Bourse: le dilemme de l'investisseur

Publié le 04/10/2011 à 06:04, mis à jour le 04/10/2011 à 06:47

Bourse: le dilemme de l'investisseur

Publié le 04/10/2011 à 06:04, mis à jour le 04/10/2011 à 06:47

Par Stéphane Rolland

Photo : Bloomberg

En plein cœur de la turbulence boursière, les analystes ressortent une foule de statistiques afin d’anticiper si les marchés reprendront de l’altitude ou s’écraseront. Pessimistes et optimistes n’interprètent pas leur tableau de bord de la même façon.

À la fin du troisième trimestre, le S&P 500, qui comprend les 500 plus grandes capitalisations boursières américaines, était plus abordable que durant la majorité des récessions, selon une compilation effectuée par l’agence de presse Bloomberg. L’indice vedette s’échange à 10,2 fois les profits anticipés de 2012. En comparaison, le S&P 500 s’échangeait à 13,7 fois les profits anticipés durant la moyenne des récessions survenues depuis 1957.

Oui et après, répondront les pessimistes, qui croient que les analystes n’ont pas assez ajusté leurs prévisions à la mesure du choc à venir. Les optimistes, quant à eux, pensent que les marchés ont tellement piqué du nez qu’ils restent abordables, malgré les mauvaises nouvelles anticipées.

Dans une note publiée vendredi, Pierre Lapointe, stratégiste de Brockhouse Cooper, note qu’il n’y a eu que 342 mises en garde sur les résultats diffusés par les sociétés américaines durant les trois derniers mois, un des nombres les moins élevés depuis 10 ans. «Si les pdg doutaient de l’atteinte des prévisions, ils auraient déjà prévenu le marché», peut-on lire dans la note.

Historiquement, lorsque les mises en garde sont aussi peu nombreuses, près de 70% des sociétés dépassent les attentes des analystes, ajoute M. Lapointe.

«Nous nous dirigeons dans une récession à double creux alors qu’elle est l’importance de voir les résultats résister au troisième trimestre, répond Rob Arnott, pdg de Research Affiliates LLC à Newport Beach, à ceux qui misent sur la saison des résultats.»

Volatilité

Autre source de cacophonie, le VIX, qui calcule la volatilité des marchés américains, a dépassé les 40 points lundi. L’agence Bloomberg indique que le VIX a dépassé ce niveau 166 fois depuis le début de l’année 1990. L’agence a regroupé les jours de volatilité par période. Sa conclusion : en moyenne, le S&P 500 s’apprécie de 3% dans les trois mois suivants une période de haute volatilité et de 19% durant l’année qui la suite.

Encore une fois, tous n’y voient pas que du rose. «Ce calcul ne prend pas en compte toutes les pertes qu’un investisseur pourrait subir avant le rebond, commente Doug Ramsey, analyste de Leuthold Group à Minneapolis, dans le texte de l’agence.»

Les investisseurs devraient prendre toutes ses données avec prudence, croit Jean-René Ouellet, analyste financier de Valeurs mobilières Desjardins. En jetant un œil sur le passé, on peut dire que les mouvements du marché étaient prévisibles, mais, dans le feu de l’action, c’est une autre histoire.

«Le marché a rebondi à parti de mars 2009, rappelle l’analyste dans une entrevue accordée lundi pour la revue des marchés de LesAffaires.com. C’est facile de dire que c’était le moment pour entrée dans le marché, mais à l’époque les craintes étaient à leur apogée.»

Au-delà des comparaisons historiques, l’investisseur doit s’en tenir à son plan de match, conseille M. Ouellet. «Il ne faut pas jouer au héros. Trop d’investisseurs ne connaissent pas leurs objectifs et ne savent pas pourquoi ils investissent. Lorsque les marchés fluctuent, c’est l’occasion de rééquilibrer son portefeuille. Les caisses de retraite connaissent un meilleur rendement que les investisseurs individuels, car elles s’en tiennent à leur plan de match.»

 

 

 

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