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Wall Street conclut en hausse avant la Fed

lesaffaires.com, AFP et Presse canadienne|Mis à jour le 16 avril 2024

Wall Street conclut en hausse avant la Fed

(Photo: Getty Images)

REVUE DES MARCHÉS. La Bourse de New York a conclu en hausse mardi, à la veille d’une décision monétaire de la Fed, tandis que les tumultes bancaires se sont calmés, laissant place à un rebond des titres de banques régionales.

La Bourse de Toronto a clôturé en hausse de plus de 100 points ayant notamment été soutenue par la vigueur des secteurs de l’énergie et de la finance.


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Les indices boursiers à la fermeture

À Toronto, le S&P/TSX a haussé de 135,49 points (+0,69%) à 19 654,92 points.

À New York, le S&P 500 a gagné 51,30 points (+1,30%) à 4 002,87 points.

Le Nasdaq a progressé de 184,57 points (+1,58%) à 11 860,11 points.

Le DOW a récolté 316,02 points (+0,98%) à 32 560,60 points.

Le huard a lâché 0,0025$ US (-0,3435%) à 0,7292$ US.

Le pétrole a terminé en hausse de 1,86$ US (+2,75%) à 69,50$ US.

L’or a clôturé en baisse de 38,80$ US (-1,96%) à 1 944,00$ US.

Le bitcoin a avancé de 226,59$ US (+0,81%) à 28 148,44$ US.

 

Le contexte

Pour Art Hogan, de B. Riley Wealth Management, la séance a été marquée par une forte aversion pour le risque, « car on ne sait pas ce qui pourrait se passer durant le week-end » sur le front des banques.
Première victime de ce climat, la banque régionale américaine First Republic, considérée comme le prochain maillon faible de la crise bancaire, qui a plongé de 33,00%, après avoir rebondi de près de 10% la veille.
L’annonce, jeudi, de l’injection de 30 milliards de dollars de dépôts par un groupe de onze grandes banques américaines dans les caisses de cet établissement californien n’aura assuré à son cours de Bourse qu’un soutien de courte durée.
En une semaine, First Republic a effacé 80% de sa capitalisation boursière.
S’il a été le plus maltraité vendredi, FRC, son symbole boursier, a été accompagné dans la tourmente par d’autres banques régionales, notamment une autre californienne, PacWest (-18,95%), ainsi que Western Alliance (-15,47%), dont le siège est à Phoenix (Arizona), ou l’établissement texan Comerica (-8,44%).
Si leur dérapage a été moins spectaculaire, les géants du secteur ont aussi subi un net repli. Membres éminents du Dow Jones, Goldman Sachs (-3,67%) et JPMorgan Chase (-3,78) ont contribué à plomber l’indice phare de Wall Street.
« La volatilité qu’on a vue cette semaine a été remarquable », a commenté Christopher Low, de FHN Financial. « Et quand vous avez une telle volatilité, cela pousse les algorithmes à vendre. Ce n’est donc pas surprenant qu’on voit les gens retirer quelques jetons de la table avant le week-end. »
Pour ne rien arranger, vendredi était une journée dite des « quatre sorcières », qui correspond à l’arrivée à échéance de plusieurs milliers de milliards de dollars de produits dérivés basés sur des indices boursiers ou des actions individuelles.
Cette échéance renforce souvent la volatilité de Wall Street lors de la séance considérée.
Autre indicateur de l’anxiété des opérateurs et de leur appétit pour les actifs jugés sûrs, les prix des bons du Trésor américains sont montés en flèche, ce qui a fait baisser leurs taux, les deux évoluant en sens opposé.
Le rendement des emprunts d’État américains à 10 ans tombait à 3,43%, contre 3,57% la veille.
Pour autant, contre toute attente, le bitcoin caracolait (+7,34%), bien qu’il soit théoriquement considéré comme un actif à risque. Il a tiré dans son sillage les valeurs liées au secteur des cryptomonnaies, telles le spécialiste du « minage » Riot Platforms (+14,89%) ou la plateforme d’échanges Coinbase (+10,62%).
Le Nasdaq s’en est mieux tiré que le Dow Jones, grâce à quelques mégacapitalisations, comme Alphabet (+1,38%) et Microsoft (+1,17%), toujours soutenues par les annonces des deux groupes sur l’intégration de l’intelligence artificielle à leurs produits.
Le constructeur chinois de véhicules électriques Xpeng a bondi (+6,12%), malgré la publication d’une perte trimestrielle plus importante que prévu et d’un chiffre d’affaires inférieur aux attentes. Le groupe s’est néanmoins dit confiant dans le redémarrage de sa croissance.
Son concurrent Tesla a reculé (-2,17%), de même que d’autres constructeurs de véhicules électriques comme Rivian (-3,34%) ou Lucid (-1,17%).
FedEx a paradé (+7,97%), après avoir relevé ses prévisions pour l’ensemble de l’année, malgré une déception sur son chiffre d’affaires du troisième trimestre de son exercice décalé (de juin à mai). Le groupe s’attend à avoir réduit ses effectifs de 25 000 postes sur un an d’ici à fin mai.
                
                

Les investisseurs ont semblé encouragés par les propos de la secrétaire au Trésor Janet Yellen devant l’Association des banquiers américains (ABA).

«La situation se stabilise. Et le système bancaire américain reste solide», a dit la ministre de l’Économie et des Finances de Joe Biden. «Des actions similaires» aux prêts accordés rapidement aux banques après la déconfiture de Silicon Valley Bank et Signature Bank «pourraient être justifiées si les petites institutions subissent des ruées sur les retraits qui présentent un risque de contagion», a-t-elle indiqué.

«Les autorités américaines étudient les moyens d’étendre temporairement la couverture par la FDIC (le régulateur bancaire) des dépôts au-delà du plafond actuel de 250 000 dollars», a affirmé Art Hogan de B. Riley Wealth Management.

Pour Steve Sosnick, stratégiste en chef chez Interactive Brokers, «les problèmes bancaires sont passés à l’arrière-plan»: «il est peut-être un peu tôt pour dire qu’on est complètement sorti du bois, mais on n’a pas entendu parler de nouveaux problèmes sur une banque cette semaine et c’est une bonne nouvelle pour le marché».

Le secteur bancaire (+2,47%), avec celui de l’énergie, a mené la hausse du marché.

La banque américaine First Republic (FRC), encore laminée à Wall Street lundi malgré les bouées de sauvetage lancées par les autorités et des établissements concurrents, s’est envolée de presque 30% à 15,78$ US après avoir lâché 47% la veille.

Parmi d’autres établissements régionaux, Fifth Third (FITB) a gagné 4,50% à 27,39$ US, Western Alliance Bancorporation 14,96% à 33,58$ US et PacWest Bancorp 18,77% à 12,21$ US.

Les investisseurs ont eu surtout les yeux tournés vers la Banque centrale américaine (Fed) qui termine une réunion mercredi avec, pour commenter sa décision monétaire, une conférence de presse de son président Jerome Powell et de nouvelles prévisions économiques et projections d’évolution des taux.

«On n’y voit pas très clair pour ce qui est de la Fed bien que le consensus penche pour une hausse des taux de 25 points de base», ce qui devrait les mener entre 4,75% et 5%, a indiqué Steve Sosnick.

Les turbulences bancaires en partie causées par le relèvement drastique des taux depuis un an vont en effet peser dans les discussions du Comité monétaire.

La clé sera «dans la conférence de presse, où le président va assurer qu’il n’y pas vraiment de crise bancaire», a ajouté l’analyste.

Les tableaux de projection de l’évolution des taux seront aussi observés de près, alors que le marché anticipe désormais des baisses de taux dès l’été.

Dans un autre registre, le titre de Tesla (TSLA) a bondi de 7,82% à 197,58$ US, alors que le groupe d’Elon Musk a été gratifié d’une meilleure note sur sa dette par Moody’s.

Une nouvelle réduction des coûts avec la suppression de 9 000 nouveaux emplois chez Amazon (AMZN) était bien reçue par les investisseurs, l’action a grimpé de 2,97% à 100,61$ US.

L’action très volatile du groupe de distribution de jeux vidéo GameStop s’envolait après la fermeture (GME, +31%), après l’annonce de bénéfices au-dessus des prévisions au quatrième trimestre contre une perte un an avant.