Le populisme inquiète le PDG de la BMO

Publié le 05/11/2018 à 16:23

Le populisme inquiète le PDG de la BMO

Publié le 05/11/2018 à 16:23

Par Stéphane Rolland

La montée du populisme inquiète le PDG de Banque de Montréal (BMO). À la vieille des élections de mi-mandat aux États-Unis, Darryl White juge que républicains et démocrates sont devenus trop polarisés.


«Ce qui me préoccupe le plus est la polarisation dans le débat public», commente M. White en point de presse en marge d’une allocution portant sur le rôle social de la BMO, présenté lundi devant le Cercle canadien de Montréal. «C’est important que les entreprises tentent de convaincre les élus de prendre le chemin inverse. La polarisation est improductive. »


Les Américains voteront demain pour élire les membres de la chambre des représentants et le tiers des sénateurs. Les élections surviennent dans un contexte où l’opposition aux libres-échanges gagne du terrain dans les rangs républicains sous l’influence du président Donald Trump. Chez les démocrates, la frange gauche du parti a délogé plusieurs candidats centristes lors des primaires du parti.


La situation politique chez nos voisins du sud est importante pour la BMO qui y réalise plus du quart de ses bénéfices aux États-Unis (24% en 2017; 28% au troisième trimestre). Dans un horizon de trois à cinq ans, l’institution financière veut faire gonfler cette part au tiers (33,3%).


Convaincre les jeunes


Dans son allocution, M. White s’est porté à la défense du libre-échange et du rôle des entreprises dans la société. «Les données démontrent clairement que moins vous avez de barrières à travers le monde, plus vous avez de gains de productivité, ce qui améliore, par le fait même, le niveau de vie des gens», a-t-il ajouté en entrevue.


Selon l’homme d’affaires, le commerce est la manière le plus efficace de soutenir les pays en développement. «Les activités commerciales transfèrent du capital de manière beaucoup plus efficace et apportent des bienfaits locaux grâce à l’emploi et aux revenus fiscaux», plaide-t-il.


Or, bien des membres de la jeune génération ne semblent pas partager cet enthousiasme pour le monde des affaires et M. White s’en inquiète. «Personne ne peut plaider cette cause sauf nous, a-t-il dit devant un parterre composé de gens d’affaires. Si nous ne parvenons pas à les convaincre, nous n’attirerons pas les plus brillants de la prochaine génération.»


Pourtant, les activités des entreprises ont un impact favorable sur la société, défend le PDG. Le banquier a mentionné que la BMO a souscrit pour 6 G$US en obligations vertes ou à caractère social. La BMO a aussi prêté près de 4 G$ pour financer des projets d’énergie renouvelable.


Outre les actions de la BMO, il a donné en exemple les campagnes de sensibilisation déployées par Bell au sujet de la santé mentale. «Regarder simplement comment leur compagne a changé notre perception de la santé mentale au Canada. Ils ont changé la teneur de la conversation.»


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