Groupe Mach en appelle au devoir de fiduciaire du c.a. de Transat

Publié le 04/06/2019 à 17:39, mis à jour le 04/06/2019 à 18:38

Groupe Mach en appelle au devoir de fiduciaire du c.a. de Transat

Publié le 04/06/2019 à 17:39, mis à jour le 04/06/2019 à 18:38

Par Denis Lalonde

Le PDG de Groupe Mach, Vincent Chiara. (Photo: courtoisie)

Le président de Groupe Mach, Vincent Chiara, soutient que le conseil d’administration de Transat a le «devoir de fiduciaire» de considérer son offre à 14$ par action pour le voyagiste.

L’offre est supérieure à celle de 13$ par action faite par Air Canada à la mi-mai. Air Canada bénéficie depuis ce temps d’une période de négociations exclusives de 30 jours avec Transat pour finaliser l’acquisition.

Transat a réagi en début de soirée. Essentiellement, Transat a dit avoir «pris connaissance du communiqué de presse du Groupe Mach», mais que la période de vérification diligente allait se poursuivre avec Air Canada.

«Pendant cette période d'exclusivité, il est envisagé qu'Air Canada complètera sa revue diligente et que les parties finaliseront la négociation de l'entente définitive relative à l'acquisition de la totalité des actions de Transat. Cette période d'exclusivité se terminera vers la fin juin 2019», lit-on dans un communiqué.

Transat précise qu’il «n'y a aucune certitude qu'une entente définitive interviendra en lien avec toute transaction proposée».

De son côté, Air Canada a émis un communiqué similaire disant que les discussions se poursuivaient, ne précisant pas si elle allait égaler l'offre du Groupe Mach.

Assurer la pérennité de Transat A.T.

«Je vous dirais que même si Air Canada égale notre offre, notre proposition devrait prévaloir pour différentes raisons. On est une option québécoise. On a l’intention d’assurer la pérennité de la société et de mettre en oeuvre le plan d’affaires établi par Transat A.T. Je ne crois pas qu’Air Canada ait cette ambition», dit Vincent Chiara.

Selon lui, l’offre de Mach, qui ne prévoit aucune suppression d’emplois, va mieux servir les intérêts de la société. Il affirme également que le risque que le Bureau de la concurrence du Canada bloque la transaction serait éliminé avec sa proposition, puisque Mach n'est pas un transporteur aérien.

M. Chiara, 57 ans, dit vouloir acheter Transat entre autres pour effectuer une première percée dans l’hôtellerie du côté des destinations Soleil. «On a des propriétés en Floride, mais pas dans l’hôtellerie. Transat serait une acquisition complémentaire à ce que Mach possède comme actifs sous gestion», dit-il. 

Le dirigeant affirme que la présence du partenaire hôtelier TM Grupo Inmobiliario (TM), que l'on présente comme étant «le plus important développeur immobilier résidentiel et touristique en Espagne et le fournisseur hôtelier préféré de Transat au Mexique», permettra à Mach de réduire le risque dans le déploiement de sa stratégie hôtelière. 

«Déjà, Transat prend le risque hôtelier. Ils s’engagent à bloquer des chambres chez des hôteliers. TM possède 1000 chambres au Mexique et 500 d’entre elles sont sous contrat avec Transat. C’est un risque important si les chambres restent vides», explique M. Chiara.

Ce dernier soutient que la construction immobilière à l’étranger est complexe. Il faut apprivoiser les lois, de même que les conditions socio-économiques et politiques dans chaque pays où l’on souhaite s’implanter. «Je suis étonné que Transat ait décidé d’attaquer ces marchés seule. Si jamais la transaction ne se réalise pas, avec nous ou avec Air Canada, je leur conseillerais de se trouver un partenaire local pour éliminer le risque d’exécution», confie-t-il.

Groupe Mach possède un parc immobilier de 140 immeubles totalisant plus de 30 millions de pieds carrés comprenant des immeubles de bureaux, de commerce de détail, industriel, des complexes hôteliers, du terrain et du multirésidentiel, dans lequel on retrouve notamment l'Édifice Sun Life, la Tour CIBC, la Place Victoria et l'Hôtel St-James, à Montréal, ainsi que l'Édifice Le Soleil/CGI, l'Édifice Telus, l'édifice le Cartier et le nouvel immeuble de Fasken, à Québec. Il est également le promoteur en charge de développer l'ancien site de Radio-Canada, un vaste projet immobilier sur un terrain de 20 acres qui doit accueillir plus de 4,5 millions de pieds carrés d'immeubles à usage mixte.

Le titre de Transat (Tor, TRZ) est resté inactif toute la journée aujourd'hui à la Bourse de Toronto. Les transactions sur le titre ont été suspendues peu avant l'ouverture en attente d'une réaction de l'entreprise à l'offre du Groupe Mach, qui est finalement tombée après la fermeture des marchés boursiers.

Avec La Presse Canadienne


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