Les nouveaux défis du roi de la restauration rapide, Stanley Ma


Édition du 06 Septembre 2014

Les nouveaux défis du roi de la restauration rapide, Stanley Ma


Édition du 06 Septembre 2014

Par Dominique Beauchamp

Après avoir bâti un empire de la restauration rapide de 2 590 établissements, Stanley Ma, 67 ans, a encore de l'appétit pour doubler à 2 milliards de dollars le chiffre d'affaires de Groupe d'alimentation MTY (Tor., MTY, 33,25 $) d'ici cinq ans.

«Il a fallu 30 ans pour s'approcher du milliard. La barre est donc haute d'ajouter un autre milliard en cinq ans, mais il faut se donner des objectifs dans la vie», dit-il avec sa simplicité désarmante, dans une entrevue accordée au siège social de l'arrondissement Saint-Laurent.

L'homme d'affaires originaire de Hong Kong renchérit rapidement en ajoutant que l'objectif essentiel est «de faire de l'argent au bénéfice de tous les actionnaires».

La barre est d'autant plus haute que l'industrie de la restauration a beaucoup changé depuis 30 ans et pose de nouveaux défis, reconnaît l'entrepreneur.

«La concurrence est féroce. Le niveau de créativité ne cesse d'augmenter. Et les consommateurs sont plus informés et plus exigeants que jamais en ce qui concerne les aliments.»

Le contexte économique préoccupant, surtout au Québec et en Ontario où MTY compte 70 % de ses restaurants, tout comme l'hiver le plus froid en 25 ans, ajoutent aux difficultés.

Les ventes de ses restaurants ouverts depuis plus d'un an, une mesure clé de la croissance interne dans l'industrie du commerce de détail, reculent depuis huit trimestres. Au deuxième trimestre clos le 31 mai, ces ventes ont diminué de 2 %, la pire performance depuis la chute de 4 % au premier trimestre de 2013.

Le chiffre d'affaires des établissements comparables a crû dans seulement 7 des 26 enseignes de MTY au premier semestre de 2014.

L'offre de 12,5 G$ de Burger King pour Tim Hortons a fait rebondir l'action de MTY récemment. Avant cette remontée, le titre avait connu un rare passage à vide, après une appréciation fulgurante qui a vu l'action exploser de 0,30 $ en janvier 2003 à un record de 35 $, en octobre 2013, pour un gain de 11 524 %.

Chaque détail compte

Avec sa discrétion habituelle, M. Ma assure que son entreprise a les ressources financières et l'équipe de gestion qu'il faut pour atteindre son nouvel objectif et rétablir la croissance des ventes des restaurants ouverts depuis plus d'un an.

«L'entreprise a bien changé. Aujourd'hui, 20 chefs de marque se rapportent à moi. Nous n'avons pas de réunions formelles, mais ma porte est toujours ouverte quand vient le moment de régler un problème rapidement», confie-t-il.

Fils de commerçants prospères de Hong Kong, Stanley Ma est arrivé au Canada à l'âge de 18 ans. Il a ouvert son premier comptoir Tiki-Ming en 1983, au Centre Rockland, à l'âge de 30 ans.

Maintenant obligé de déléguer les détails de la gestion quotidienne avec la multiplication des concepts, M. Ma se consacre surtout à la stratégie, aux acquisitions et à l'expansion internationale. Il tient toutefois à signer encore tous les chèques des baux et tous les contrats de franchisés, pour garder le doigt sur le pouls de ses restaurants et cultiver ses liens avec les promoteurs immobiliers.

Il travaille autant qu'avant et visite les restaurants quotidiennement, même les fins de semaine, précise Éric Lefebvre, 37 ans, le vice-président finance de MTY, qui fait le pont avec les investisseurs depuis cinq ans.

Même si MTY a beaucoup grossi et caresse de grandes ambitions, M. Ma n'a pas perdu ses vieux réflexes : le contrôle diligent des coûts.

Lorsque MTY s'est offert des locaux plus adéquats dans le parc industriel de Saint-Laurent il y a deux ans, M. Ma a fait réduire la taille de son bureau de moitié parce qu'il jugeait que c'était un gaspillage d'espace. Gilles Pépin, le dirigeant embauché pour piloter les restaurants de la chaîne Madisons, occupe l'espace libéré.

M. Ma a toutefois conservé son Resolute Desk, une réplique du meuble sculpté qui orne le bureau ovale de la Maison-Blanche.

«Ça illustre tellement bien sa personnalité. Chaque détail compte, et c'est la somme de ces petits détails qui créent de grandes choses», raconte M. Lefebvre.

M. Ma est aussi l'un des dirigeants les moins chèrement payés du Québec inc. En 2013, avec une rémunération de 430 800 $, Le franchiseur s'est hissé en tête des dirigeants les plus efficaces dans le classement du journal Les Affaires qui mesure la rémunération en fonction de la valeur générée par l'entreprise.

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