Wall Street veut de la clarté en Europe

Publié le 07/11/2011 à 11:18, mis à jour le 07/11/2011 à 12:46

Wall Street veut de la clarté en Europe

Publié le 07/11/2011 à 11:18, mis à jour le 07/11/2011 à 12:46

Par AFP

La Bourse de New York évoluait en baisse lundi à la mi-journée, suspendue aux développements en Italie, pays qui focalise désormais toute l'attention dans le dossier de la crise européenne de la dette: le Dow Jones lâchait 0,38% et le Nasdaq 0,86%.

Vers 12H, le Dow Jones Industrial Average cédait 46,01 points à 11.937,23 points et le Nasdaq, à dominante technologique, 23,13 points à 2.663,02 points.

L'indice élargi Standard & Poor's 500 se repliait de 0,53% (6,67 points) à 1.246,56 points.

Les trois indices avaient ouvert en légère baisse avant de rapidement repasser dans le vert, pour ensuite repartir en territoire négatif.

"Les projecteurs se sont détournés de la Grèce pour l'Italie dans le dossier du fiasco budgétaire européen", a résumé Karee Venema, analyste chez Schaeffer Investment Research.

"En particulier, a-t-elle noté, les rumeurs d'une démission du chef du gouvernement Silvio Berlusconi, avant le vote sur le budget de mardi, vont bon train".

La Grèce semblant en voie de former un gouvernement d'union nationale chargé de mettre en oeuvre le plan européen anti-crise, l'attention des marchés s'est déplacée vers l'Italie, la troisième économie de la zone euro, qui voit les taux de ses obligations s'envoler à des niveaux historiques.

Les députés italiens doivent se prononcer mardi sur les finances publiques du pays au cours d'un vote qui servira surtout à mesurer le capital de confiance dont dispose M. Berlusconi, de plus en plus poussé vers la sortie.

Le Cavaliere a toutefois strictement démenti les rumeurs sur sa démission, les qualifiant de "dénuées de fondement".

La saga européenne, et "l'hystérie" qu'elle engendre, continuent "d'empêcher les marchés de voir que l'économie américaine s'est raisonnablement bien tenue au troisième trimestre", et surtout que "les résultats trimestriels des groupes (américains) ont été solides", a souligné Patrick O'Hare, du site d'analyse financière Briefing.com

Menacée par l'agence Moody's de perdre sa note "triple A", la France a annoncé lundi un nouveau plan de rigueur de 7 milliards d'euros dès 2012 et de 17,4 milliards sur la période 2012-2016. Son Premier ministre François Fillon a justifié cette mesure par l'urgence d'éviter "la faillite" de la deuxième économie de la zone euro.

Ceci, ajouté aux développements en Grèce et à un éventuel départ de M. Berlusconi, "donne le sentiment (aux investisseurs) qu'on se rapproche d'une diminution du facteur de crainte, ce qui permettrait au marché de se concentrer sur l'économie américaine où les statistiques s'améliorent", a souligné Peter Cardillo, chef économiste chez Rockwell Global Capital.

Aux Etats-Unis, aucun indicateur n'était au programme de la journée et l'actualité économique était particulièrement calme.

Le groupe de services financiers Jefferies avançait de 0,75% à 12,16 dollars. Après avoir brusquement plongé jeudi en raison de la supposée exposition de la société à la dette européenne, la société a réduit lundi de 50% ses positions sur le marché obligataire des pays européens en difficulté (Portugal, Italie, Irlande, Grèce et Espagne). Dans un communiqué, Jefferies a souligné n'avoir connu "aucune perte ou profit" lundi, lors de cette opération.

Le secteur financier était globalement en repli. Bank of America abandonnait 1,85% à 6,7 dollars, Citigroup 0,96% à 30,05 dollars, Morgan Stanley 1,79% à 16,42 dollars et Goldman Sachs 0,66% à 104,35 dollars.

Le distributeur américain de produits électroniques Best Buy reculait de 2,86% à 26,53 dollars après avoir annoncé le rachat, pour 1,34 milliard de dollars, de la part du britannique Carphone dans leur coentreprise de distribution de téléphones portables aux Etats-Unis et au Canada, Best Buy Mobile.

Barnes & Noble gagnait 1,03 à 11,73 dollars. Le libraire américain a présenté une nouvelle tablette multimédias, la Nook Tablet, déclinaison de sa liseuse Nook, qui à l'instar du Kindle Fire présenté par Amazon (-0,72% à 214,92 dollars) en septembre permet de visionner des films et de surfer sur internet.

Le studio de jeux vidéo Electronic Arts lâchait 3,10% à 24,42 dollars et l'éditeur de logiciels Adobe reculait de 1,37% à 29,38 dollars.

Le marché obligataire était en hausse. Le rendement du bon du Trésor à 10 ans reculait à 1,989% contre 2,050% vendredi soir, et celui à 30 ans à 3,050% contre 3,104%.

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