Fed : statu quo, malgré la morosité

Publié le 09/08/2011 à 14:26, mis à jour le 09/08/2011 à 16:40

Fed : statu quo, malgré la morosité

Publié le 09/08/2011 à 14:26, mis à jour le 09/08/2011 à 16:40

Par Stéphane Rolland

Photo : Bloomberg

La Réserve fédérale (Fed) reste sur ses positions, à la sortie de la rencontre de son comité de politique monétaire de la banque centrale (FOMC), malgré une croissance économique moins forte qu’elle l’avait anticipée. Le flou demeure sur une nouvelle intervention de la banque centrale pour soutenir l’économie.

Sans surprise, la Fed maintient son taux directeur entre 0% et 0,25%. Nouvel élément, la banque centrale annonce qu’il en sera ainsi jusqu’à la mi-année 2013.C’est la première fois qu’elle se donne une telle échéance.

Dans son communiqué, elle mentionne aussi que les indicateurs économiques croissent «considérablement» plus lentement que ce qui était prévu lors de sa dernière réunion en juin. La banque centrale mentionne la détérioration du marché du travail, les dépenses des consommateurs qui déçoivent et le secteur immobilier qui demeure «morose».

Rappelons que la Fed avait déjà abaissé ses prévisions de croissance en juillet. En conséquence, elle anticipe une croissance de l’économie et du marché de l’emploi plus lente que prévu à court terme.

Intervention

La Fed a conservé le flou sur une éventuelle intervention, source d’intenses spéculations ce matin.

La banque centrale s’engage à réinvestir les intérêts des obligations qu’elle détient, comme elle l’a annoncé précédemment. Elle n’a pas donné de signes en faveur d’un troisième programme d’assouplissement quantitatif (QE3), ni d’un autre outil de détente monétaire.

Comme elle l’a déjà mentionné, la Fed continue de «surveiller» l’état de l’économie, et n’exclut pas d’autres interventions.

Notons que trois des dix membres du FOMC ont exprimé leur dissidence sur le contenu du communiqué publié aujourd’hui.

Plus tôt ce matin, les investisseurs ont espéré que la Fed intervienne en sauveur, au lendemain de la pire séance enregistrée sur le parquet new-yorkais depuis la fin de l’année 2008. Avant la publication du communiqué de la Fed, les marchés nord-américains ont progressé de 2% et 3,5%. La Bourse de New York se dirigeait ainsi vers son plus fort rattrapage de l’année 2011.

Une faible majorité des investisseurs anticiperaient une intervention de la banque centrale américaine d’ici la fin de l’année, selon un sondage de Bloomberg, une agence de presse spécialisée en économie. Ils sont 52% à prévoir une détente de la politique monétaire d’ici la fin de l’année, contre 48% qui pensent le contraire.

La boîte à outils

Même si la Fed reste sur ses positions, la spéculation sur une éventuelle intervention ne risque pas de mourir avec le communiqué d’aujourd’hui.

Dans le cas d’une intervention, quels outils s’offrent à la Fed? Elle n’a aucune marge de manœuvre pour intervenir sur les taux d’intérêt, avec son taux directeur qui frôle le zéro.

Il reste l’achat d’obligations. Au total, la Fed a déjà procédé à l’acquisition de près de 2 300 milliards de dollars américains en obligations dans le cadre de deux programmes d’assouplissement quantitatif.

Le second s’est terminé au deuxième trimestre, soit le 30 juin dernier. Malgré la spéculation sur un prolongement du deuxième programme (QE2), la Fed a mis fin à celui-ci le 30 juin, comme prévu.

Si elle n’adopte par un troisième programme d’assouplissement quantitatif (QE3), la Fed pourrait remplacer les obligations à court terme qu’elle détient pour en acheter à long terme.

 

 

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