L'action de Tesla dévale la pente

Publié le 08/02/2016 à 16:57, mis à jour le 08/02/2016 à 17:26

L'action de Tesla dévale la pente

Publié le 08/02/2016 à 16:57, mis à jour le 08/02/2016 à 17:26

Par Julien Abadie

Tesla (Nasdaq, TSLA) a touché un creux de 2 ans. En un mois, l'action a perdu presque 30% de sa valeur. Les résultats que doit publier l'entreprise ce mercredi 10 février sont donc très attendus...

La chute du prix du pétrole n'est pas une bonne nouvelle pour tout le monde. La compétitivité retrouvée des combustibles fossiles rend la tâche beaucoup plus difficile pour l'industrie de l'automobile électrique. Et tout spécialement pour son fleuron: Tesla.

Aujourd'hui à 16h30, le titre de la société d'Elon Musk perdait ainsi près de 9% à 147,99$ après avoir touché un creux de 2 ans à 146$. Sur le mois écoulé, c'est près de 30% de la valeur du titre qui s'est envolé en fumée (voir graphique ci-dessus). Et même 32% depuis le début de l'année 2016.

Pas le seul problème

Mais la chute du pétrole n'est pas suffisante pour expliquer cette mauvaise passe de Tesla. Depuis la sortie du Model X, des doutes se sont également manifestés quant à la capacité réelle de l'entreprise de satisfaire la demande en produisant ses véhicules dans un délai et un volume suffisant.

L'an dernier Tesla a livré 50580 véhicules. Elle aspire à en livrer 500000 d'ici 2020. Une cible devenue beaucoup plus compliquée à atteindre depuis la chute des cours du pétrole sous les 2$US le gallon, si l'on en croit l'analyste de Bloomberg Intelligence Kevin Tynan.

L'entreprise doit dévoiler ses résultats du 4e trimestre mercredi prochain, le 10 février. Fébriles, les investisseurs s'attendent à ce qu'Elon Musk annonce une révision à la baisse des ventes prévues pour l'année 2016. Ce qui se traduirait mécaniquement par un nouveau coup dur porté à l'action.

Des avis divergents

Si certains analystes semblent anxieux face à la tendance du titre, d'autres refusent de paniquer. Cité par Bloomberg, Dan Dalves du Credit Suisse estime notamment qu'à cette heure les inquiétudes concernant les volumes de production du Model X sont compréhensibles mais un peu exagérées. La mise en service de l'usine de batteries de la marque et le dévoilement du déjà fameux Model 3 pourraient bien relancer la machine.

Et puis, il y a l'avis de la concurrence. Il y a quelques semaines, l'ancien pdg de GM, Bob Lutz, avait fait cette prophétie terrible:

«Tesla reste condamné parce qu'ils ne produisent que deux modèles à un coût élevé et perdent quasiment 35.000 dollars par voiture fabriquée. Ils ne font que brûler de l'argent.»
«Regardez les chiffres et dites-moi si au vu des pertes récurrentes vous achèteriez l'action ? (...) Tesla n'est plus unique: Chevrolet a introduit la Bolt à seulement 35.000 dollars, Volkswagen annonce des véhicules électriques pouvant parcourir 200 miles (plus de 320 km, NDLR) avec une seule recharge, Porsche débarque... Tesla doit apprendre à gagner de l'argent comme tous les autres groupes automobiles.»

On précisera quand même que Bob Lutz est président de Via Motors, spécialisé dans la conversion en hybrides des grosses voitures de GM, et qu'il fait partie de ceux qui estiment que l’électrique est essentiellement viable sur les camionnettes à plateau (pickups) et utilitaires. Son analyse objective de la situation est donc sujette à caution.

Quoi qu'il en soit, on saura d'ici quelques mois si la tourmente que traverse actuellement Tesla est structurelle ou conjoncturelle. Prochain épisode, mercredi prochain avec la publication des résultats du 4e trimestre.


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