La Fed pourrait laisser la porte ouverte à un resserrement monétaire en juin

Publié le 25/04/2016 à 14:48

La Fed pourrait laisser la porte ouverte à un resserrement monétaire en juin

Publié le 25/04/2016 à 14:48

Par AFP

(Photo: Bloomberg)

La banque centrale américaine (Fed) ne devrait pas relever ses taux à l'issue d'une réunion monétaire mercredi, mais laisser la porte ouverte à un resserrement du crédit en juin, à moins que le spectre d'un «Brexit» repousse encore l'échéance.


Pour la troisième réunion de suite depuis qu'elle a relevé les taux directeurs d'un quart de point en décembre après presque 8 ans de politique à taux zéro, la Fed devrait les laisser inchangés dans la fourchette de 0,25% à 0,50% mercredi, estiment les analystes.


Le Comité monétaire (FOMC) publiera un communiqué mercredi à 14H00. Il n'y a pas de conférence de presse prévue de la présidente Janet Yellen.


En mars, la banque centrale avait mis en avant les risques pesant sur les perspectives économiques mondiales pour justifier le statu quo sur les taux, un argument qu'elle pourrait encore avancer le 27 avril d'autant plus que la croissance américaine a nettement marqué le pas au premier trimestre. 


L'expansion du produit intérieur brut (PIB) américain de janvier à mars, qui ne sera publiée qu'au lendemain du Comité monétaire, ne devrait pas dépasser 0,3% en rythme annualisé, selon la prévision de la Fed d'Atlanta. 


De nombreux indicateurs ont été décevants ces dernières semaines, des mises en chantier de logements à la production industrielle. Le marché de l'emploi en revanche est resté vaillant, les demandes hebdomadaires d'allocations chômage tombant à plusieurs reprises à leur plus bas niveau en plus de 40 ans.


Sur le plan international, le tableau morose n'a guère changé depuis mars, avec le ralentissement de la croissance chinoise, l'endettement des pays émergents et la faiblesse de la croissance et des prix en zone euro. 


«Il n'y aura pas de changement sur les taux, mais le communiqué va compter», promet Joel Naroff, économiste indépendant.


Pour Paul Ashworth, de Capital Economics, il était aussi «très improbable» que la Fed agisse dès mercredi mais l'économiste s'attend «à ce qu'elle laisse la porte ouverte à une hausse lors la réunion de mi-juin».


Rien n'est moins sûr, affirme pour sa part Stephen Oliner, de l'American Enterprise Institute (AEI), qui brandit le spectre d'un «Brexit» pour invoquer un nouveau statu quo en juin.


Crédibilité


«Je ne pense pas qu'ils seront suffisamment confiants pour signaler une hausse en juin étant donné que le résultat du vote sur le Brexit n'interviendra qu'une semaine après leur réunion», affirme cet ancien économiste de la Fed à l'AFP. Les Britanniques votent le 23 juin, alors que le Comité monétaire se réunit les 14 et 15.


Selon lui, un non à l'Union européenne pourrait déclencher des turbulences sur les marchés financiers et des changes que la Fed ne veut pas exacerber en agissant sur les taux quelques jours plus tôt.


«C'est aussi une question de crédibilité», ajoute cet expert. «S'ils resserrent les taux en juin, ils devront dire qu'ils ne pressentent pas de risque majeur et si une semaine plus tard, (le Royaume Uni) doit quitter l'UE, ils n'auront pas l'air malin, car il y avait un risque et ils le savaient», explique encore M. Oliner.


Il estime que la Fed pourrait choisir d'agir seulement en juillet, bien que ce soit une réunion ordinaire, sans conférence de presse.


Les membres du Comité ont indiqué en mars qu'ils prévoyaient deux modestes hausses des taux cette année, alors que les marchés financiers, à travers les données des instruments à terme, n'en envisagent qu'une seule.


Reste que mercredi, face à une nouvelle probable pause sur les taux, Janet Yellen devrait faire face à d'autres dissensions de la part de présidents des antennes régionales de la Fed, inquiets d'une remontée de l'inflation.


Les prix de l'essence ont gagné 40 cents le gallon (3,8 litres) depuis la mi-février.


«Il est concevable que dans six mois, l'inflation dépasse l'objectif de 2% de la Fed», souligne M. Oliner. Mais pour lui, cette cible n'est qu'«un point central, pas un plafond».

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