Guerre commerciale: les marchés européens sous pression

Publié le 09/08/2019 à 14:28

Guerre commerciale: les marchés européens sous pression

Publié le 09/08/2019 à 14:28

Par AFP

Donald Trump (Photo: Getty Images)

Les marchés européens prévoient une nouvelle semaine volatile et fragile, après avoir été malmenés ces derniers jours par les soubresauts dans le différend commercial entre les États-Unis et la Chine.

La semaine avait déjà mal commencé, les marchés étant encore sous le choc d’un tweet de Donald Trump annonçant une nouvelle taxe couvrant à compter de septembre la quasi-totalité des importations américaines en provenance de Chine.

Par mesure de rétorsion, Pékin a fait savoir qu’il n’achèterait pas de produits agricoles américains et a laissé filer sa monnaie, une manière d’amortir les coûts de l’augmentation des droits de douane. La devise a ainsi franchi lundi le seuil symbolique des 7 yuans pour un dollar, son niveau le plus bas depuis 11 ans.

Dans la foulée, l’administration américaine a accusé la Chine de manipuler sa monnaie pour soutenir ses exportations et le président Trump a remis la pression sur la Réserve fédérale américaine (Fed) pour qu’elle réduise encore ses taux afin de soutenir l’économie américaine.

Cette surenchère a aussitôt généré sur le marché « des craintes que la guerre commerciale ne dégénère et glisse vers la guerre des devises », explique à l’AFP Mathieu L’Hoir, gérant multiactif chez Axa IM.

Les péripéties d’août 2015 sont encore dans les mémoires : le décrochage du yuan sur intervention des autorités chinoises avait alors déclenché une correction sur les marchés mondiaux et des sorties massives de capitaux de Chine… incitant finalement sa Banque centrale à puiser dans ses réserves de changes pour stabiliser le yuan.

Depuis mercredi cependant, les marchés se sont plutôt bien ressaisis, car la Banque centrale chinoise a eu « une approche visant à l’apaisement » en faisant en sorte de stabiliser le yuan, estime M. L’Hoir.

Mais, prévient-il, « la situation reste extrêmement instable, même si elle est plus calme sur le front des devises. On va être assez rapidement fixé sur la capacité des autorités monétaires chinoises à contrôler les capitaux ».

Jeudi, une information non confirmée selon laquelle l’Allemagne, première économie de la zone euro, pourrait mettre en place une relance budgétaire pour lutter contre le réchauffement climatique a également insufflé une autre bouffée d’air aux marchés.

La possible fin de la politique de rigueur budgétaire menée en Allemagne depuis la crise de 2008, « n’est plus un sujet tabou. On sent qu’il y a des portes qui s’ouvrent », observe M. L’Hoir.

Une relance budgétaire « dans l’un des rares pays qui a des marges de manœuvre en ce sens est extrêmement bien vu par les marchés », selon M. L’Hoir. Car « le seul levier qui pourrait véritablement relancer la croissance et potentiellement l’inflation, c’est la politique fiscale ».

Maintien de la volatilité

Néanmoins, le sursaut boursier a été tempéré en fin de semaine par l’effondrement de la coalition gouvernementale en Italie et par des propos de Donald Trump évoquant la possibilité d’annuler les négociations prévues en septembre.

« D’un point de vue rationnel, les deux parties n’ont pas intérêt à ce que ça finisse en catastrophe », tempère Jean-Jacques Friedman, directeur des investissements Vega IM, interrogé par l’AFP.

M. Trump a certes assuré vendredi qu’il ne dévaluerait pas le dollar, mais a de nouveau insisté pour que la Fed baisse ses taux d’intérêt pour rendre le dollar moins attractif et favoriser les exportations.

Dans ce contexte, « la volatilité est amenée à rester, d’autant que la liquidité sur les marchés au mois d’août est faible », prévoit M. L’Hoir.

« Le mois d’août est donc clairement un mois à risque pour les marchés », abonde Alexandre Baradez, responsable Analyses Marchés chez IG France.

Ainsi, la crise politique en cours en Italie, troisième économie de la zone euro, sera suivie de près ces prochains jours, mais sans pour autant éclipser le risque commercial sino-américain, dossier qui monopolise l’attention depuis des mois.

Alors que la saison des résultats d’entreprises touche à sa fin, la macroéconomie prend maintenant le relais : les investisseurs guetteront en priorité la publication mercredi du Produit intérieur brut allemand pour le deuxième trimestre et les ventes au détail aux États-Unis pour juillet, susceptibles de montrer si la consommation résiste.

Le marché londonien regardera de près les chiffres du chômage pour juin et ceux de l’inflation pour juillet, soucieux désormais de savoir si l’activité va pouvoir redresser la barre avant la date du Brexit, fixée au 31 octobre, les investisseurs redoutant une sortie sans accord.

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