Un nuage s'amène au-dessus des géants de l'Internet, mais...


Édition du 10 Décembre 2016

Un nuage s'amène au-dessus des géants de l'Internet, mais...


Édition du 10 Décembre 2016

Par Stéphane Rolland

[Photo : Shutterstock]

Le soleil continuera de se lever sur Silicon Valley, même si elle a perdu ses élections. Les géants du Web ont décliné à la Bourse après la victoire de Donald Trump, mais leurs perspectives restent bonnes, selon les experts que nous avons consultés.

«Silicon Valley n'a pas voté pour Trump», affirme Stéphane Rochon, stratège chez BMO Nesbitt Burns à Toronto, un petit rire dans la voix. «Ironiquement, sa victoire pourrait être positive pour les technologies.»

Du côté des éléments positifs, il y a la promesse de diminuer le taux d'imposition des entreprises de 35 % à 15 %, dit M. Rochon. De plus, la victoire des républicains au Congrès rend très probable l'adoption d'un traitement fiscal avantageux pour le rapatriement de l'encaisse des sociétés américaines situées à l'étranger. «Ce sont les secteurs de la santé et des technologies qui vont le plus en profiter. Ce sont eux qui ont le plus d'encaisse à l'extérieur des États-Unis.»

Pour le club des FANG (Facebook, Amazon, Netflix et Google), la victoire de Trump est mi-figue, mi-raisin, nuance Youssef Squali, de Cantor Fitzgerald. Si les promesses fiscales sont favorables aux technos, les menaces contre la neutralité du Web et l'éventualité d'un dollar américain plus fort pèsent dans la balance. «Il est trop tôt pour estimer l'impact de tous ces changements, dit M. Squali. Toutefois, l'industrie est propulsée par une tendance séculaire. Leur positionnement dans leur marché et leurs évaluations en font des investissements attrayants à long terme».

L'attitude de M. Trump à l'égard des travailleurs étrangers soulève également des questions, ajoute Mark Lin, vice-président, actions internationales, chez Gestion d'actifs CIBC. «Ce sont des entreprises qui ont besoin de trouver les meilleurs talents, et parfois ceux-ci viennent d'outre-mer, rappelle-t-il. Il faudra voir s'il y a des embûches à l'obtention de visas, mais ce n'est pas un problème qui va se manifester dans l'immédiat.»

Les choix des experts.

Dans le secteur des technos, M. Rochon conseille aux investisseurs d'éviter les «aubaines», qui risquent de s'avérer un piège à valeur. Il contourne également «tout ce qui est lié aux PC» comme Hewlett Packard (HPE, 23,37 $ US) et Intel (INTC, 33,76 $ US). Il cherche plutôt des entreprises qui ont des barrières à l'entrée et qui continueront de croître. Pour cette raison, il aime Alphabet (GOOG, 747,92 $ US), la maison-mère de Google, et le détaillant en ligne Amazon (AMZN, 743,65 $ US). «Son moteur de recherche est devenu indélogeable, commente le stratège. Son prix est abordable, compte tenu du potentiel de croissance et des flux de trésorerie.»

Du côté d'Amazon, le modèle semble difficilement ébranlable, mais la rentabilité n'est pas toujours au rendez-vous, lui a-t-on souligné. «Amazon a fait le choix conscient de réinvestir ses bénéfices d'exploitation afin de gagner des parts de marché, ce qui l'a rendu incontournable, répond M. Rochon. Dans le commerce de détail, Amazon ne pourra jamais avoir de marges élevées. Par contre, elle réinvestit ses liquidités dans d'autres secteurs, comme l'infonuagique, qui ont des marges élevées.»

Mark Lin, pour sa part, est optimiste quant à Facebook (FB, 115,10 $ US), qui est le plus important investissement du Fonds mondial de technologie CIBC. Le titre lui apparaît peu cher, compte tenu du potentiel de croissance des autres marques du groupe comme Instagram, Messenger et WhatsApp.

Malgré ses 1,8 milliard d'utilisateurs, Facebook pourrait-elle devenir démodée, comme l'essor de Snapchat peut le laisser craindre ? «C'est un risque, mais Facebook peut compter sur l'effet réseau, dit M. Lin. Plus un réseau rejoint de gens, plus il devient incontournable pour les communications. D'ailleurs, son importance fait en sorte que Facebook est utilisé par d'autres sociétés afin de prouver l'identité de leur client sur le web.»

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