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Bourse: Wall Street termine en hausse malgré tout

lesaffaires.com, AFP et Presse canadienne|Mis à jour le 16 avril 2024

Bourse: Wall Street termine en hausse malgré tout

(Photo: 123RF)

REVUE DES MARCHÉS. La Bourse de New York a terminé en hausse lundi, inversant la tendance après un début dans le rouge et surmontant, le temps d’une séance, les inquiétudes quant à une possible escalade au Moyen-Orient.

 Les Bourses mondiales ont pour leur part affiché des replis lundi, préoccupées par la hausse des prix du pétrole.

La Bourse de Toronto était fermée aujourd’hui.

  Pour (re)consulter les nouvelles du marché

 

Les indices boursiers à la fermeture

À New York, le S&P 500 a pris 27,16 points (+0,63%) à 4335,66 points.

Le Nasdaq a augmenté de 52,90 points (+0,39%) à 13 484,24 points.

Le DOW a pris 197,07 points (+0,59%) à 33 604,65 points.

Le pétrole a augmenté de 3,59$US (+4,34%) à 86,38$US.

L’or a monté de 19,10$US (+1,04%) à 1864,30$US.

Le bitcoin a baissé de 410,00$US (+1,46%) à 27 735,00$US.

 

Contexte

La séance avait démarré dans le rouge, les investisseurs se préoccupant des conséquences possibles de l’offensive du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël.

Mais les indices ne se sont finalement effrités que modérément.

« Beaucoup de gens s’attendaient à ce que les choses se déroulent plus mal que cela n’a été le cas », a commenté Patrick O’Hare, de Briefing.com.

Constatant que la place new-yorkaise se tenait mieux que prévu, de nombreux opérateurs qui avaient parié sur une chute ont alors cherché à se couvrir, en se mettant à l’achat, selon l’analyste.

Par ailleurs, si le marché obligataire était fermé, pour cause de jour férié aux États-Unis (Columbus Day), les contrats à terme sur les bons du Trésor américains faisaient, eux, l’objet d’une cotation.

Ces derniers ont repris de la hauteur, « ce qui laisse penser que les taux vont baisser » à la réouverture du marché obligataire, « une perspective favorable aux actions », a souligné Patrick O’Hare. Les prix des obligations évoluent ainsi en sens opposé de leurs taux.

Malgré cette séance positive, Wall Street reste fragile. « Nous avons un risque géopolitique majeur devant nous et personne ne sait comment les choses vont évoluer dans les jours et les semaines à venir », prévient l’analyste.

« Historiquement, les chocs militaires tendent à n’avoir qu’une influence limitée sur les marchés », explique Sam Stovall, de CFRA.

Après une inflexion, ils se reprennent généralement au bout de deux ou trois mois, selon l’analyste, qui indique néanmoins que la guerre du Kippour en 1973 et la première invasion de l’Irak en 1990 ont eu des répercussions à plus long terme.

Les gagnants de la journée ont été les grands acteurs du secteur de l’armement et de la défense, soutenus par le regain de tension au Moyen-Orient, notamment Lockheed Martin (+8,93%), Northrop Grumman (+11,43%), General Dynamics (+8,43%) et RTX (ex-Raytheon, +4,62%).

À l’inverse, les croisiéristes ont souffert de la dégradation des perspectives du tourisme mondial liée à la guerre, tels Carnival (-4,30%) et Royal Caribeean (-2,92%).

L’onde de choc a aussi frappé les compagnies aériennes, qui ont suspendu, ce week-end, leurs liaisons entre les États-Unis et Israël. American Airlines (-4,08%), United Airlines (-4,88%) et Delta Air Lines (-4,65%) évoluaient tous dans le rouge.

Beaucoup de valeurs israéliennes cotées à New York ont encaissé les développements du week-end, parmi elles le spécialiste des médicaments génériques Teva (-6,37%), le fabricant de circuits intégrés Tower Semiconductor (-6,61%) ou l’éditeur de logiciels professionnels NICE (-3,69%).

Dopées par le rebond des cours de l’or noir, les pétrolières étaient recherchées, à l’image d’ExxonMobil (+3,50%), Chevron (+2,77%) ou ConocoPhillips (+5,63%). Les minières ont aussi eu le vent en poupe, à l’image de The Mosaic Company (+6,80%).

Disney a accéléré (+2,12%) après que Trian, la société de l’investisseur activiste Nelson Peltz, a renforcé sa position au capital du géant du divertissement, contrôlant désormais plus de 30 millions de titres. Selon le Wall Street Journal, M. Peltz s’apprêterait à demander la nomination d’administrateurs au conseil de Disney, avec l’intention de réorienter la stratégie du groupe.

 

Depuis le début de l’attaque du Hamas samedi, plus de 700 Israéliens ont été tués et 2 150 blessés, selon l’armée. Côté palestinien, 560 personnes ont été tuées et 2900 blessées, selon les autorités locales.
« L’attaque-surprise du Hamas a alimenté les craintes d’un regain d’instabilité au Moyen-Orient, qui pourrait à son tour perturber les flux de pétrole à un moment où le marché est déjà extrêmement tendu et où les prix sont élevés », commente Craig Erlam, analyste d’Oanda.
Vers 16 h 5 GMT, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre gagnait 4,23% à 88,18 dollars et le baril de WTI américain, avec échéance en novembre, 4,42% à 86,45 dollars.
« La réaction des marchés est vraiment mesurée », nuance Nicolas Budin, responsable de la gestion actions en Europe de Myria AM. Pour lui, l’impact sur les prix du pétrole est aussi mesuré car la baisse de la semaine dernière n’était « pas tout à fait justifiée » et a donc « été effacée ».
Ce rebond des prix vient alimenter les craintes que l’inflation reparte à la hausse, ce qui aurait des conséquences pour l’économie mondiale, à commencer par un possible maintien des taux d’intérêt à des niveaux élevés.
« Les risques non seulement conjoncturels, mais aussi géopolitiques devraient rester un facteur d’incertitude dans les prochains jours », commente Timo Emden, de Emden Research.
Du côté des devises, le dollar, valeur refuge, gagnait 0,43% par rapport à l’euro, à 1,054 1 dollar pour un euro. Le shekel, la monnaie israélienne, reculait de 2,57% face au dollar, à 3,95 shekels pour un dollar.
Sur le marché obligataire, les taux d’intérêt des dettes souveraines européennes reculaient, celui de l’emprunt de l’État allemand à 10 ans s’établissait à 2,77% contre 2,88% à la clôture de vendredi. Le marché obligataire américaine était pour sa part fermé.
Le bitcoin reculait de 1,70% à 27 450 dollars, les cryptomonnaies étant sensibles « au contexte géopolitique », selon les analystes de Riches Flores Research.
Pétrole et défense en hausse
Les valeurs du secteur de la défense et les pétrolières étaient recherchées lundi, dans le sillage de la guerre entre Israël et le Hamas.
A Paris, Thales a gagné 4,69% et Dassault Aviation 4,38%. Leonardo a pris 4,79% à Milan, le constructeur allemand de chars et véhicules blindés Rheinmetall a avancé de 7,14% à Francfort, BAE Systems a gagné 4,53% à Londres. A New York, Lockheed Martin grimpait de 7,95%.
Du côté des valeurs pétrolières, Shell a pris 2,61% et BP 2,91% à Londres. TotalEnergies a avancé de 1,74% à Paris, Eni de 2,27% à Milan, ExxonMobil montait de 3,51% et Chevron de 3,01% à New York.
Le tourisme frappé
Les groupes liés à l’industrie du tourisme souffraient du conflit, en premier lieu les compagnies aériennes, qui ont suspendu, ce week-end, leurs liaisons vers Israël. American Airlines (-5,45%), United Airlines (-5,91%) et Delta Air Lines (-5,51%) reculaient à New York.
A Paris, Air France-KLM a perdu 8,48%, Lufhtansa 4,28% à Francfort, IAG 6,14% à Londres.
Par extension, le croisiériste Carnival (-5,84%), le voyagiste TUI (-5,92%), l’hôtelier Accor (-2,87%) étaient aussi à la peine.

 

 

 

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