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Bourse: ce qui bouge sur les marchés avant l’ouverture vendredi

lesaffaires.com, AFP et Presse canadienne|Mis à jour le 16 avril 2024

Bourse: ce qui bouge sur les marchés avant l’ouverture vendredi

(Photo: Getty Images)

REVUES DES MARCHÉS. Les marchés financiers tanguent fortement lundi, rongés par les risques de contagion dans le secteur bancaire mondial après des faillites aux États-Unis ces derniers jours.

Les places européennes ont subi de fortes turbulences dans la matinée, ayant presque toutes perdu à un moment plus de 3%. Elles réduisaient un peu leurs pertes: Paris ne reculait plus que de 2,28%, Francfort de 2,45% et Londres de 1,96%. Milan s’enfonçait encore de 3,78%.

Les indices boursiers à 07h40

Paris plongeait de 2,6 %, Francfort de 2,7 % et Londres de 2,3 % en début de séance en Europe.

À New York, avant l’ouverture des marchés, la moyenne Dow Jones des valeurs industrielles glissait de 1,1 % et l’indice élargi S&P 500 de 1,4 %.

En Asie, le Nikkei 225 a perdu 1,1 % à Tokyo. La bourse de Shanghai a bondi de 1,2 % et le Hang Seng de 2 % à Hong Kong. Sydney a cédé 0,5 % et Séoul a pris 0,7 %.

À la Bourse des matières premières de New York, le cours du pétrole perdait 13 cents US à 76,55 $ US le baril.

Le contexte

Après deux séances de forte baisse, Wall Street semble se diriger vers une ouverture mitigée lundi selon les contrats à terme, qui laissent présager des variations entre -0,2% et +0,6%.

Le marché de la dette connaissait aussi une séance agitée avec une très forte baisse des rendements des États, perçus comme des placements refuges en cas de crise.

Malgré les tentatives des autorités américaines pour éviter la contagion de la faillite de trois banques américaines, les investisseurs demeurent fébriles et les cours volatils.

« On avait oublié à quel point le système bancaire repose sur la confiance », confie à l’AFP Lionel Melka, associé de Swann Capital.

La confiance dans les banques régionales américaines semble brisée après trois faillites ces derniers jours, dont celle de la Silicon Valley Bank. « Seules les grandes banques paraissent sûres », poursuit-il.

La banque californienne First Republic (FRC), qui a lâché 30% en deux séances, se dirigeait vers une chute de 60% à l’ouverture lundi, la Western Alliance de près de 50%. 

Parmi les mesures annoncées dimanche, les autorités américaines vont notamment garantir le retrait de l’intégralité des dépôts de la banque en faillite Silicon Valley Bank (SVB).

La Réserve fédérale américaine (Fed) s’est également engagée à prêter les fonds nécessaires à d’autres banques pour honorer les demandes de retraits.

« Ce n’est pas un sauvetage fédéral, mais cela apporte des garanties », explique Alexandre Baradez, analyste d’IG. 

Pour Gilles Gibout, d’Axa IM, l’épisode « mets en lumière l’impact moins direct de la hausse des taux d’intérêt sur les banques, en particulier lorsque les dettes à taux variable entrent en conflit avec des actifs à taux fixe » très bas depuis des années.

Nouvelle séance rouge vif pour les banques

Au supplice vendredi, les banques européennes chutaient de nouveau lundi, avec un mouvement encore plus marqué pour les banques perçues comme moins solides: Crédit Suisse (CSGN) dévissait de 9,98% et a touché un nouveau point bas historique tandis que l’Allemande Commerzbank (CBK) plongeait de 10,56%, la Française Société Générale (GLE) de 5,88% et l’Italienne Unicredit (UCG) de 7,75% .

HSBC, qui perdait 3,59%, a annoncé lundi matin racheter la branche britannique de Silicon Valley Bank pour une livre, ce qui permet aux clients d’« accéder à leurs dépôts et leurs services bancaires normalement ».

Nouvelle donne pour la Fed ?

Cette crise dans le secteur bancaire « change la donne sur les attentes de la Fed », souligne Ipek Ozkardeskaya, de Swissquote Bank.

Les hausses brutales des taux d’intérêt depuis un an afin de lutter contre l’inflation ont participé à fragiliser les banques et à ralentir l’activité économique.

Les derniers évènements pourraient convaincre les banquiers centraux américains de ralentir la cadence lors de leur prochaine réunion les 21 et 22 mars. 

Les taux souverains chutaient sur le marché obligataire lundi. Le taux d’intérêt pour l’emprunt à 10 ans américain était de 3,54%, contre 3,70% vendredi à la clôture, tandis que le taux allemand à même échéance se négociait à 2,26% contre 2,50% vendredi à la clôture.

Le dollar reculait face aux autres monnaies: l’euro reprenait 0,18% à 1,066 2 dollars et la livre 0,27% à 1,206 2 dollars vers 11 h 35 GMT.

Le bitcoin rebondissait de 2,85% à 22 100 dollars, effaçant les pertes qui avaient suivi l’annonce des difficultés de SVB.