Producteurs de pot: à quoi s'attendre une fois la loi adoptée?

Publié le 14/06/2018 à 08:00

Producteurs de pot: à quoi s'attendre une fois la loi adoptée?

Publié le 14/06/2018 à 08:00

Par Dominique Beauchamp

L’industrie émergente du cannabis a déjà largement profité de l’anticipation fiévreuse de la légalisation du cannabis à usage récréatif avec une ascension de plus de 250% depuis juin 2017.


Maintenant que le suspense tire à sa fin, les titres des producteurs pourraient devenir moins généreux en Bourse.


Comme pour toute nouvelle industrie, l’intérêt des investisseurs se déplacera du potentiel à la dure réalité des affaires.


Une fois le coup d’envoi donné à la vente de fleurs séchées et d’huile de cannabis, les titres des producteurs performeront davantage en fonction de leur capacité de fournir à la demande et aussi en fonction de leurs coûts.


L’infrastructure et la logistique pour la vente en gros, au détail et en ligne dans chaque province ne sont encore pas au point, prévient aussi Matt Bottomley, analyste de Canaccord Genuity.



Les producteurs moduleront leur récolte en cours de route, partant d'un déficit de 50 000kg, selon les estimations de CIBC. 


«Le feu vert fédéral fera du Canada un réel chef de file mondial du cannabis récréatif – en termes de savoir-faire et de capitaux – mais il est peu probable que le coup de départ se fasse sans heurts étant donné les importants défis de la distribution au détail et les multiples nouvelles serres et installations d’extraction encore en construction», écrit-il.


Au mieux, les premières ventes de cannabis récréatifs débuteront lentement en septembre ou en octobre, croit pour sa part Russell Stanley, d’Echelon Wealth Partners.


Même le PDG de la pionnière Canopy Growth(WEED, 39,40$), Bruce Linton, s’attend aussi à ce que les attentes des investisseurs changent.


«On passera de la phase du lancement des produits de base à une autre étape davantage axée sur les futurs produits dérivés du cannabis, prévus pour la deuxième moitié de 2019», a-t-il dit en entrevue à la chaîne BNN Bloomberg.


D’autres étincelles à venir


En revanche, les producteurs pourraient réagir individuellement aux annonces à venir des provinces de l’Ontario, de l’Alberta et de la Colombie-Britannique.


Ces trois marchés-clés dévoileront sous peu la teneur des premiers contrats d’approvisionnement en cannabis qu’ils accorderont à la suite d’appels d’offres.


Ces annonces pourraient soulever les producteurs gagnants, entrevoit M. Bottomley.


Au Québec, la Société des alcools (SAQ) a déjà choisi ses fournisseurs et a divulgué les volumes qu’elle compte acheter de chacun d’eux.


Ces trois provinces doivent aussi faire connaître leurs plans respectifs pour la légalisation future des produits dérivés du cannabis tels que les essences pour vapoteurs, les poudres comestibles ou tout autre extrait du cannabis qui serviront aux futurs breuvages et autres produits de consommation encore au stade de conception.


Ces dérivés sont primordiaux pour l’industrie. Non seulement les extraits de toutes sortes sont-ils plus rentables que la simple culture de fleurs séchées et l'extraction de l'huile, mais ces produits à valeur ajoutée sont essentiels pour que les producteurs autorisés rivalisent le marché illicite, a expliqué M. Linton.


Le patron de Canopy a comparé le futur du cannabis à la boisson énergisante Red Bull, qui a littéralement créé une nouvelle catégorie de produits de consommation et qui a établi une marque forte.


Pour en savoir davantage concernant les risques de cette industrie pour l’investisseur et le plan de match des trois plus gros producteurs et du principal fournisseur québécois de la SAQ, consultez le dossier sur le cannabis dans l’édition du journal Les Affaires du 16 juin.


Lire Marijuana: le marché est-il dopé?




 


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