Les tensions en Syrie font grimper le pétrole à un sommet de 18 mois

Publié le 27/08/2013 à 16:05, mis à jour le 27/08/2013 à 16:08

Les tensions en Syrie font grimper le pétrole à un sommet de 18 mois

Publié le 27/08/2013 à 16:05, mis à jour le 27/08/2013 à 16:08

Par AFP

[Photo : Bloomberg]

Les cours du pétrole ont bondi mardi à leur plus haut niveau en 18 mois à New York, les investisseurs craignant qu'une éventuelle intervention internationale contre le régime syrien ne perturbe la production et le transport d'or noir au Moyen-Orient.

Le baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en octobre a grimpé de 3,09 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex) pour s'établir à 109,01 dollars. Il n'avait plus atteint ce prix en clôture depuis février 2012.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en octobre s'est de son côté adjugé 3,63 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, pour terminer à 114,36 dollars, son plus haut niveau en six mois.

Une frappe contre le régime syrien, accusé d'avoir utilisé des armes chimiques, semblait imminente mardi alors que Washington et ses alliés ont multiplié les déclarations en ce sens.

Or "les courtiers sont très sensibles à tous les gros titres qui signalent que les Etats-Unis sont prêts à y aller dans les jours à venir", a relevé John Kilduff d'Again Capital. "C'est un gros événement pour le marché étant donné tous les intérêts en jeu."

La Syrie n'est pas elle-même un grand producteur de brut. Sa production ne s'élevait début août qu'à 39.000 barils par jour, en chute par rapport aux 380.000 barils de mars 2011, après plus de deux ans d'une révolte populaire qui a fait plus de 100.000 morts selon l'ONU et contraint à la fuite des millions d'habitants.

Mais les investisseurs craignent que le conflit syrien ne s'étende aux pays voisins et mette en péril la production de la région, où se concentre environ 35% de la production mondiale de brut. Les oléoducs "sont particulièrement vulnérables" aux attaques, selon M. Kilduff.

C'est surtout "l'incertitude" autour de la nature, la durée ou l'ampleur d'une éventuelle intervention armée qui participe à la montée des prix, a remarqué de son côté Phil Flynn de Price Futures Group.

La crainte d'une perturbation de l'offre de brut en provenance du Moyen-Orient était amplifiée par "l'annonce que les exportations de pétrole libyen ont chuté à moins de 200 000 barils par jour", a par ailleurs relevé Matt Smith de Schneider Electric.

La production libyenne, qui s'établit en temps normal à 1,5 ou 1,6 million b/j, a plongé ces dernières semaines en raison de grèves sur des sites et terminaux pétroliers.

Cette remontée des prix du pétrole pourrait toutefois n'être que temporaire, selon plusieurs analystes.

La perte de production en Libye et en Irak devrait "être gérable", a ainsi remarqué Greg Priddy d'Eurasia Group.

La demande d'or noir de la part des raffineries devrait d'une part ralentir dans les prochaines semaines alors que s'approche la fin de l'été, traditionnellement la saison au cours de laquelle la consommation d'essence est à son pic.

De plus, les volumes en jeu en sont "insuffisants pour renverser la tendance d'une augmentation de l'offre de pétrole au niveau mondial grâce à la hausse de la production en Amérique du Nord", a noté M. Priddy.

L'Arabie saoudite, premier producteur de l'Opep, pourrait aussi décider d'exploiter un peu plus ses réserves, apaisant ainsi les craintes d'une pénurie d'or noir.

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