Les marchés émergents ont-ils vraiment atteint leur creux?


Édition du 27 Février 2016

Les marchés émergents ont-ils vraiment atteint leur creux?


Édition du 27 Février 2016

[Photo : Shutterstock]

La correction de près de 35 %, en dollars américains, qu'ont essuyée les marchés émergents entre leur dernier pic du 5 septembre 2014 et leur creux du 20 janvier 2015, commence à susciter l'intérêt des investisseurs. C'est qu'une étude de Morgan Stanley montre que le recul médian de l'indice MSCI Marchés émergents entre un pic et son creux subséquent a été de 31 % au cours des précédents marchés baissiers.

De plus, les évaluations fondamentales approcheraient aussi de leur creux. Par le passé, au creux du marché, le ratio cours/bénéfice prévu médian de l'indice MSCI Marchés émergents descendait à 10,9. Il a chuté à 10,4 dans le marché baissier en cours.

«Il y a trois ans, nous avons commencé à trouver de meilleures occasions en Europe. Nous tournons maintenant notre attention vers les marchés des pays émergents où nous notons un rebond notable de la croissance dans ceux qui ne dépendent pas de l'exportation des matières premières. N'oublions pas que le PIB des pays émergents a doublé au cours des 10 dernières années», souligne Richard Jenkins, gestionnaire du Fonds d'actions internationales Black Creek, qui a reçu le prix Morningstar du Meilleur gestionnaire d'actions étrangères de l'année, le 25 novembre dernier.

«Ainsi, nous pensons que l'Inde commence tout juste à amorcer un virage. Nous croyons que l'économie indienne bénéficiera de manière importante d'une inflation en baisse, résultant des prix moins élevés des matières premières. Nous ne détenons qu'une entreprise en Inde aujourd'hui, mais nous en étudions plusieurs. Nous avons une liste de titres que nous souhaitons acquérir, mais les entreprises indiennes se vendent actuellement à prime, et nous attendons que leur prix baisse», poursuit-il.

Richard Jenkins surveille aussi le Brésil. Le réal a déjà chuté de 41 % par rapport au dollar américain, et le marché boursier, de seulement 7 % au cours des 12 derniers mois. Le marché boursier n'a pas assez corrigé, selon lui, pour refléter une économie qui se contractera de 3 à 4 % en 2016. Entre-temps, les bénéfices des entreprises diminueront, et certains titres d'envergure mondiale tomberont à des niveaux attrayants. «Nous nous préparons à y investir au cours des deux ou trois prochaines années», nous a-t-il précisé.

En attendant, il s'expose à ces économies par l'intermédiaire de participations dans des entreprises qui en tirent une partie de leurs revenus. M. Jenkins détient trois sociétés exposées de manière importante au Brésil, mais inscrites à des Bourses européennes. L'une d'entre elles est le groupe français AccorHotels, dans lequel il a accru sa participation à la suite des attentats de Paris. «AccorHotels est numéro un dans ce marché. Les bénéfices sont temporairement en recul en raison de la chute de la devise et de la faiblesse de l'économie brésilienne. Nous y voyons une occasion à long terme», dit-il.

Des investisseurs moins optimistes

D'autres investisseurs sont moins optimistes à l'égard des perspectives des marchés émergents. C'est le cas de Jeffrey Gundlach, fondateur de DoubleLine Capital, qui déclarait récemment qu'ils pouvaient chuter d'encore 40 %.

Il croit que l'économie chinoise pourrait se contracter, alors que le taux officiellement rapporté est de 6,9 %. S'il disait vrai, la croissance mondiale ne serait que de 2 %. Les perspectives de la deuxième économie mondiale seraient sombres, entre autres parce que sa démographie ressemble à celle du Japon en 1990, au début de la «décennie perdue».

La seule exception parmi les pays émergents est l'Inde, selon Jeffrey Gundlach, et ce, parce qu'elle accuse une croissance massive de sa main-d'oeuvre. Il est possible d'y investir immédiatement si l'investisseur a un horizon à long terme, mais le marché boursier indien pourrait continuer de baisser en même temps que les autres marchés émergents.

L'indice MSCI India a effectivement reculé de 25 % (en dollars américains) entre son pic du 3 mars 2015 et son récent creux du 21 janvier. En reprenant un vieux dicton dans le domaine du placement, selon lequel il faut acheter lorsque la situation semble désespérée, Jeffrey Gundlach recommande d'acheter l'Inde «lorsqu'il y aura du sang dans les rues».

Fellow CSI, Yves Bourget a fait carrière dans l’industrie des valeurs mobilières pendant une vingtaine d’années, en particulier à titre de vice-président pour le Québec de Placements Altamira, de 1990 à 1997. Il collabore depuis 2001 à la publication Finance et Investissement, notamment en matière de fonds communs.

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