Le titre idéal : 10 qualités à rechercher


Édition du 13 Janvier 2018

Le titre idéal : 10 qualités à rechercher


Édition du 13 Janvier 2018

Par Philippe Leblanc

Copart, fondée en 1982, est le leader mondial dans la vente aux enchères en ligne de véhicules très endommagés. Sur notre photo, la société commanditait une course de la série Nascar.

En analysant les plus récents résultats trimestriels de la société américaine Copart, le constat m'est venu : cette société possède la plupart des attributs que nous recherchons dans un investissement à long terme.

D'abord, les présentations d'usage. Copart a été fondée en 1982 en Californie. Aujourd'hui localisée à Dallas, au Texas, la société est le leader mondial dans la vente aux enchères en ligne de véhicules très endommagés, ce qu'on appelle communément des pertes totales. La société vend principalement ces véhicules pour le compte de sociétés d'assurance à des entreprises de recyclage de pièces automobiles, à des revendeurs et à des réparateurs partout dans le monde. Elle exploite aujourd'hui un réseau de plus de 200 emplacements répartis dans 11 pays. Elle offre près de 125 000 véhicules dans ses encans chaque jour.

Nous avons recommandé le titre dans la Lettre financière COTE 100 en octobre 2013 alors qu'il valait 16,34 $, ajusté pour un fractionnement subséquent. Il en vaut aujourd'hui près de 44 $. Depuis sa venue en Bourse en 1994, la valeur du titre a été multipliée par près de 68 ! Il s'agit d'un rendement annuel composé d'un peu plus de 20 % sur une période de 23 ans.

Voici, selon moi, quelques-unes des qualités qui ont fait le succès de Copart et de son titre au cours des quelque 23 dernières années :

1. Un marché en croissance.
Le parc automobile ne cesse d'augmenter. De plus, la complexité sans cesse croissante des autos fait qu'il devient de plus en plus coûteux de les réparer après un accident. En outre, l'âge moyen des autos aux États-Unis atteint maintenant près de 11,5 ans et ce sont les voitures les plus âgées qui sont les plus susceptibles de devenir des «pertes totales».

2. Une croissance organique vigoureuse.
Selon la direction, la croissance organique moyenne des revenus de la société entre 2005 et 2015 a été de 6,8 %. La société n'a subi qu'une seule année de décroissance organique, en 2009 (- 0,7 %).

3. Des avantages concurrentiels indéniables.
Copart devrait accroître sa domination au fil des ans. Le fait de posséder le plus grand réseau de cours d'entreposage de véhicules accidentés des États-Unis est un avantage concurrentiel indéniable. En effet, un des coûts les plus importants liés à ses activités concerne le transport de ces véhicules pour les entreposer avant de les revendre. En outre, il est plus facile pour les sociétés d'assurance de traiter avec un seul fournisseur d'envergure nationale tel que Copart. Par ailleurs, la taille de la société lui permet d'offrir plus de véhicules que quiconque et d'attirer le plus grand nombre d'acheteurs de partout dans le monde. Enfin, au fil des ans, Copart a acquis près de 150 terrains aux États-Unis pour en faire des cours d'entreposage, bien souvent à proximité de grands centres urbains. Ces qualités créent des barrières à l'entrée considérables pour toute entreprise qui tenterait de pénétrer le marché de Copart.

4. Des dirigeants qui pensent comme des propriétaires.
Chacun des administrateurs indépendants du conseil d'administration possède un nombre important d'options d'achat d'actions de la société, soit entre 200 000 et 720 000 actions au 30 juillet 2017. Au cours des trois derniers exercices, son président, Jayson Adair, a opté pour un salaire annuel symbolique de 1 $ sans aucune prime. Toute sa rémunération consiste en des options d'achat d'actions de la société exerçables sur cinq ans. Il en possédait 2,6 millions au 31 juillet 2017. Collectivement, les dirigeants et les administrateurs possèdent près de 38,1 millions d'actions, soit 16,4 % de la société. Au cours récent du titre, ces actions valent près de 1,6 milliard de dollars américains.

5. Des dirigeants et des administrateurs qui pensent à long terme.
Les dirigeants de la société ont une vision à long terme. Le meilleur exemple est la décision qu'ils ont prise il y a de nombreuses années, et réitérée au fil des ans, de se positionner dans plusieurs pays étrangers. Pendant des années, ces activités ont été déficitaires, mais elles sont aujourd'hui rentables et contribuent à plus de 17 % des revenus de l'entreprise.

6. De bonnes décisions quant à l'allocation de son capital.
La société a réalisé plusieurs acquisitions au cours des années, dont deux en 2017. Elle a toutefois aussi racheté régulièrement ses propres actions lorsque leur évaluation semblait raisonnable. Le dernier rachat d'importance remonte à 2016 alors qu'elle avait racheté 11,2 millions de ses propres actions. Depuis 2010, son nombre d'actions en circulation a été réduit de plus de 30 %.

7. Un rendement du capital élevé.
Au cours des 10 derniers exercices, nous calculons que le rendement de l'avoir moyen de la société a été de 20,0 %, et ce, sans avoir eu recours à un endettement élevé.

8. Des activités peu cycliques.
Au cours des 12 derniers exercices, Copart n'a connu que deux années de bénéfices par action en légère baisse : - 7 % en 2009 et - 3 % en 2013.

9. La capacité de dégager des flux de trésorerie libres substantiels.
Nous calculons que ces derniers se sont élevés à un total de 667,5 M $ au cours des trois derniers exercices, dont 320,6 M $ en 2017.

10. Un bilan solide.
Au 31 octobre, la dette nette de la société se chiffrait à 359,6 M $, ce qui représente seulement 0,64 fois ses profits d'exploitation des 12 derniers mois.

Il ne s'agit pas de recommander l'achat. De fait, il est difficile de prétendre que le titre n'est pas cher alors qu'il s'échange présentement à près de 28,0 fois les bénéfices par action que nous prévoyons au prochain exercice (juillet 2018). Copart démontre cependant, à mon avis, qu'il y a bel et bien des entreprises qui créent beaucoup de valeur pour leurs actionnaires, même si elles exercent leurs activités dans des secteurs plutôt méconnus et loin des projecteurs.

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