Bourse: Wall Street termine dans le rouge

Publié le 04/11/2016 à 10:11, mis à jour le 04/11/2016 à 17:36

Bourse: Wall Street termine dans le rouge

Publié le 04/11/2016 à 10:11, mis à jour le 04/11/2016 à 17:36

Par lesaffaires.com

Prévisible attentisme de la Réserve fédérale (Fed), chiffres corrects sur l'emploi... A Wall Street, tout est passé au second plan en attendant les élections du 8 novembre. Toronto n'a pas échappé à cette tendance à la baisse.

Voici l’état de la situation à la fermeture :

À Toronto, le S&P/TSX a effacé 74 points, ou 0,51%, à 14 509 points;

Le dollar canadien se déprécie de 0,08% à 74,52 cents américains;

À New York, le S&P 500 a perdu 7 points, ou 0,17%, à 2085 points;

Le Dow Jones a reculé de 42 points, ou 0,24%, à 17888 points;

Le Nasdaq  a lâché 12 points, ou 0,24%, à 5046 points;

Le pétrole WTI se déprécie de 1,23 % à 44,11 $US.

L’or grimpe de 0,06% à 1304 $US.

Premier déclin de 9 séances en 36 ans

Le S&P 500 recule depuis neuf séances, du jamais vu en 36 ans, rapporte S&P Dow Jones. Un tel ressac n’est survenu que 14 fois depuis 1928.

Le record à cet égard remonte aux 12 séances baissières de suite, en avril 1966.

Cette série noire frappe l’imagination, mais elle cause peu de dommages: la perte de 3% est modeste par rapport à celle de 9,4%, connue en décembre 1980.

«Le déclin est loin d’être extrême. Il reflète l’incertitude ambiante. La Bourse a perdu autant (3%) en une seule séance à 298 reprises, depuis 1928 et j’ai vécu 80 d’entre elles», évoque Howard Silverblatt, analyste principal des indices, chez S&P Global Dow Jones.

Si le S&P 500 recule encore lundi, la veille du scrutin, il rejoindra le dernier épisode de dix déclins consécutifs survenu juillet 1975, pendant lequel il avait perdu 7,8%.

Lsez aussi le blogue Élections américaines: plus de peur que de mal pour l'instant

"La Bourse a baissé cette semaine, car la campagne présidentielle se resserre", a résumé Hugh Johnson, de Hugh Johnson Advisors. "Et la semaine prochaine, tout va dépendre du jour de l'élection !"

La majorité des analystes ne font guère mystère de leur préférence pour une victoire d'Hillary Clinton mardi prochain, en raison de la supposée stabilité qu'elle représente face à un Donald Trump souvent jugé imprévisible. Mais la candidate démocrate a pâti dans la dernière ligne droite de la réouverture de l'enquête du FBI sur l'utilisation d'un serveur privé quand elle était chef de la diplomatie américaine.

"Les investisseurs craignent manifestement qu'il y ait une grosse surprise mardi", a reconnu M. Johnson.

Toutefois, si les sondages se sont nettement resserrés entre Mme Clinton et son adversaire républicain, les principaux marchés prédictifs - parfois présentés comme plus parlants que les enquêtes d'opinions car ils fonctionnent sur la base de paris sur les événements à venir et supposent donc un plus grand investissement - donnent encore la démocrate largement favorite à 66%.

Par ailleurs, une large victoire de Mme Clinton pourrait s'accompagner d'une nette avancée des démocrates au Congrès à l'issue des élections législatives organisées en même temps, ce que Wall Street ne voit pas d'un aussi bon oeil.

"Les investisseurs veulent dans l'ensemble que Mme Clinton gagne pour la continuité qu'elle représente... Mais ils veulent que la Chambre des représentants reste contrôlée par les républicains pour que le programme fiscal de Mme Clinton ne soit pas mis en oeuvre", a avancé M. Johnson.

L'intégralité de la chambre basse va être renouvelée, ainsi qu'un tiers du Sénat, et une victoire des démocrates ouvrirait la porte à une concrétisation d'un discours qui s'est durci sur de nombreux points, notamment sur la réglementation du secteur pharmaceutique.

"Comme les démocrates se sont assez radicalisés à gauche, la crainte des investisseurs, c'est que l'on arrive à un parti beaucoup plus +anti-business+ que précédemment", a expliqué Gregori Volokhine, de Meeschaert Financial Services. "Il y a un climat de peur des réglementations."

Il remarquait à ce titre que les dernières annonces de fusions et acquisitions majeures, entre AT&T et Time Warner dans les communications ou média ainsi qu'entre Baker Hughes et une partie de General Electric dans les services pétroliers, suscitaient la méfiance après le blocage de plusieurs opérations cette année par les autorités de la concurrence.

Néanmoins, "s'il y avait de l'inquiétude, je ne vois pas pourquoi la Bourse ne baisserait que de 1,5%, ce qui n'est pas significatif", a-t-il nuancé "On ne va pas vendre des actions de JPMorgan ou Coca Cola alors qu'il n'y a aucune raison de le faire... Mais on essaie de se protéger contre des mouvements rapides et épidermiques."

Plutôt qu'une véritable vague de peur, M. Volokhine préférait donc évoquer une tendance générale à prendre des précautions et il mettait en avant une flambée des paris sur l'instabilité à venir des indices cette semaine, comme en a témoigné un bond de l'indice Vix de la volatilité.

Quoi qu'il en soit, "le plus important la semaine prochaine, ce sera bien l'élection", a enchaîné Tom Cahill, de Ventura Wealth Management, remarquant que les derniers jours n'avaient pourtant pas été vides d'actualité économique.

"Ce vendredi, les chiffres sur l'emploi étaient plutôt bons" avec des créations d'emplois soutenues en octobre, "et on dirait que la Fed compte bien relever ses taux en décembre", après s'être abstenue de le faire mercredi comme cela était largement attendu, a-t-il énuméré.

"Mais bien sûr, tout peut être remis en cause par ce qui va se passer la semaine prochaine", a-t-il conclu.

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