Le bois d'oeuvre toujours confronté à la volatilité en 2019

Publié le 18/12/2018 à 15:53

Le bois d'oeuvre toujours confronté à la volatilité en 2019

Publié le 18/12/2018 à 15:53

Par La Presse Canadienne
Un employé de la construction qui déplace une planche de bois.


L’industrie forestière sera encore confrontée à de la volatilité l’an prochain, selon le Mouvement Desjardins, alors que rien ne laisse entrevoir une résolution rapide de la dispute canado-américaine sur le bois d’œuvre.


Toutefois, les prix ne devraient pas fluctuer de façon « spectaculaire » comme cela a été le cas en 2018, estime l’économiste principale de la coopérative, Joëlle Noreau, dans un rapport publié mardi.


Celle-ci a rappelé qu’un record de 726 $ par mille pieds-planche avait été atteint en juin 2018 et qu’un creux d’environ 460 $ par mille pieds-planche avait été enregistré seulement quelques mois plus tard, en novembre.


« En fait, il s’agit de la diminution des prix la plus rapide en trois mois jamais enregistrée », écrit Mme Noreau, évoquant notamment un équilibre entre l’offre et la demande plus « serré » que par le passé.


La semaine dernière, le prix moyen était d’environ 480 $ par mille pieds-planche en date du 14 décembre. Cela demeure loin des creux de 2009, alors que le prix par mille pieds-planche était inférieur à 300 $.


Cette baisse des prix a néanmoins eu un impact sur la performance des entreprises canadiennes. À titre d’exemple, Produits forestiers Résolu (RFP), le principal producteur de bois d’œuvre dans la province, a vu le bénéfice d’exploitation de sa division des produits du bois fléchir de 24 %, à 34 millions $ US, au terme de la période de trois mois terminée le 30 septembre.


En plus d’une baisse des volumes, l’entreprise a obtenu un prix moyen de 457 $ US (environ 610 $ CAN) par mille pieds-planche au cours de cette période, en recul de 11%, d’après ses états financiers.


Selon Mme Noreau, les prix vont continuer à fluctuer au cours des 12 prochains mois, notamment en fonction de l’évolution de l’état de l’économie nord-américaine, mais l’écart entre le sommet et le creux devrait être moins important.


Mais pour le moment, les conditions ne sont « pas réunies » pour que des variations aussi importantes que celles observées l’an dernier se reproduisent.


« La rareté de la main-d'oeuvre sur les chantiers des deux côtés de la frontière et les hausses de taux d’intérêt attendues permettront d’éviter une surchauffe de la construction neuve susceptible de faire bondir les prix du bois », croit Mme Noreau.


Révisions des tarifs


Jusqu’à présent, malgré la discorde entre Ottawa et Washington, ce qui se traduit par l’imposition de droits antidumping et compensateurs sur les exportations canadiennes, l’industrie québécoise est encore capable de garder la tête hors de l’eau.


Un taux moyen de 20,23 % est appliqué à l’industrie alors que cinq producteurs, Résolu, Canfor, Tolko, West Fraser et J.D. Irving, font l’objet de taxes frontalières oscillant entre 9,38 % et 23,56 %.


« Les prix pourraient augmenter au printemps pour varier passablement au fil des nouvelles économiques et des événements (feux de forêt, infestations, problèmes de transport, etc.) », prévient Mme Noreau.


Desjardins anticipe un ralentissement des mises en chantier au Québec ainsi qu’au Canada, mais une légère croissance au sud de la frontière au terme d’une année où il y en a eu un peu moins que 1,5 million.


En raison du conflit, qui se retrouve entre les mains de l’Organisation mondiale du commerce, l’association des constructeurs de maisons aux États-Unis, la National Association of Home Builders, estime que le prix moyen d’une résidence neuve a grimpé d’environ 9000 $ US.


Un autre élément viendra également ajouter une couche d’incertitude au Canada, puisque le département américain du Commerce devrait procéder, dès janvier, à un examen annuel des droits tarifaires imposés dans le cadre de « révisions administratives ».


« Cela signifie que les droits imposés actuellement pourraient changer à la suite du nouvel examen, estime Mme Noreau. Dans les faits, certaines entreprises devront se soumettre à une enquête serrée. »


Par ailleurs, en 2018, les producteurs canadiens ont versé environ 2,5 milliards $ dans des comptes en fiducie en raison des tarifs douaniers. Lors du dernier conflit, les Américains avaient provisionné 5,5 milliards $ pour ensuite conserver 1 milliard $ au terme des négociations.


 


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