prometteurs, selon Claude Roy, qui indique qu'une équipe se consacre maintenant au marketing croisé et à l'enrichissement du contenu des sites consommateurs. « L'augmentation du trafic, c'est une science. Avant, nous n'avions pas ces experts-là. »

Il reste toutefois convaincu que le bénéfice avant impôts, intérêts et amortissement (BAIIA) de 38 % de Mediagrif est un meilleur indice de sa bonne santé que son taux de croissance interne. Voilà pourquoi il n'a pas l'intention de se défaire des plateformes en perte de vitesse comme Market Velocity ou Broker Forum. « Leurs revenus diminuent parce que leurs marchés diminuent, explique-t-il. Par exemple, les composants électroniques sont moins recherchés, car on jette les produits au lieu de les réparer. Mais les plateformes sont encore très profitables. Pourquoi les vendre ? » Philippe Le Blanc approuve. « Tant qu'elles sont rentables, c'est une bonne chose de les garder et d'investir leurs profits dans les autres sites. »

À court terme, Claude Roy s'emploie également à retrouver les revenus perdus par son réseau MERX à la suite du non-renouvellement du contrat avec Travaux publics et services gouvernementaux Canada, qui a migré vers un système interne il y a un an. « Nous avons déjà regagné 27 % de la business. Les fournisseurs reviennent vers nous même s'ils doivent payer, car notre système est plus performant. De plus, nous avons signé avec de nouveaux donneurs d'ordres, comme Jones Lang Lasalle. »

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