Il faudra du temps à Bell pour redresser les finances des stations V

Publié le 19/05/2020 à 14:04

Il faudra du temps à Bell pour redresser les finances des stations V

Publié le 19/05/2020 à 14:04

Par La Presse Canadienne

L’entreprise ne prévoit pas non plus qu’elles «deviendront rentables à court terme», peut-on lire. (Photo: Ryan Remiroz/ La Presse canadienne)

L’achat de V permet peut-être à Bell d’ajouter une chaîne généraliste francophone à son portefeuille, mais il faudra vraisemblablement du temps au conglomérat avant de redresser les finances de sa plus récente prise.

En dévoilant mardi les motifs de son feu vert donné à la transaction le 3 avril dernier, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) souligne, dans un document d’une cinquantaine de pages, que Bell reconnaissait que la «stabilisation financière» des stations V constituait un «défi».

L’entreprise ne prévoit pas non plus qu’elles «deviendront rentables à court terme», peut-on lire.

Sans l’arrivée d’un acquéreur de «grande envergure» et «solide financièrement» comme Bell, l’organisme fédéral estimait que la pérennité des stations de V était «incertaine» dans certaines régions situées à l’extérieur de Montréal en raison de l’érosion des revenus publicitaires.

Dans son document, le CRTC note que les revenus de V avaient plongé de 41 % depuis 2016 pour s’établir à 37,7 millions $ l’an dernier. Les pertes cumulatives avant intérêts et impôts des trois dernières années ont totalisé 16,4 millions $, dont 9,9 millions $ uniquement pour l’exercice 2018-2019.

L’achat de V par Bell, dont la clôture a eu lieu vendredi dernier, vient ouvrir un autre front dans sa rivalité avec Québecor, qui s’était vivement opposé à la transaction.

Au petit écran, les deux conglomérats s’affrontaient déjà dans certains créneaux spécialisés, dont le sport, mais dans la langue de Molière, Bell ne possédait pas une chaîne généraliste, contrairement à son rival, propriétaire de TVA.

Parmi les conditions imposées par le CRTC, Bell Média devra notamment diffuser, sur une base hebdomadaire, cinq heures de programmation locale à Montréal et Québec — un seuil qui grimpera à 8h30 en 2021-2022 — ainsi qu’à Trois-Rivières, Saguenay et Sherbrooke.

 

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