La techno n'a pas tout à fait dit son dernier mot


Édition du 24 Mars 2018

La techno n'a pas tout à fait dit son dernier mot


Édition du 24 Mars 2018

Par Dominique Beauchamp

[Photo: Pixabay]

Le secteur américain de la techno compte pour plus du quart de la valeur de l'indice S&P 500, du jamais-vu depuis avant la bulle de 2000.

Les énormes gains de cette industrie et son poids de 25,5 % dans l'indice en dérangent plus d'un, qui y voient un signe de danger latent.

Lindsey Bell, stratège de CFRA Research, croit plutôt que le règne techno peut encore durer, même si celle-ci est un peu trop populaire auprès des investisseurs « momentum », ceux qui achètent les secteurs et les titres déjà bien ancrés dans un fort mouvement haussier.

Il n'y a pas que l'élan technique derrière la performance, fait-elle valoir. Le secteur a encore une fois affiché sa résilience lors du récent mouvement de repli, du 26 janvier au 8 février. Il a récupéré toutes les pertes subies en onze séances seulement, illustre la stratège. De plus, avec un gain de 10,2 % depuis le début de l'année, il est le seul parmi les onze secteurs de l'indice à avoir franchi le sommet du 26 janvier.

Des profits qui peuvent encore surprendre

L'évaluation est souvent citée comme une raison d'éviter le secteur, mais à 19,4 fois les bénéfices prévus en 2018 et 17,8 fois ceux de 2019, son multiple est seulement 10 % supérieur à sa propre moyenne depuis 10 ans.

De plus, ce multiple par rapport à celui du S&P 500 (de 17,6 fois) est aussi tout à fait conforme à sa plus-value historique.

Il y a cependant un paradoxe.

Les analystes prévoient que le taux de croissance des profits du secteur de la technologie ralentira de 20 % au cours des quatre derniers trimestres, à un rythme de 15,2 % en 2018. Surtout, cette progression est inférieure à celle de 18,7 % qu'ils prévoient pour l'ensemble des entreprises du S&P 500.

Mme Bell voit trois raisons à ce rare décalage. D'abord, la contribution d'Apple (AAPL, 178,21 $ US), qui avait grimpé au tiers des bénéfices totaux du secteur de la technologie au quatrième trimestre, est appelée à rétrécir.

Ensuite, les prévisions du secteur de la technologie avaient profité davantage que les dix autres de la solide croissance mondiale en 2017, tandis que celles des autres secteurs du S&P 500 bénéficient davantage cette année de la réforme inattendue des impôts signée en décembre 2017.

Enfin, la stratège s'attend à ce que les entreprises de technologie surpassent les attentes encore une fois en 2018, parce que très peu d'entre elles ont jusqu'à maintenant précisé ce qu'elles comptent faire des milliards de capitaux qu'elles rapatrient aux États-Unis. Les résultats du deuxième trimestre d'Apple, en mai, pourraient donner le coup d'envoi aux annonces de rachats, de dividendes accrus et de projets d'investissements et d'acquisition de tout le secteur, croit la stratège.

Les fabricants de puces entre deux feux

Mme Bell s'attend aussi à ce que les analystes relèvent leurs prévisions modestes pour les fabricants de puces. Après une performance fulgurante, les financiers appréhendent en effet un excédent de puces et une chute des prix dans cette industrie très cyclique.

La stratège est toutefois d'avis qu'une nouvelle vague de consolidation et la demande élargie pour les puces de la part de nouveaux clients devraient faire échec à la baisse de prix appréhendée.

Le consensus table sur une hausse de 5,9 % au deuxième semestre de 2018 et de 5,5 % en 2019, par rapport à l'explosion de 47 % des bénéfices en 2017.

Ces fabricants ont toutefois besoin d'un dollar américain faible pour bien performer.

CFRA accorde à la technologie le même poids que le secteur a dans l'indice, soit 25,5 %.

Ses titres préférés sont Broadcom (AVGO, 266,15 $ US), Integrated Device Technology (IDTI, 31,98 $ US) et First Solar (FSLR, 68,51 $ US) parmi les fabricants de puces, de même que la société mère de Google, Alphabet (GOOGL, 1146,18 $ US), parmi les sociétés Internet et de services.

Pour les investisseurs qui n'achètent pas de titres individuels, Lindsey Bell suggère le fonds négocié en Bourse Technology Select Sector SPDR (XLF, 28,91 $ US).

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