Les banques américaines rassurent sur l'état de l'économie

Publié le 12/10/2018 à 12:07

Les banques américaines rassurent sur l'état de l'économie

Publié le 12/10/2018 à 12:07

Par AFP

[Photo: 123rf]

« L’économie américaine demeure solide » : c’est le message envoyé vendredi par JPMorgan Chase, Citigroup et Wells Fargo, trois des quatre premières banques américaines, qui ont annoncé de gros bénéfices, alimentés principalement par les crédits à la consommation.


La croissance mondiale est menacée, quant à elle, par les « incertitudes géopolitiques et économiques », comme la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis et le Brexit en Europe, a averti Jamie Dimon, le PDG de JPMorgan.


Sa banque a dégagé un bénéfice net de 8,4 milliards de dollars au troisième trimestre, Wells Fargo 6,1 milliards et Citigroup 4,6 milliards. 


Les trois établissements ont également fait part d’une nette amélioration de leurs marges bénéficiaires, due au fait qu’elles ont répercuté aux clients les hausses des taux d’intérêt effectuées par la banque centrale (Fed).


La marge d’intermédiation de Wells Fargo est par exemple passée de 2,87 % il y a un an à 2,94 %, en dépit d’une petite baisse de 1 % du volume des prêts. Les crédits accordés aux entreprises ont toutefois augmenté de 0,4 %.


JPMorgan Chase et Citigroup ont enregistré de leur côté une croissance de leur portefeuille de prêts de respectivement 4 % et 3 %, signe que leur rentabilité continue de s’améliorer.


Prêts immobiliers dans le rouge


Les réserves destinées à pallier d’éventuelles défaillances d’emprunteurs ont diminué de 37 % à 948 millions de dollars chez JPMorgan.


« C’est un signe de confiance dans la solidité de l’économie et de la solvabilité de ses clients », a réagi Gregori Volokhine, gérant de portefeuille chez Meeschaert, résumant le sentiment général à Wall Street où la publication de toutes ces données a provoqué un sentiment de soulagement.


L’action JPMorgan gagnait 0,20 % vers 10H55, tandis que Citigroup prenait 1,73 % et Wells Fargo 1,26 %. L’indice KBW regroupant les valeurs bancaires sur la place new-yorkaise stagne depuis le début de l’année.


Les Bourses mondiales ont connu deux séances noires, mercredi et jeudi, les investisseurs redoutant un ralentissement de l’économie américaine, conséquence de la politique de hausses des taux d’intérêt.


Les marchés financiers craignent que cette remontée des taux ne freine l’appétit des consommateurs et des entreprises pour les emprunts destinés à l’investissement, à l’achat de biens immobiliers ou de consommation.


Or les banques gagnent de l’argent en empruntant à peu de frais à court terme et en prêtant à des taux d’intérêt élevés à long terme.


« On attendait les banques au tournant, on est rassurés », estime Gregori Volokhine. 


« L’économie américaine demeure solide et ça se voit à travers (la hausse des) salaires, les créations d’emplois, les dépenses d’investissements et le crédit à la consommation », a souligné Jamie Dimon, lors d’une conférence téléphonique avec des journalistes. « Ca ne va pas s’évaporer de sitôt ».


Sa banque a enregistré une hausse de 10 % des revenus générés par les crédits auto, les cartes bancaires et autres services aux consommateurs.


Si les crédits à la consommation se portent bien, les prêts immobiliers à l’inverse pâtissent de la hausse des taux. 


Wells Fargo, qui octroie un crédit immobilier sur cinq aux États-Unis, n’a accordé que pour 46 milliards de dollars de prêts immobiliers au troisième trimestre, en baisse de 22 % sur un an. 


La perspective d’une guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine continue d’affecter, elle, les activités de courtage et pourrait devenir à terme un casse-tête pour l’ensemble de l’économie.


Les recettes générées par le courtage ont diminué de 2 % chez JPMorgan, principalement à cause du courtage des matières premières, obligations, devises (FICC) dont le chiffre d’affaires a chuté de 10 %.


Il y a « une augmentation des incertitudes économiques et géopolitiques, lesquelles, à un moment donné, pourraient avoir des effets négatifs sur la croissance » mondiale, a prévenu Jamie Dimon, citant en vrac le Brexit, les tensions politiques en Italie, les difficultés de la Turquie et le mouvement de défiance en cours vis-à-vis de l’Arabie saoudite.

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