Pertes d'emplois au Québec: une saignée imaginaire?

Publié le 24/02/2012 à 06:03, mis à jour le 27/02/2012 à 12:23

Pertes d'emplois au Québec: une saignée imaginaire?

Publié le 24/02/2012 à 06:03, mis à jour le 27/02/2012 à 12:23

Par Stéphane Rolland

Photo : Bloomberg

La détérioration du marché de l’emploi québécois au quatrième trimestre n’a peut-être jamais eu lieu. Le Québec devait avoir perdu 46 000 emplois au quatrième trimestre, selon Statistique Canada. Une autre enquête de l’agence fédérale, dévoilée jeudi, pointe plutôt vers une création de 6 000 emplois durant la même période.

Deux enquêtes, deux portraits économiques différents

L’enquête sur la population active (EPA) de Statistique Canada, qui dévoile les effectifs de la population active et le taux de chômage, indique que le Québec a perdu 46 000 emplois au quatrième, excluant les travailleurs autonomes. En 2011, 43 000 emplois ont été perdus.  

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L’Enquête sur l’emploi, la rémunération et les heures travaillées (EERH) de Statistique Canada, pour sa part, trace un portrait différent. Les résultats dévoilés jeudi font état de 6 000 emplois créés au quatrième trimestre et d’un gain de 37 500 pour l’année.

Entre les deux enquêtes, c’est un écart de 52 000 et de 80 500 emplois pour le dernier trimestre et l’année, respectivement. «L’écart est important, constate Krishen Rangasamy, économiste principal de la Banque Nationale, en entrevue. Seulement une des deux enquêtes peut avoir raison.»

Les deux enquêtes emploient une méthode différente. L’EPA se base sur une enquête faite auprès des ménages alors que l’EERH consulte les retenues d’impôt effectuées par les employeurs.

Généralement, l’EPA est davantage utilisé pour connaître l’état du marché de l’emploi puisque ses données sont publiées plus tôt. Les données de janvier sont déjà disponibles depuis le début février alors que l’EERH dévoilait jeudi ces données pour décembre.

Rose ou noir?

M. Rangasmy penche davantage vers le scénario optimiste de l’EERH. Les données macro-économiques pour la même période ne sont pas si négatives, selon lui. Par exemple, on a appris cette semaine que les ventes au détail ont progressé de 0,6% en décembre au Québec.

L’économiste constate que les ventes de voitures au quatrième trimestre ont crû de 27%, contre 9% dans le reste du Canada. «Des gens ont pu vouloir devancer leur achat avant l’augmentation de la TVQ, admet-il. Néanmoins, on ne fait pas ce genre de dépenses lorsqu’on perd son emploi.»

Marie-Claude Guillotte, économiste de Valeurs mobilières Banque Laurentienne, hésite à prononcer l’une des deux enquêtes gagnantes. «C’est rare qu’on trouve un écart si grand, s’étonne-t-elle. Il est difficile de choisir les résultats d’une enquête plutôt qu’une autre.»

Si les ventes au détail tracent un portrait plus rose, d’autres données brouillent les cartes, nuance-t-elle. La croissance économique au Québec a stagné en octobre et en novembre, rappelle-t-elle. Les exportations internationales sont également en baisse de 5,9% en novembre. «On voit des signes que nous serions en période de stagnation», explique-t-elle.

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