Le gendarme boursier américain met en garde contre les SAVS

Publié le 08/04/2021 à 16:51

Le gendarme boursier américain met en garde contre les SAVS

Publié le 08/04/2021 à 16:51

Par AFP

(Photo: 123RF)

L’autorité de régulation du marché boursier américain, la SEC, s’est dite préoccupée jeudi par les possibles dangers liés aux société d'acquisition à vocation spécialisée (SAVS), ces instruments financiers en vogue à Wall Street.

« Au cours des six derniers mois, les marchés américains de valeurs mobilières ont connu un bond sans précédent de l’utilisation et de la popularité des Special Purpose Acquisition Companies (SPACs) », écrit dans un communiqué John Coates, chef de la division de la SEC supervisant la finance d’entreprise.

Sortes de coquilles vides, les société d'acquisition à vocation spécialisées sont des entreprises sans activité commerciale qui lèvent des fonds en entrant sur une place boursière puis cherchent à acquérir une autre compagnie.

« Les inquiétudes comprennent les risques découlant des commissions, des conflits d’intérêts et de la rémunération des sponsors, du parrainage par des célébrités et de la participation potentielle de petits porteurs attirés par un emballement sans fondement et, plus simplement, des montants en capitaux déversés dans les société d'acquisition à vocation spécialisées», poursuit M. Coates.

Ces sociétés offrent l’avantage de la rapidité et de la simplicité des démarches ainsi que des dépenses généralement moins importantes par rapport aux IPO traditionnelles.

Leur nombre a explosé au cours des derniers mois. Selon le site spécialisé SPACInsider, il y a eu plus de 300 introductions à la Bourse américaine via des société d'acquisition à vocation spécialiséesdepuis janvier pour un montant total de 98,4 milliards de dollars levés.

C’est davantage que sur l’ensemble de 2020, pourtant déjà considérée comme une année faste pour les société d'acquisition à vocation spécialisée.

De nombreuses célébrités, comme le rappeur Jay-Z ou la légende du basket Shaquille O’Neal, ont associé leurs noms à des société d'acquisition à vocation spécialisée.

Fin mars, le géant déchu des bureaux partagés WeWork a annoncé son intention de fusionner avec une société d'acquisition à vocation spécialisée pour faire son entrée sur la place new-yorkaise, une opération valorisant le groupe à 9 milliards de dollars.

M. Coates a souligné le besoin de transparence autour des activités de ces véhicules financiers à la mode.

La SEC « continue d’être vigilante au sujet des société d'acquisition à vocation spécialisées et de la transparence de leurs objectifs afin que le public puisse prendre des décisions d’investissement et de vote éclairées au sujet de ces transactions », indique-t-il.

M. Coates insiste notamment sur l’importance de l’opération de fusion entre la société d'acquisition à vocation spécialisée et la société cible, également connue sous le nom de « de-SPAC ».

« Si nous ne traitons pas la transaction de de-SPAC comme la “vraie IPO”, nous risquons de focaliser notre attention au mauvais endroit », prévient-il.

 

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