Une récession en «W» est toujours possible

Publié le 28/01/2010 à 09:01

Une récession en «W» est toujours possible

Publié le 28/01/2010 à 09:01

La reprise de l'emploi est une condition essentielle à la reprise économique. Photo : Bloomberg

La situation sur le marché de l'emploi doit s'améliorer en Europe et aux États-Unis si on souhaite éviter le scénario catastrophe d'une récession en W (« double dip»).

C'est l'opinion de deux spécialistes des placements, François Bourdon, vice-président et gestionnaire de portefeuilles principal, et Peter Lindley, vice-président, chef des investissements et des produits de revenu fixe chez State Street. Ils étaient réunis hier dans le cadre d'un dîner-conférence donné par l'Association CFA Montréal sur les perspectives 2010 du marché financier.

PLUS : Obama : la priorité de 2010 sera l'emploi

« Nous plaçons à 25% les chances d'une récession en W, admet d'emblée François Bourdon. Les États-Unis et l'Europe représentent près du quart de la consommation mondiale. Si l'économie et l'emploi s'améliorent dans ces deux régions, c'est certain que tout ira mieux. »

Dans le cas où l'emploi ne s'améliorerait pas, il craint que la reprise économique, qui dépendrait alors beaucoup trop des programmes de stimulation gouvernementaux, ne tienne pas le coup et qu'elle reprenne sa chute : « Toutefois, nous croyons que nous avons trois chances sur quatre de ne pas avoir à faire face à un tel scénario. »

Il envisage plutôt une reprise modeste où les programmes de stimulation fiscaux ainsi que les politiques monétaires commenceraient à avoir un effet durable au courant des douze à dix-huit prochains mois.

Peter Lindley compare l'état actuel de l'économie à celui d'un fêtard qui se réveille et qui ressent les effets d'un lendemain de veille particulièrement arrosé : « On est très mal en point, on se demande ce qui s'est passé et il ne reste plus que des factures de carte de crédit dans notre portefeuille. »

Il s'attend quand même à voir une bonne croissance économique durant la première partie de 2010. On devrait ensuite revenir à des niveaux de progression plus modestes, que ce soit en matière de performance économique ou sur les marchés boursiers, durant les derniers mois de l'année courante et en 2011.

« Je crois que le risque d'une récession en W est plus important que celui de l'inflation dont on parle beaucoup actuellement, explique-t-il. Il faut garder en tête que les gouvernements n'ont plus d'outils pour combattre un autre ralentissement, puisque les taux d'intérêt sont déjà au plancher. Il ne leur reste pas beaucoup d'armes contre une déflation potentielle.»

« Au contraire, si l'inflation se pointe le nez, nous avons les moyens de la combattre en haussant les taux directeurs », ajoute-t-il.

En somme, le Canada est en bonne position pour faire face à 2010 et 2011. Le pays doit sa bonne santé relative, dans les circonstances, au fait qu'il est entré dans la récession en bonne forme économique tout en réussissant à ne pas trop s'endetter durant la crise, le tout grâce à un secteur bancaire très stable.

« Nous faisons mieux que beaucoup de pays développés, souligne Peter Lindley. Durant la récession, le pays a aussi profité du fait que son économie était assez diversifiée, ce qui lui a permis de tirer des revenus de plusieurs sources différentes. »

François Bourdon voit aussi d'un bon œil la diversification de l'économie canadienne qui permet notamment de profiter de la croissance asiatique. Seul risque à l'horizon, l'état de santé de l'économie américaine : « Si les États-Unis toussent, nous allons être malades. C'est donc une question américaine avant tout. »


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