Mieux comprendre le marché des options


Édition du 30 Janvier 2016

Mieux comprendre le marché des options


Édition du 30 Janvier 2016

Par Stéphane Rolland

[Photo : Shutterstock]

Pas besoin d'être un as de la finance pour investir dans les options. Il y en a pour tous les styles. De l'épargnant prudent qui veut réduire son risque à l'audacieux spéculateur, chacun peut y trouver son compte. Démystification de la mécanique et présentation des stratégies les plus populaires.

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Après plus de 30 ans de carrière dans le monde des options, Martin Noël, président de Corporation financière Monétis, constate que les préjugés à l'égard des options ont la « couenne dure ». Les excès de la crise financière de 2008 ont renforcé l'image du courtier qui recourt à des formules complexes pour parier sur tout et son contraire dans l'espoir d'empocher des gains mirobolants. « Souvent, j'entends que les options, c'est compliqué, que c'est risqué, raconte le gestionnaire d'un portefeuille d'options qui donne aussi des formations aux particuliers. Ce n'est pas si compliqué que ça. Mais ça peut le devenir. Certaines stratégies sont risquées ; d'autres ne le sont pas tant que ça. »

Pour illustrer la simplicité des options, Jean Masson, directeur général chez Gestion de Placements TD, les compare aux coupons-rabais des épiciers. « C'est comme le coupon où il est écrit que vous pouvez acheter la livre de beurre de telle marque à tel prix avant telle date. Les options, c'est pareil. »

En fait, une option procure à son détenteur le droit d'acheter (option d'achat) ou de vendre (option de vente) un titre précis à un prix déterminé. Les options qui ne peuvent être exercées qu'à l'échéance sont de style européen (aucun lien avec la provenance géographique). C'est le cas de la plupart des options sur un indice. Les options américaines, quant à elles, peuvent être exercées à n'importe quel moment d'ici à l'échéance. C'est le cas de la grande majorité des options sur actions ou fonds négociés en Bourse (FNB).

L'investisseur qui achète l'option aura la possibilité d'acheter ou de vendre le titre sous-jacent à un prix déterminé. L'acheteur d'une option parie que, d'ici à l'échéance, le prix d'exercice de l'option deviendra plus avantageux que le cours du marché. Par exemple, l'action de la Banque Nationale (Tor., NA) s'échangeait à 36 $ au moment d'écrire ces lignes. L'acheteur d'une option d'achat à un prix d'exercice de 44 $ à échéance le 19 février croit ainsi que le titre montera au-delà de ce prix. En échange du revenu tiré de la vente de l'option, le vendeur, pour sa part, devra en respecter les termes, si elle est exercée. Dans l'exemple précédent, il devra livrer l'action de la banque montréalaise à un prix de 44 $. Que l'option soit exercée ou non, il conserve toujours la prime qu'il a reçue.

Il est possible de revendre l'option avant l'échéance. Toujours dans le cas du titre de la Banque Nationale, la valeur de l'option s'appréciera si le prix de l'action dépasse les 44 $. Plutôt que de l'exercer, son acheteur pourrait choisir de revendre l'option sur le marché. Il générera un gain en capital sur la transaction.

Deux composantes déterminent le cours d'une option : la valeur intrinsèque et la valeur temps. La valeur intrinsèque correspond à la différence entre le cours du marché et le prix d'exercice. La valeur temps, quant à elle, est la prime qu'on paie pour l'incertitude quant à ce que l'avenir nous réserve. « Plus l'échéance est lointaine, plus la valeur sera élevée, précise M. Masson. De même, plus un titre est volatil, plus la valeur temps sera élevée. Toute chose étant égale par ailleurs, une option de Valeant (Tor., VRX) coûterait plus cher qu'une option sur les bons du Trésor. »

Pour illustrer ce propos, supposons que la société ABC soit cotée en Bourse à un prix de 40 $. L'option d'achat qui donne le droit d'acquérir le titre à un prix de 35 $ d'ici le 15 juin vaudrait 7 $. Dans cet exemple, la valeur intrinsèque de l'option serait de 5 $, soit le gain que vous feriez en exerçant le contrat dès maintenant. Les 2 $ restants représentent la valeur temps.

Un gain en capital

Pour ce qui est de la fiscalité, les rendements des options sur actions seront généralement considérés comme du gain en capital (imposé à la moitié de votre taux marginal d'imposition), explique Stéphane Leblanc, associé chez EY. Les revenus tirés de la vente d'options seront également considérés comme un gain en capital, et non pas comme un revenu, poursuit le fiscaliste. Cette règle ne s'applique pas aux professionnels ou aux investisseurs très actifs, dont les rendements pourraient être considérés comme un revenu. Le traitement fiscal des options sur d'autres, sous-jacents, pourrait être considéré comme un revenu, selon le cas.

Les principaux courtiers à escompte offrent la possibilité d'acheter des options ou d'en vendre. Cette accessibilité ne veut pas dire que tout un chacun devrait ajouter ces produits à son portefeuille. Avant de chercher les occasions, demandez-vous si vous comprenez bien

les sous-jacents (les actions, pour la plupart des investisseurs autonomes), plaide M. Noël. « Vous devez avoir une stratégie gagnante avec les actions pour que cela fonctionne. Si vous n'avez pas eu du succès à la Bourse, vous ne serez pas capable de réussir. »

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