« Inefficace, le marché offre plein d'anomalies à exploiter »


Édition du 12 Mai 2018

« Inefficace, le marché offre plein d'anomalies à exploiter »


Édition du 12 Mai 2018

Par Les Affaires

Craig Basinger, cogestionnaire, Fonds d’occasions liées aux comportements Redwood

DOMINIQUE BEAUCHAMP - Pourquoi avoir ajouté un fonds négocié en Bourse qui mise sur les partis pris des investisseurs à vos fonds traditionnels ?

CRAIG BASINGER - La croyance populaire veut que le marché soit efficace pour refléter la valeur de l'information la plus récente. Il n'en est rien. À l'origine, nous cherchions à profiter des partis pris des investisseurs afin de dépister des occasions pour nos propres fonds communs. Au fil du temps, nos recherches ont dégagé sept stratégies pouvant exploiter le comportement irrationnel des investisseurs. Nous y avons vu un moyen d'offrir un produit distinct, le fonds négocié en Bourse Fonds d'occasions liées aux comportements Redwood (BHAV, 19,85 $). Il vise à battre le S&P 500 et le S&P/TSX en déjouant le marché, en quelque sorte.

D.B. - Le fonds emploie plusieurs tactiques très actives, dont la vente à découvert et les options sur les obligations afin de diversifier le risque. Deux d'entre elles dominent actuellement. Lesquelles ?

C.B. - En période de divulgation de résultats financiers, la réaction exagérée que ceux-ci peuvent provoquer offre une foule de possibilités parce que l'extrapolation des résultats les plus récents reste une habitude tenace. Le 25 avril, par exemple, General Dynamics (GD, 194,95 $ US) a perdu 6 % à l'ouverture après avoir dévoilé un recul de sa marge d'exploitation. Ce fabricant de sous-marins et des avions Gulfstream présente un long historique de qualité et ce n'est pas un trimestre un peu tiède qui changera la valeur à long terme de ses flux de trésorerie. À l'inverse, une société malmenée peut bondir avec des résultats surprenants, mais les gains sont généralement de courte durée. Ce fut le cas récemment avec le diffuseur Corus (CJR.B, 6,19 $). Nos filtres nous alertent des plus fortes fluctuations des titres, mais le jugement que pose le gestionnaire en fonction du contexte déclenche la transaction. Nous nous imposons aussi des cours cibles tant à la hausse qu'à la baisse afin ne pas vendre nos placements gagnants trop vite, ni garder nos perdants trop longtemps.

D.B. - Auriez-vous un autre exemple récent de cette stratégie ?

C.B. - Après une hausse de 75 % en six mois, le 7 mars, Dollar Tree (DTLR, 93,95 $ US) a perdu 14 % à l'ouverture a parce que les résultats ont raté le consensus des analystes par seulement 3 cents US. Le titre a retrouvé sa moyenne mobile de 200 jours et nous l'avons acheté autour de 88,50 $ US. Nous détenons encore le titre du détaillant qui n'a pas encore franchi notre première cible de 100 $ US.

D.B. - Quelle est la deuxième tactique la plus active du fonds ?

C.B. - Nous aimons miser sur les entreprises de qualité en défaveur au moment où elles gagnent de nouveaux partisans. Cette tactique vise à exploiter la mentalité de troupeau qui dirige les investisseurs vers les titres les plus recommandés. Un titre qui verrait la proportion de recommandations d'achat passer de moins de 30 % à plus de 30 % de l'ensemble des analystes attire l'attention de notre système. Nous achetons alors le titre en imposant des cibles préétablies. Puisque les analystes se suivent les uns les autres, il est aussi possible qu'une nouvelle recommandation d'achat en déclenche d'autres. Nous suivons la tendance jusqu'à ce que nos cibles soient atteintes. Nous avons récemment fait l'achat de Thomson Reuters (TRI, 50,65 $), un titre négligé depuis longtemps, sur cette base. Le 24 avril, la proportion des recommandations d'achat est passée de 29,4 % à 35 %. Au début de mars, nous avions fait le même type de transaction avec Exxon Mobil (XOM, 77 $ US), boudé depuis 2016. L'action a regagné 5 % depuis.

D.B. - Quelle autre stratégie employez-vous pour tirer avantage du retour à la moyenne ?

C.B. - Nous tentons d'exploiter le biais indiciel en achetant les titres éjectés des indices et en vendant à découvert ceux qui y entrent parce que ces changements reposent généralement sur la performance passée et non à venir. Puisque les titres battus ont souvent tendance à rebondir et que les titres populaires ont tendance à perdre de leur élan, ça nous offre des occasions.

D.B. - Quelle est la tactique liée à l'essaimage de filiales ?

C.B. - Quand une entreprise se divorce d'une division ou d'une filiale en distribuant ses actions aux actionnaires, il arrive fréquemment que les actionnaires de la première entreprise ne veuillent pas de la deuxième. La nouvelle venue n'a pas de valeur à leurs yeux parce qu'elle leur a été « donnée » en quelque sorte, ce qui élimine la charge émotive de vendre. Parfois, l'entreprise essaimée n'offre pas les caractéristiques de la première, ou elle est trop nichée ou tout simplement trop petite. Il arrive que nous achetions des actions de la société essaimée, pendant que son titre connaît de forts volumes de vente. C'est ce qui est arrivé lorsque l'allemande Cogint a essaimé Red Violet (RDVT, 6,43 $ US), le 27 mars.

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