Les résultats trimestriels de Credit Suisse montrent « l’urgence » de la tâche qui attend UBS

Publié le 24/04/2023 à 09:20

Les résultats trimestriels de Credit Suisse montrent « l’urgence » de la tâche qui attend UBS

Publié le 24/04/2023 à 09:20

Par AFP

Dans un commentaire boursier, les analystes de la Banque cantonale de Zurich notent des sorties « inférieures à ce qui était redouté ». (Photo Getty Images)

Credit Suisse a annoncé lundi de nouveaux retraits massifs de fonds et un bénéfice trimestriel en trompe-l’œil, montrant « l'urgence » de la restructuration qui attend UBS après le rachat forcé de la banque dans la tourmente sous la pression des autorités suisses.

« UBS fait face sans aucun doute à une tâche majeure (et urgente) dans la profonde restructuration de son ancienne concurrente », a réagi à la lecture des chiffres Andreas Venditti, analyste chez Vontobel, dans une note de marché. 

Durant le premier trimestre, les sorties de capitaux ont atteint 61,2 milliards de francs suisses (62,5 milliards d'euros), la banque reconnaissant dans un communiqué des sorties « importantes (...) au cours de la seconde moitié de mars » qui « se sont ralenties, mais pas encore inversées ».

Dans un commentaire boursier, les analystes de la Banque cantonale de Zurich notent des sorties « inférieures à ce qui était redouté ». 

À 11 h 31 GMT, l'action Credit Suisse s'appréciait de 1,95% à 0,805 4 franc suisse tandis que celle d'UBS grimpait de 1,66% à 18 355 francs suisses, surpassant le SMI, l'indice de référence de la Bourse suisse, en hausse de 0,66%. 

Au quatrième trimestre, Credit Suisse avait déjà essuyé 110,5 milliards de francs de sorties de capitaux. « Durant les six derniers mois », la banque « a souffert de 140 milliards de retraits nets rien que dans la gestion de fortune », une de ses divisions clés, a remarqué, M. Venditti. 

Ces résultats, publiés finalement à la veille de ceux d'UBS, « révèlent le mauvais état dans lequel se trouve la firme », a-t-il ajouté.

La situation de la banque s'est « encore détoriorée », a renchéri Flora Bocahut, analyste chez Jefferies. 

Sous la pression des autorités suisses, UBS a accepté le 19 mars de reprendre Credit Suisse pour 3 milliards de francs suisses afin d'éviter qu'elle ne sombre. 

Perte « substantielle » encore attendue

Au premier trimestre, la banque a dégagé un bénéfice net en trompe-l’œil de 12,4 milliards de francs suisses, conséquence d'un effet comptable lié au rachat par UBS. 

Pour faciliter ce rachat, l'autorité de surveillance des marchés en Suisse, la Finma, a ramené à zéro la valeur des obligations à risque dit AT1 (Additionnal Tier 1), mis en place au lendemain de la crise financière de 2008 pour renforcer les fonds propres des banques.

Cette décision a provoqué la stupeur des porteurs de ce type d'obligations qui arrivent normalement en premier dans l'ordre de remboursement en cas de faillite. Certains ont récemment engagé des poursuites à l'encontre du régulateur.

Ce bénéfice net masque une perte avant impôts de 1,3 milliard de francs après ajustements, en dépit d'un gain de 700 millions de francs sur la vente d'une part de ses activités de produits titrisés à Apollo Global Management, détaille Credit Suisse. 

Il s'attend encore à une perte « substantielle » au deuxième trimestre ainsi que sur l'ensemble de l'année 2023, tant au niveau du groupe que dans sa banque d'investissement. 

Au premier trimestre, la banque d'affaires a essuyé une perte de 337 millions de dollars (306 millions d'euros) dans un contexte déjà difficile pour le secteur, mais « exacerbé par les problèmes » affectant Credit Suisse, selon le communiqué. 

L'établissement helvétique est néanmoins parvenu à un accord pour mettre un terme à un projet de transaction complexe et controversé avec la société du banquier d'affaires américain Michael Klein, « en raison de la fusion » prévue avec UBS. 

Dans un communiqué séparé, UBS a annoncé lundi que Christian Bluhm, son directeur de la gestion des risques, resterait à son poste plus longtemps que prévu afin d'épauler Damian Vogel qui doit assumer un poste nouvellement créé de responsable du contrôle des risques pour l'intégration de Credit Suisse.

Avoir « deux leaders séniors » dans la gestion des risques aidera « à assurer que nous sommes bien préparés », a déclaré Sergio Ermotti, qui a repris la direction d'UBS début avril.

 


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